Glossaire du papetier

 

les

entrées

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Table de marge. Première partie d’une presse* où les feuilles sont taquées et mises en pile avant de rouler*. Voir taquer*.

 

Table plate. Deuxième partie de la machine à papier* dont la technique est issue de l’invention de Louis-Nicolas Robert*. Elle est formée d’une toile sans fin, métallique ou synthétique, sur laquelle est versée la pâte provenant de la caisse de tête*. Les fibres de cellulose sont diluées à raison de 0,5 % à 1 % dans de l’eau qui, très rapidement, s’échappe par gravité au travers des mailles de la toile. C'est à ce niveau que l'épair* du papier se détermine selon le type de pâte à papier.

Ce principe a remplacé le travail de l’ouvreur*, du coucheur* et du leveur* et leurs gestes ancestraux. Voir machine à table plate*.

 

Tack (d’une encre). Carac­té­ris­tiques d’une encre* qualifiant le degré de cohésion interne des pigments et des liants. Lorsque le tack d’une encre est trop élevé, il peut y avoir arrachage* du support à l’impression.

 

Taille d’épargne. La gravure sur bois en taille d’épargne consiste à graver les parties qui doivent rester blanches à l’impression à l’aide de gouges, ce qui se dit “champlever”, et par opposition, laisser en relief les parties destinées à recevoir l’encre*. Voir xylographie*.

 

Taille-douce. Gravure sur cuivre, au burin ou à la pointe sèche. Actuellement, désigne la gravure sur  métal en général. Voir chalcographie*.

 

Talc. Minéral utilisé dans la fabrication de papier. Il peut être intégré dans la masse du papier comme une charge* ou déposé en surface à l’aide d’une size-press*. Il améliore la cohésion des fibres* et l’état de surface du support.

 

Taquer. Opération maintes fois répétée, à la sortie des coupeuses* en papeterie, sur la table de marge* de la presse chez l'imprimeur ou au façonnage*.

Il s’agit de mettre toutes les feuilles d’une pile l’une sur l’autre, chacune recouvrant la précédente de manière parfaite. Toutes ces opérations sont maintenant mécanisées.

 

Taquet (côté). Côté de la feuille imprimée perpendiculaire au côté pince*. Le taquet de côté, sur lequel la feuille vient s’appuyer, fait partie des éléments d’une presse assurant une bonne prise en pinces et donc un bon repérage*.

 

Tau. Petit instrument de bois en forme de T utilisé par l’ouvrière chargée de suspendre les feuilles sur les cordes du séchoir. On dit aussi ferlet*.

 

TCF. Total chlorine free. Papier ne contenant pas de chlore élémentaire. Le blanchiment* des pâtes TCF est effectué en présence de peroxyde d’hydrogène, d’oxygène et d’ozone. Développée dans les années 1990, cette méthode de blanchiment a permis de lutter contre la pollution dégagée par le blanchiment au chlore. Voir également ECF*.

 

Technico-commercial (en papier). Être itinérant, cherchant désespérément un client à aider dans ses choix de papier ou à solutionner un problème machine... le Saint-Bernard de notre profession ! On a affaire à ce niveau de perfection à un religieux veillant sur sa chère clientèle !

Tout cela pendant que sa hiérarchie calcule le ratio de rentabilité du secteur tenant compte de la rotation de la clé 457 689 et suivantes, de sa note de frais du mois passé (et salée !), du dépassement de son forfait téléphonique !

Il ne faut pas confondre le technico-commercial et le responsable du service après-vente, qu’il soit à la solde des usines ou des distributeurs.

Le premier fait tout pour son client (et ses commissions !), le deuxième est un véritable technicien qui connaît suffisamment la fabrication du papier et les métiers de l’impression pour prouver par

Aᅠ+ᅠB à ce cher client, que si toutes les dispositions avaient été prises, il n’aurait pas eu à se déplacer !

 

Teneur en eau (du papier). Il faut préférer à cette expression le terme d’humidité*.

 

Tête de machine. Première partie d’une machine à papier en continu où la pâte à papier est déposée en flots continus. Voir caisse de tête*.

 

Tirage. Nombre de feuilles imprimées ou d’exemplaires requis pour réaliser la commande. Dans le cas d’ouvrages d’art ou d’estampes* le tirage peut être volontairement limité. L’auteur ou l’artiste numérote de sa main chaque exemplaire. Il est admis qu’en plus de ce tirage quelques exemplaires comportent la mention E.A. (épreuve d’artiste), ou H.C. (hors commerce).

 

Tirant (d’une encre). Voir tack*.

 

Toilette. Nom donné à l’ensemble forme* à papier et couverte*.

 

Tolérances (papier). Il existe un code des usages* de la profession papetière précisant les écarts maxima en plus ou en moins que l’utilisateur est tenu d’accepter. Ces écarts portent sur l’ensemble des caractéristiques de la commande, (quantité, grammage*, dimensions, composition fibreuse, humidité*, etc.). Voir quantité à commander*.

En dehors de cette normalisation, pour chaque papier proposé à la vente et disponible auprès du fournisseur, il existe aujourd’hui, plus particulièrement depuis l’établissement des normes ISO, des fiches techniques précisant de manière exhaustive les caractéristiques du papier auquel le fabricant doit se référer. Par principe, ce n’est plus à l’utilisateur de vérifier si le papier livré est conforme à la commande mais au fabricant.

 

Traces de bois (pâte à papier). Définition d’un papier composé pour partie de pâte mécanique* et de pâte chimique*. Ce terme assez vague ne recouvre pas une catégorie de papiers précise. Il est préférable de connaître le pourcentage de traces ! Voir papier sans bois*.

 

Trailing-blade. Dispositif de couchage sur machine à papier* ou hors machine, comparable au système flexi-blade* composé d’une lame qui contient la couche* et la dépose sur le papier. Ce système permet de déposer jusqu’à 25 g par face et par m2.

 

Trait de coupe. Le trait de coupe précise la dimension du document fini après reprise au massicot*. Ils sont placés sur la forme imprimante* en même temps que les repères d’impression*.

 

Trame. Les procédés de reproduction comme la typographie, l’offset, l’héliogravure, nécessitent l’emploi de trames pour l’impression en demi-teinte d’image, de photographie. En effet, il n’est pas possible de modifier la charge d’encre* localement et l’on a recours à un subterfuge qui consiste à modifier optiquement les dégradés de l’image à reproduire par une multitude de petits points dont le diamètre varie en fonction de la densité de l’original.

Différentes qualités de trame existent selon la qualité du rendu souhaité à l’impression. Plus la finesse de celles-ci augmente, plus il est nécessaire de veiller à la qualité du papier utilisé. La finesse d’une trame se définit par sa linéature* ou nombre de lignes par pouce (2,54 cm). Il existe des trames de 130 et 150, les plus courantes, 200 ou 300 pour des travaux de haut de gamme, mais rarement utilisées. Au-delà d’une linéature de 130, il est impératif d’utiliser un papier couché* ou lissé. Les linéatures inférieures à 130 sont utilisées sur des papiers à surface grenue comme le papier bouffant*, le papier journal*. Le choix du support conditionne la qualité de l’impression. Voir également simili*.

 

Tranche. D’une pile de papiers, soit les quatre faces de cette pile. D’une bobine, soit les deux faces planes de cette bobine. L’état de ces tranches permet de distinguer un éventuel défaut :

 - de dimensions pour le format si elles ne sont pas lisses et régulières,

 - de variations d’épaisseur pour la bobine* dans le cas de bord mou,

 - de tranche convexe ou concave dû à un mauvais bobinage,

 - de mauvaise coupe si le bord de feuille est irrégulier ou simplement, par suite d’avaries de transport.

On parle également des tranches pour un livre.

 

Tranche-miroir. Définition précisant l’état de la tranche d’une pile de papiers après une coupe massicot*. Des faces nettes, planes et brillantes garantissent l’absence de flammèches* qui pourraient provoquer un incident en presse* comme le pétouillage*.

 

Transparence (d’un papier). Défaut ou qualité selon l’aspect ou l’usage souhaité. Cette expression est à rapprocher de celle d’opacité*.

 

Transvision. Nom donné au phénomène qui se produit lorsqu’une impression sur le recto d’une feuille est visible au verso. Voir aussi opacité*.

 

Travailler. Variations des dimensions d’un papier en fonction du degré hygrométrique*. On dit aussi jouer*… travailler et jouer, où est la différence !.

 

Travers machine. Par opposition au sens machine* dans les papiers fabriqués sur une machine à papier. La majorité des fibres* qui constituent la feuille de papier sont perpendiculaires au sens travers*. Il y aura lieu d’en tenir compte lors de la commande de papier, en fonction de l’utilisation prévue à l’impression, au pliage*, au façonnage*, voire au pelliculage*.

 

Tri. Dernière opération à effectuer dans le cas de problèmes graves à la fabrication du papier comme à l’impression. Il n’est pas si loin le temps où les ateliers des trieuses étaient constitués d’un personnel, nombreux et féminin, qui avait pour tâche de vérifier chaque feuille avec acuité et rapidité avant d’être emballée.

 

Triage. Le papier fabriqué à la main dans les moulins était trié par les délisseuses* en cinq sortes avant d’être commercialiséᅠ:

Le bon, le retrié (taché d’eau), le chantonné* (papier ridé), le court (feuilles plus courtes que les au­tres), le cassé* (papier percé).

Si les fabricants de “papier à la mécanique” surent améliorer considérablement leur production par une mécanisation poussée du traitement de la matière première à la fabrication du produit fini, ils devaient néanmoins, procéder à un triage manuel de toutes les feuilles produites.

D’immenses salles de triage faisaient suite aux ateliers de fabrication, employant une main-d’œuvre féminine importante.

Ce n’est qu’au milieu du xxe siècle, que l’on sut mettre au point des machines dédiées à cette fonction.

 

Trichromie. Procédé d’impression en trois couleurs destinée à rendre le plus fidèlement possible à l’impression une reproduction de l’image ou de la photographie originale.

Il est nécessaire de procéder par des moyens photographiques à une sélection des trois couleurs fondamentales ou primaires, selon le procédé de la synthèse soustractive, (à savoir, cyan, magenta, jaune), afin d’obtenir trois films qui permettront la réalisation de trois formes imprimantes.

La superposition en presse* offset ou héliographique des trois couleurs donneront une image proche de l’original. On ajoute toutefois une couleur supplémentaire, le noir, afin de renforcer les gris et le contraste. On parlera alors de quadrichromie*.

 

Trieuse-coupeuse électronique. Machine perfectionnée assurant le travail de plusieurs coupeuses*. Elle permet de façonner différents formats de papiers en même temps à partir de plusieurs bobines-filles*.

 

Trituration. À différents stades de la fabrication de la pâte à papier, il est nécessaire de procéder à une trituration par désintégration et brassage, sous forte dilution, des différents éléments fibreux, des charges ou d’autres adjuvants, afin d’assurer une homogénéité de l’ensemble. Voir pulper*.

 

Trou. Défaut dans le papier dû, soit à des gouttes d’eau tombant accidentellement sur la bande de papier en partie humide de la machine à papier, soit à une mauvaise constitution de la feuille sur la table plate*.

 

T’sai-leu ou t’saï-loun ou caï-lun. 105 ans après Jésus-Christ, (à quelques années près car les historiens ne sont pas tous d’accord), sous le règne de l’empereur Ho-Ti, ce ministre chinois surnommé King-Tchong, eut l’idée d’utiliser de vieux chiffons mélangés à de l’écorce de mûrier* et de ramie* pour en faire du papier.

Après avoir réduit ces fi­bres à l’état de pâte grâce à un pilon, il forma les premières feuilles de papier en déversant cette pâte sur un tamis fait de tissu ou de rotin. Tamis et feuille séchaient ensemble et il fallait ensuite les séparer. Un très grand nombre de moules était nécessaire pour produire un grand nombre de feuilles (technique encore pratiquée au Népal).

Cette invention put remplacer les supports d’écriture de l’époque appelés tche (papier), le bambou et la soie. Le premier était lourd, le second coûteux. Il fit un rapport à l’empereur Yuan-Hing lors de la première année de son règne et en reçut de grands compliments. On appelait ce papier du nom de “tsaï-ho-tche” c’est-à-dire le papier du marquis Tsaï.

Sans remettre en cause le perfectionnement technique apporté par T’sai-Leu ou T’saï-loun à la fabrication du papier qui a fait sa renommée et l’a consacré comme son inventeur, on sait aujourd’hui que d’autres l’ont précédé.

De récentes recherches archéologiques le prouvent. Dès 1933 un archéologue avait exhumé d’une tour de guet de la muraille de Chine un échantillon de papier de chanvre* datant de 49 av. J.-C.

En 1957, dans la région de Xi’an (Shexi), la découverte d’un papier de chanvre jaune de l’époque de Wudi des Han (140-87 av. J.-C.) oblige à repousser la date présumée des premiers papiers chinois d’un siècle.

En 1978, dans la même région, au village de Zhongyancun près de Fufeng, a été trouvée une jarre contenant plusieurs feuilles de papier de chanvre de la même époque. En 1986, il a été mis à jour dans une tombe près de Tianshui une carte géographique datant du règne de Wendi ou Jingdi des Han de l’ouest (176-141 av. J.-­C.)

Ces découvertes prouvent que T’sai-leu ou T’saï-Loun n’a pas inventé le papier. Il a amélioré le procédé de fabrication par l’utilisation de fibres tissées et macérées dans l’eau et il a su promouvoir son usage. Le Japon, par l’intermédiaire de la Corée, fut le premier pays à intégrer cette technologie au début du viie siècle.

On peut être surpris tout de même que cette invention ait mis plus de mille ans pour aborder l’Occident en suivant péniblement la route de la soie par Samarkand, puis l’Égypte, l’Espagne, l’Italie et enfin la France.

Les plus anciens documents sur papier connus en France datent de 1243. Ils retracent les comptes d’Alphonse de Poitiers de 1243 à 1248. À cette époque on importait le papier notamment d’Italie ou peut-être d’Espagne.

Le premier moulin attesté en France date de 1348, près de Troyes.

 

Tuilage. Incurvation d’une feuille de papier dans le sens travers*. L’enroulement du papier se faisant autour du sens de fabrication*. Contraire voir curl*.

 

Typographie. Procédé de reproduction à l’origine de l’imprimerie, dérivé de la xylographie*. Inventée en Chine à la fin du viie siècle, cette technique fait son apparition en Europe vers 1420 sans que l’on sache si elle fut une invention pure ou une évolution.

Quoi qu’il en soit, on attribue généralement à Gutenberg* vers 1450 la mise au point définitive de la typographie telle qu’elle se pratique encore.

Des poinçons gravés selon les dessins des lettres et des signes servent ensuite à créer, par moulage, des caractères en plomb que l’on pourra assembler pour constituer la forme imprimante* ou composition*. La feuille de papier posée sur la forme encrée retient l’encre par pression. Il  existe différents types de presses* ou machines pour imprimer en typographie issues de la presse de Gutenberg. Aujourd’hui cette tech­nique est peu utilisée et cède la place à l’offset*, la reprographie* électronique ou même l’imprimante de bureau !

 

Usages (code des). Code défini par la profession papetière dont le dernier en date vaut valeur au niveau européen. Il codifie les obligations de l’industrie et du commerce des papiers et cartons. Il y a lieu de s’y référer en cas de litige*. Voir quantité de papier à commander*.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

machine à papier d'après Figuier 1850

gravure sur bois imprimé de Dürer - l'Apocalypse

la toilette: forme à papier et couverte

triage et compactage vers 1930

 

accueil

 

jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord