Glossaire du papetier

 

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Page. Recto ou verso d’un feuillet*. Dans le langage courant, le mot page remplace le mot feuillet ou feuille d’un livre. La pagination consiste à numéroter les pages.

La page blanche comme l’innocence ou la difficulté pour l’écrivain ou le journaliste. Mettre en page ou composer pour le metteur en page, la page de garde ou la première page blanche d’un livre, la bonne page* ou la page de droite, celle de gauche, la fausse page* et savoir la tourner et y rester!

 

Palette cube ou Palette bloc. Quantité de papier en pile sur palette pour de moyens ou gros tirages* correspondant à plusieurs milliers de feuilles. Voir rame*.

 

Palimpseste. Parchemin* dont on a effacé ce qui était écrit pour son réemploi.

 

Pantone®. Marque déposée d’un échantillonneur de couleurs imprimées reconnu par les professionnels des arts graphiques. C’est ainsi que l’imprimeur peut commander à son fournisseur d’encre* une teinte Pantone® précise désignée par une référence spécifique, pour éviter toute erreur de mélange.

 

Pao. Publication Assistée par Ordinateur. Le développement de l’informatique a profondément changé les méthodes de travail en imprimerie depuis une vingtaine d’années. Le film sensible a disparu, les tables de montage sont parties à la casse comme les bancs de reproduction ou les agrandisseurs. Tout le pré-presse a été dématérialisé par un clic de souris, transformé en pixels et en données virtuelles. Des logiciels spécifiques et des stations de travail dédiées aident le créatif comme l’infographiste et l’imprimeur, à la réalisation du document imprimé.

 

Papelleur ou Paupeleur. Nom donné aux ouvriers papetiers de la région de Troyes.

 

Papellier. Nom donné autrefois aux artisans papetiers des Vosges.

 

Paperolle. Bande étroite de papier enroulée, puis plissée et ensuite assemblée pour former des motifs en arabesque, en rinceaux, en volutes. Cette technique ancienne remonte à l’invention du papier, mais s’est développée au XVIIIe siècle pour la réalisation d’ornements religieux. La paperolle à tranche dorée imite le fil d’or.

 

Papetier. Une profession en voie de disparition remplacée par des financiers ! Ceux qui restent se plaignent de ne pas en être !

Rappelons tout de même les mots bien chaleureux de Subito qui eut pour le compte de Caron de Beaumarchais en 1779 la mission de visiter les moulins à papier de Lorraine et de la Meuse dans le but d’acheter les meilleurs :

Ce sont des gens simples, mais aisés sans fierté, concurrents sans jalousie, ardents à s’initier par l’envie de bien faire plutôt que par vanité, tous absolument concentrés dans leur art, aimant à s’instruire et s’extasiant, pour ainsi dire, quand ils entendent parler avec connaissance en papeterie, goûtant les bons principes, sentant au premier tact les bons procédés, gémissant d’avoir l’usage contraire à ceux qu’ils voyant indispensable d’introduire, poussant l’humanité et la bonté jusqu’à craindre de semer le trouble dans leurs ateliers en exigeant des peines nouvelles”. J.-M. Janot, Les moulins à papier de la région vosgienne, Berger Levrault, 1952. Voir Arches*.

 

Papeterie d’Essonnes. Une des plus anciennes papeteries de France située à Corbeil-Essonnes. Aujourd’hui disparue, elle a vu le jour dans les années 1354. D’abord, moulin à papier*, elle s’industrialise en 1775 sous l’impulsion des frères Sauvade qui installent l’un des premiers cylindres*. Elle subit un premier échec. Les investissements sont trop ambitieux pour l’époque.

Reprise en 1779 par quelques nobles et officiers royaux. On y installe six cylindres avec l’aide de Jean-Guillaume Écrevisse*.

Elle devient alors une entreprise modèle par ses capacités de production.

Rachetée en 1789 par Pierre-François Didot*, puis cédée à son fils Léger qui embauche Louis-Nicolas Robert* comme responsable de la fabrication. C’est à ce dernier qu’on doit l’invention de la machine à papier en 1799. Peu de temps après, la production est arrêtée, faute de capitaux suffisants. Reprise par de nouveaux actionnaires, on y installe une, deux, puis trois et enfin quatre machines à papier.

En 1866, la société dépose le bilan pour la troisième fois. Elle passe sous le contrôle de la famille Darblay qui produit à la fin du XIXe siècle plus de 60 000 t de papier.

Le dernier dépôt de bilan sera fatal. En 1998 l’usine fermera définitivement ses portes.

 

Papier. Matière de tous les jours, de toutes les occasions. Le support de nos pensées, de notre mémoire, et papier que l'on jette...

Le papier tellement décrié  par ceux qui veulent protéger la forêt, l'environnement et plus encore.

Le papier est sûrement plus que cela, patrimoine culturel sans aucun doute, il reste indispensable dans notre quotidien pour de multiples usages.

Vous trouverez dans ce glossaire plus de 100 sortes de papier, voir index des entrées. Quand à son côté environnemental, allez au travers de ce glossaire pour y découvrir ce que peut faire l'industrie aujourd'hui pour produire au mieux le papier labellisé*, permanent*, recyclé* et plus encore!

 

Papier à bras. Cette terminologie peu courante, apparaît dans quel­ques justifications* de tirage, en particulier sur des livres de la fin du xixe siècle et du début du xxe. Les éditeurs de ces ouvrages ont sans doute voulu signifier par là que le papier utilisé avait été fabriqué “à la main*”.

 

Papier à la main ou à la forme. Appellation donnée à du papier fabriqué feuille à feuille*, à la cuve, de manière artisanale, à l'aide d'une forme à papier, séchée à l'air. On doit réserver cette dénomination à de beaux papiers fabriqués avec amour par des artisans fiers de poursuivre la tradition. Méfiez vous des contrefaçons!

 

Papier à cigarettes. Papier mince de 12 à 25 g/m2, non collé, combustible, à base de fibres de lin* et de chanvre. Vers 1825 apparaît cette mode de fumer du tabac roulé dans une feuille de papier.

Les premiers cahiers ou li­vrets de papier à cigarettes connus en France sont dus à Jean et Joseph Bardou. Tous deux créent un atelier de façonnage à Perpignan en 1849. Jean Bardou dépose un brevet pour son cahier qui porte ses initiales séparées par un petit losange, que l’utilisateur traduit par “JOB*”. À partir des années 1855, le processus de fabrication est industrialisé.

Quelques fabricants de papier à la mécanique réussissent à produire cette qualité, comme Léonide Lacroix à Angoulême (Le Riz La+) ou Bolloré dans le Finistère. L’invention du massicot* en 1848, permet un découpage plus rapide des rames de papier.

Pendant près d’un siècle, les producteurs français s’imposeront comme les spécialistes de ce type de papier en produisant 80 % de la demande mondiale.

 

Papier affiche. Papier frictionné* au recto et rugueux au verso. Le papier affiche doit être résistant à l’eau pour résister à l’encollage et aux manipulations lors de la pose. Le recto lisse permet un bon rendu d’impression notamment en sérigraphie. La rugosité du verso permet de bien retenir la colle.

 

Papier à la chandelle. Nom donné à une sorte de papier gris servant au départ à emballer les chandelles et qui aurait également servi à emballer les livres vendus par les colporteurs.

 

Papier à la demoiselle. Sorte de papier mince et fort, de couleur fauve, que les coiffeurs utilisaient pour friser. La fabrication de la pâte propre à cet usage nécessitait l’emploi de filets de pêche usagés.

 

Papier à lettres. Pour les lettres d’amour comme pour les lettres d’affaires, on n’écrit pas sur n’importe quel papier ! Jusqu’à la fin du xviiie siècle on utilise de simples feuilles pliées sur elles-mêmes en y indiquant l’adresse au dos parfois fermées par un sceau.

Les enveloppes apparaissent à la fin du xviiie siècle en Allemagne. L’invention de la lithographie* permet l’impression de papiers destinés à l’écriture ornés de décors de toutes sortes ou d’emblème comme le papier des armées de la République portant en tête “Liberté Egalité Fraternité” et les indications du bataillon, de la compagnie dont faisait partie le soldat. Il existe aussi des papiers parfumés, décorés de fleurs pour la correspondance amoureuse.

Les papiers d’affaires n’échappent pas à la mode et s’ornent de dessins de vues d’usines, de bandeaux publicitaires, de marchandises vantant l’importance de l’expéditeur.

En 1874, la loi pérennise ces décors en obligeant l’entrepreneur à fournir des renseignements officiels en tête de leur courrier. Les hôtels et les cafés peuvent fournir à leurs clients “une plume et du papier” portant l’enseigne de l’établissement.

Aussi, le papier à lettres reste encore aujourd’hui un signe de distinction même si son usage se restreint aux dépens du courriel ou email. Le choix que proposent les fabricants permet de trouver l’inspiration à la réalisation de documents originaux comme plus traditionnels.

 

Papier à musique. Papier fabriqué traditionnellement à partir de chiffon* ou de coton*, satiné et imprimé de réglures correspondantes à la portée. Cette sorte de papier n’est plus fabriquée, remplacée par des qualités ordinaires.

 

Papier autocollant. Complexe constitué d’un papier frontal adhésivé et d’un papier protecteur siliconé. À l’usage, il suffit de séparer les deux éléments pour coller le frontal. Cette qualité a remplacé le papier gommé*. Il existe différentes qualités de papier en frontal, comme il existe différentes qualités de colle selon l’usage final.

 

Papier autocopiant. Papier utilisé pour la fabrication des carnets ou liasses qui a remplacé le papier carbone* dont il assure le même usage. La transcription d’une feuille sur la suivante se réalise par simple pression du stylo ou de l’imprimante à impact.

Les microcapsules chargées d’encre, couchées sur le verso du papier, sont ainsi libérées de leur contenu qui vient se déposer sur la feuille du dessous. Selon la qualité du support on peut envisager de fabriquer des liasses de 6 à 12 feuillets, mais la moyenne actuelle se situe plus autour de 3 feuillets.

 

Papier azuré. Papier dans lequel a été introduite à la fabrication une substance qui va modifier la perception visuelle de l’utilisateur. Si on ajoutait auparavant un colorant bleu dans la pâte pour éliminer son aspect jaunâtre, ou grisâtre, on emploie aujourd’hui des azurants optiques*.

 

Papier bible. Papier très mince, environ 32 g/m2, opaque et résistant utilisé pour les ouvrages à très forte pagination de type “bible”. Pour la fabrication de ce support il est nécessaire d’utiliser des fibres longues comme celles des bois résineux ou des linters* de chanvre* et lin*.

 

Papier bitumé. Papier kraft* sur lequel on a déposé une couche de goudron. Voir papier goudronné*. Les Hollandais l’utilisaient en doublage dans la fabrication de leurs bateaux. Placé entre les deux épaisseurs de bois qui constituaient la coque du navire, le papier bitumé assurait une étanchéité supplémentaire et avait aussi le pouvoir d’empêcher que les vers viennent ronger le corps du vaisseau entier. (cf p 29, Une Histoire du papier, Marie-Hélène Reynaud, Canson, juin 1989).

 

Papier bouffant. Papier dont l’avantage premier est son épaisseur au détriment de son état de surface. Utilisé notamment dans l’édition courante où l’épaisseur de l’ouvrage est un avantage marketing.

La main* d’un papier bouffant varie de 1,3 à 2,2, soit deux fois la main d’un papier couché* ou d’un papier offset*. Pour un même nombre de pages, un livre édité sur papier bouffant sera deux fois plus épais et donnera au lecteur le sentiment d’en avoir pour son argent ! L'épair* est nuageux, son état de surface est rugueux, poreux, c'est le papier des grandes maison d'éditions.

 

Papier (ou Carte) bristol. Papier non couché très blanc et fortement calandré, utilisé pour les cartes de visite. Voir bristol*.

 

Papier brouillard. Autre appellation du papier buvard*. L’encre s’étalant dans le papier comme le brouillard au-dessus de la rivière !

 

Papier bulle. Sorte de papier fabriquée à partir de pâte mécanique* non blanchie et teintée jaune clair. Dans le passé, on fabriquait un papier de moindre qualité à partir de chiffons appelés bulle,  d’aspect grisâtre, jaunâtre, destiné à l’écriture, aux documents administratifs.

 

Papier buvard. Sorte de papier non collé et destiné à absorber l’encre en excédent sur la page d’écriture, appelé dans le passé papier fluant ou brouillard.

Qui se rappelle de ce papier, se souvient encore du buvard publicitaire de couleur rose ou bleu pastel  protégeant notre cahier d’écolier des pâtés éventuels !

 

Papier calque. Papier translucide obtenu à partir d’une pâte à papier fortement raffinée. Voir raffinage*. C’est Barthélémy de Canson* qui invente dans sa papeterie de Vidalon en 1807 un papier à calquer fabriqué à partir de filasse de chanvre ou de lin.

 

Papier carbone. Papier pelure* sur lequel est déposée une couche de carbone noir ou de couleur. Il servait à la transcription des doubles de courriers ou de factures. Sa fabrication n’est plus assurée aujourd’hui sur le plan industriel, remplacée par le papier autocopiant*.

 

Papier cellophane®. Marque déposée par la société La Cellophane. Ce matériau a été découvert par le chimiste suisse Jacques Brandenberger en 1911. Il débuta la production industrielle de la pellicule cellulosique en 1913 à Paris.

Ce film souple et transparent est le produit de la dissolution de la pâte de bois dans un milieu alcalin en présence de sulfure de carbone.

 

Papier chiffon. Expression désignant un papier fabriqué partiellement ou en totalité à partir de chiffons, mais plus généralement à partir de fibres végétales comme le coton*, le chanvre*, le lin* ou des linters*. De chiffons sales, usagés sont nés nos plus beaux livres !

Les textiles modernes et usagés constitués à 100 % de fibres végétales sont très rares. Il est donc difficile à un fabricant actuel de ce type de papiers de s’approvisionner de manière régulière et sûre. Le qualificatif de papier chiffon est à prendre, dans le sens vrai du terme, avec beaucoup de précaution sauf à connaître le papetier.

 

papier chirimengami. Papier fait à partir de közo*, crêpé dans les deux sens qui a été longtemps à la mode au milieu du XIXe siècle au Japon. Son aspect fait penser à un tissu, appelé à tort en Occident papier crépon. Le support de base une fois imprimé de gravures et coloriés au pochoir était crêpés artisanalement. Il fallait pour un bon rendu d'impression, tenir compte du fait que le papier une fois crêpé allait réduire de moitié.

Le papier dit crépon* que l'on trouve dans le commerce n'est crêpé que dans le sens machine.

 

Papier chiné. Papier fantaisie dont l’aspect présente plusieurs teintes de fibres.

 

Papier confetti. Petits ronds de papier de différentes couleurs que l’on lance pendant le carnaval ou les fêtes. A remplacé les boulettes de plâtre… !

 

Papier contrecollé. Papier constitué de plusieurs feuilles collées entre elles pour obtenir un support de grammage plus élevé, ou ayant des caractéristiques particulières, notamment de rigidité*. Les cartons de grammage supérieur à 600 g/m2 sont obtenus par contrecollage*.

 

Papier couché. Ce type de papier a été inventé au début du xixe siècle mais sans connaître un développement important.

C’est seulement après 1890 que le papier dit “couché” fut employé en France pour l’impression de similigravures. La  grande majorité des papiers servant à la communication aujour­d’hui sont couchés.

Le papetier dépose, soit en ma­chine, soit hors machine, une ou plusieurs couches*, en une, deux ou trois fois.

La qualité de la sauce, du support et des techniques utilisées permettront de donner un papier dont l’état de surface sera le plus lissé et le plus homogène possible. L’aspect final pourra être brillant après être passé dans la calandre* ou demi-mat ou mat. On distingue trois grandes familles de papiers couchés :

HWC* : hight weight coated (couché lourd) dont la couche déposée sur le support est supérieure à 20g/m2 par face.

MWC* : middle weight coated (couché médium) pour un poids de couche de 12 à 20 g/m2 par face.

LWC* : light weight coated, (couché léger) soit moins de 10 à 12ᅠg/m2 et plus couramment de 7 à 10 g. Ce type de support est essentiellement utilisé dans la fabrication de catalogues ou de documents publicitaires pour la grande distribution.

On fabrique également des papiers couchés une face réservés à la fabrication de papiers pour étiquettes de bouteilles d’eaux minérales, de bières, de vins, etc.

Voir papier couché brossé, papier monocouche*, papier double-couche* et papier triple-couche*.

 

Papier couché brossé. Autrefois, les papiers dits couchés étaient fabriqués à l’aide de brosses. On utilisait une machine appelée “fonceuse*”. Le papier était imprégné de kaolin*, de sulfate d’alumine ou de chaux mêlée de colle de gélatine ou de caséine. Cette couche était égalisée par des brosses animées d’un mouvement de va et vient sur la feuille avant d’être séchée à l’air chaud. Cette technique appelée également “couchage classique”, n’est plus utilisée aujourd’hui, et a été remplacée par des coucheuses.

 

Papier couché sur chrome. Voir couché sur chrome* ou cast-coated*.

 

Papier crêpé. Papier élastique, très absorbant dont l’état de surface en plis multiples permet une utilisation dans la fabrication de papier d’emballage ou de papier toilette*. Le crêpage est réalisé en fin de sécherie d’une machine à papier. Une râcle vient lever la feuille humide puis est enroulée sur un cylindre tournant moins vite que le précédent.

 

Papier crépon. Papier mince, de couleur, gaufré*, utilisé en décoration. Terme utilisé à tort pour définir une qualité de papier japon* dont l'aspect fait penser à un tissu. Il est effectivement crêpé mais dans les deux sens et fabriqué de manière artisanale. Voir papier chirimengami*.

 

Papier crispé. Autre appellation du papier crépon.

 

Papier cristal. Papier translucide et imperméable, propre à l’emballage. Appelé également simili-sulfurisé, car très proche d’aspect du papier sulfurisé*. Le raffinage* prolongé des fibres dans la pile hollandaise*, produit un changement de leur présentation. Elles deviennent translucides, leur cavité centrale se bouche. Il se forme autour de la fibre, un hydrate de cellulose constituant une enveloppe naturelle imperméabilisante. Ce type de papier est peu usité à l’heure actuelle.

 

Papier d’alfa. Voir alfa*.

 

Papier d’arménie. Mis au point en 1885 et toujours fabriqué de la même manière, ce papier est imprégné de benjoin, une substance aromatique. En se consumant, il dégage une odeur caractéristique dont on dit qu’elle assainit l’air.

 

Papier d’asbeste. Papier incombustible que l’on fabriquait avec des fi­bres d’amiante ou d’asbeste. Sa fabrication est interdite aujourd’hui.

 

Papier de Chine. Nom générique désignant tous les papiers provenant d’Asie et fabriqués à partir de fibres végétales comme le kozo* ou Brousssonetia Kajinoki, mais aussi le bambou et la paille de riz. La fabrication de ces papiers artisanaux est identique à celle employée au Japon. Voir papier japon*.

 

Papier découpé. L’histoire des papiers découpés est aussi ancienne que l’histoire du papier. Si l’on parle de canivet*, en France, de Jianzhi en Chine, de kirigami* au Japon, dans la tradition juive, on parle de ketubah, en Allemagne de scherenschnitte et en Pologne de wycinanki. En fait, il s’agit de découpage ornementaux, décoratifs, mais sous des formes où le savoir-faire se mêle à la tradition, aux coutumes.

 

Papier de Hollande. Papier vergé* mis au point en France et exporté en Hollande. Le processus de fabrication ayant été amélioré par l’usage de la pile hollandaise* ou pile à cylindre qui supprimait l’usage du pourrissage, le papier avait plus de tenue, son épair* était régulier et clair. Le papetier pratiquait l’échange* donnant au papier un état de surface plus régulier.

La réputation de ce papier était telle que de nombreux éditeurs demandaient aux fabricants français, afin de contourner les droits d’importation, de leur li­vrer cette même qualité en usurpant au passage le filigrane* aux Armes d’Amsterdam attestant de sa provenance.

 

Papier de Madagascar ou antaimoro. Papier artisanal assez grossier, de teinte écrue, fabriqué à la forme*. La fibre utilisée provient des feuilles de “l’arbre du voyageur” ou Ravenala madagascariensis.

 

Papier de riz. Appellation tout à fait erronée. On n’a jamais fait du papier avec du riz, tout au plus avec la paille de riz comme avec la paille de seigle ou de froment.

Par contre, les Chinois fabriquent depuis 2 000 ans un support constitué des parties ligneuses du Tetrapanax papyferum ou arbre à papier. Cet arbuste de croissance rapide peut atteindre 9 m de haut, son feuillage est persistant d’un vert franc et brillant. Sous l’écorce, une moelle blanche qui, une fois découpée en fines lamelles et pressées, donne le papier dit “de riz”. Très fragile et cassant, il est à manier avec précaution.

Comme le papyrus ou l’amatl, on parle de support d’écriture et non de papier au sens strict du terme.

 

Papier de sécurité. Sorte de papier utilisé dans les actes administratifs, les pièces d’identité, les billets de banque, etc.

On a toujours cherché à rendre ces papiers infalsifiables par l’emploi de filigranes ombrés*, de matières fluorescentes mélangées à la pâte, de fibres colorées ou de fils métalliques noyés dans la feuille à la fabrication, etc. Voir papier monnaie*.

 

Papier de soie. Autre appellation du papier mousseline*. Papier mince, blanc ou de couleur, d’une masse de 14 à 25 g/m2, utilisé dans l’emballage, la décoration, la protection des estampes.

 

Papier de trace (trasse, tresse ou étresse). Papier gris ou brun de mauvaise qualité et de formats non précisés qui se vendait au poids. Il était utilisé notamment pour faire l’âme des cartes à jouer en assurant l’opacité.

L’étresse s’intercale entre le papier cartier imprimé des figures et des points, et le tarot ou papier du dos. C’est J.-B. Grimaud qui eut l’idée de l’utiliser à cette fin.

Ce type de papier servait également à emballer les rames. Voir armure*. On utilisait pour sa fabrication les chiffons de couleur, appelés bulle, gris, noirs, très sales, mis au rebut par les délisseuses*.

Voir délissage*.

 

Papier de verre. Papier sur lequel a été déposée une couche d’abrasif, de verre historiquement, mais plus couramment d’émeri, d’alumine, de carbure de silicium. Le papier peut être traité résistant à l’eau.

 

Papier dominoté. Papier imprimé à la planche et colorié au pochoir. La corporation des dominotiers

connaît un essor important au XVIIe siècle en produisant outre des images pieuses, des cartes à jouer, du papier destiné à être collé au mur appelé tapisserie de papier, puis papier peint*.

 

Papier double-couche. Papier couché en deux temps, soit sur machine à papier ou sur coucheuse. Le papier dit double-couche peut recevoir de 12 à 20 gr/m2 de couche par face. Voir papier couché*, couché moderne*. C'est le papier de la publicité par excellence.

 

Papier duplicateur. Papier permettant une utilisation en duplicopieur. Le support doit permettre une absorption rapide de l’alcool utilisé dans ce type de machine. Ce procédé n’est plus d’actualité, la photocopie noir et blanc ou couleur l’a remplacé.

Il ne nous reste plus en mémoire que les vapeurs d’alcool (!) qui régnaient autour de cette curieuse machine au fond de la classe…

 

Papier extra-strong. Voir extra-strong*.

 

Papier filtre. Papier utilisé en laboratoire, dans l’industrie, mais aussi dans votre cuisine pour faire votre café.. Il est exempt de toute matière autre que de la cellulose* pure.

Fabriqué en milieu neutre, sans acide, il doit filtrer les liquides dans un temps défini selon les usages. Il doit également être résistant à l’état humide.

Dans le passé, le papier filtre était fabriqué en hiver, profitant de la gelée qui cristallisait l’eau contenue dans le papier encore humide, les cristaux formés par le gel distendaient les fibres permettant de rendre le support poreux. Voir papier Joseph*.

 

Papier formule ou timbré. Pour éviter les confusions dans les papiers utilisés pour la réalisation des actes administratifs, une ordonnance de Louis XIV en 1673 ordonna que sur chaque feuille servant à la réalisation de ces actes soit apposé un timbre représentant un double “L” royal surmonté d’une fleur de lys.

Les droits de timbre étaient levés à la fabrication du papier et les contrefacteurs passibles de lourdes amendes. Les curés se procuraient également ce type de papier pour établir les actes paroissiaux. Aujourd’hui, on emploie le terme de papiers de sécurité*.

 

Papier frictionné. Papier dont le recto a été rendu brillant et lisse par passage sur un cylindre chromé chauffé de grand diamètre appelé cylindre frictionneur.

Le verso du papier est souvent laissé brut de machine* d’aspect légèrement rugueux.

Ce type de support est particulièrement apprécié pour le papier affiche*. Le recto convient bien à l’impression en sérigraphie mais aussi à l’offset, et le verso retient bien la colle avant affichage. Il est souvent traité pour résister à l’humidité. Voir REH*.

 

Papier gaufré. Terme générique définissant tous les papiers dont l’état de surface comporte un relief plus ou moins important. Le papier est gaufré* à sec par pression entre un ou deux flancs de cylindre gravés du motif souhaité. L’aspect peut être toilé, grainé, ligné, ou de mille autres façons.

 

Papier gommé. Papier sur lequel on a appliqué au verso, un engommage* destiné à le rendre adhésif en l’humidifiant. Si on peut estimer ce produit plus écologique que le papier autocollant*, la mise en œuvre est plus contraignante.

 

Papier goudronné. Papier kraft* sur lequel on applique une couche de bitume destiné à lui donner une étanchéité parfaite. Il est destiné à l’emballage de pièces métalliques lourdes. Synonyme de papier bitumé*.

 

Papier hygiénique. Voir papier toilette*. La norme NF F31-829 définit les caractéristiques techniques et qualitatives du papier hygiénique utilisé dans les WC étanches à recirculation, notamment dans les toilettes des chemins de fer. Elle préconise une méthode de contrôle de la résistance au délitage du papier hygiénique. Le progrès ne s’arrête jamais !

 

Papier indien. Papier de qualité identique au papier bible*.

 

Papier Ingres. Papier pur chiffon* vergé mis au point par la papeterie d’Arches* en 1869, et dénommé au nom du peintre Auguste-Dominique Ingres (1780-1867). Papier à grain*, il peut être blanc, crème, ivoire, vert, bleu, rose, etc. Son état de surface rugueux le destine notamment à l'usage du pastel sec. Voir papier pastel*.

Aujourd’hui, le papier Ingres n’est plus l’exclusivité d’Arches. Il n’existe pas de standard de fabrication, le chiffon a été remplacé au mieux par des linters*, voire de la pâte chimique blanchie* et la qualité varie d’une usine à l’autre.

 

Papier japon ou Le Washi 和紙. Terme générique pour indiquer toutes sortes de papier, fabriqués (à la main, par principe) dans ce pays, parfois même dans d’autres pays asiatiques.

On peut considérer sous ce terme, une technique de fabrication tout à fait différente de la nôtre.

D’une part, le papetier utilise des matériaux inconnus dans nos régions comme le kozo*, le gampi*, le mitsumata*, parfois de la paille de riz et du bambou.

Les différences entre ces matières premières sont tellement importantes qu’on ne saurait conseiller d’être plus rigoureux dans l’appellation de ces papiers en précisant les produits utilisés et le nom du papetier comme nous le faisons en Occident. Existe-t-il un papier européen ou français ?

Les fibres* de la plupart de ces plantes sont beaucoup plus longues que les fibres de chiffon* de coton ou de lin et plus encore de linters*.

La mise en œuvre est simple, ne nécessitant que très peu de machines. Il est même possible de s’en passer si le temps n’est pas compté. L’usage de ces papiers nécessitent des grammages légers (entre 15 et 80 g/m2), les quantités de matière première nécessaire sont proportionnellement moins importantes qu’en Europe.

Autre différence majeure, la formation de la feuille. La pâte diluée dans l’eau, le papetier plonge dans la cuve une forme* constituée d’un cadre sur lequel est fixé temporairement un tamis de type vergé* en bambou. Il retire la forme, puis par un mouvement d’arrière et en avant, plusieurs fois répétés, il régularise l’épaisseur du matelas fibreux, constitue l’épair* de la feuille et améliore la liaison entre les fibres.

La feuille une fois égouttée, l’artisan pose le cadre de la forme, soulève la couverte* et prend le tamis qui est souple, pour le retourner sur la feuille humide précédemment faite. Il ne lui est pas nécessaire de mettre un feutre entre chaque feuille.

Les feuilles une fois pressées sont mises à sécher sur de grandes planches de bois que l’on expose au soleil ou sur des tambours chauffés à la vapeur. Les formats fabriqués peuvent être plus grands que les nôtres, au-delà du format Grand-Aigle (67 x 98,8ᅠcm), et nécessiter que la forme soit suspendue par des cordes.

Au Japon, il existerait plus de mille appellations répondant chacune à une qualité de papier d'un usage précis....Un site de référence pour approfondir le sujet: http://khartasia-crcc.mnhn.fr/fr

 

Papier Joseph. Papier très fin et souple, non collé, utilisé en laboratoire. Le papier Joseph a été inventé par Joseph Montgolfier*.

 

Papier journal. Papier fabriqué à partir de pâte mécanique* pour partie et de vieux papiers. Ces qualités doivent supporter des contraintes mécaniques à l’impression et au façonnage tout en ayant le plus faible poids au m2. On distingue maintenant des papiers dits standards et des qualités dites améliorées, plus blanches et plus lissées.

 

Papier kraft. Papier réservé aux emballages, compte tenu de sa résistance aux contraintes mécaniques, il peut être brun, blond ou blanchi. Voir pâte kraft*.

 

Papier laser. Caractéristique d’un papier apte à une utilisation en impression laser ou xérographique.

L’élément chauffant d’une imprimante laser destiné à fixer le toner sur le papier provoque une évaporation de l’eau contenue naturellement dans le support.

Afin de limiter cet état de fait, le papier laser est produit avec un degré hygrométrique inférieur au papier standard. Si le papier garanti laser doit être imprimé en offset au préalable, en feuille ou en bobine, le conducteur doit veiller à limiter le plus possible son eau de mouillage, et remettre sous macule* son ouvrage terminé.

L’humidité* relative du support inférieure à l’air ambiant, oblige le transformateur à prendre des précautions pour limiter les reprises d’humidité du papier. Voir humidité (reprise d’)*. L’essor de l’impression laser de bureau et de la photocopie à gros tirages est à l’origine du développement de machines à papier dédiées entièrement à la fabrication du papier laser. Il est vendu majoritairement en ramette* de 500 feuilles et dans les formats normalisés* A4, A3, A3+, etc.

Voir papier xérographique*.

 

Papier mâché. Fabriqué avec un mélange de vieux papiers et de colle, imprégné d’huile, il sert à confectionner des objets usuels ou décoratifs. Il peut être très solide et servir dans l’industrie du meuble. À la fin du xixe siècle aux États-Unis, on fabriquait à partir de pâte à papier des cercueils, des plastrons, des cols de chemises, et même des roues de voiture ! Dans la revue “Le papier” du 20 septembre 1946, un article intitulé “Les Anglais portent des cols en papier pour protester contre les blanchisseries” mérite d’être repris ici : “Parce que le tarif des blanchisseries est trop élevé, les Anglais craignent de subir une grave crise du papier. Les femmes britanniques ont organisé des meetings pour protester contre cette hausse des prix. Mais les hommes, plus pratiques, ont décidé de ne porter désormais que des cols en papier ; ces cols vendus quatre francs, durent trois ou quatre jours et les hommes prétendent qu’ils sont plus agréables à porter que les autres !

Les Japonais confectionnent depuis très longtemps des jouets ou des masques en papier mâché. Le plus connu est le chien “hariko” offert au nouveau mâle de la famille pour le protéger des mauvaises influences.

 

Papier magazine. Papier couché dénommé LWC* ou non couché appelé papier SC*. Constitué majoritairement de pâte mécanique* voire de pâte recyclée*, ils sont produits dans des grammages inférieurs à 75 g/m2. Comme son nom l’indique, ce type de papier est utilisé pour la réalisation de périodiques, de mailings, de catalogues.

 

Papier marbré. Sorte de papier destiné aux relieurs dont une face est comme marbrée d’encres de couleurs et dessinant des formes variées. Les papiers marbrés sont notamment utilisés en deuxième et troisième de couverture dans la reliure traditionnelle. Originaires d’Italie et consacrés primitivement à la décoration des coffrets et boîtes, ils furent fabriqués en France à partir du xviie siècle. La fabrication des papiers marbrés à la main se pratique dans une cuve peu profonde, remplie d’une solution aqueuse de gomme adragante. Sur ce bain, on projette des couleurs dissoutes à l’essence. Ces couleurs s’étalent immédiatement, et forment des dessins que l’artisan oriente, dirige, avec des outils de différentes formes, comme des peignes, ou des bâtonnets. Sur ce bariolage contrôlé, il dépose une feuille de papier, qui reçoit l’ensemble des couleurs en en conservant le dessin.

 

Papier mince. Appellation caractérisant la force du papier de grammage faible, égale ou inférieure à 60 g/m2. Le champion des minces est le papier à cigarettes de grammage compris entre 12 et 25 g/m2. Répartir 12 grammes de fibres* de cellulose sur un mètre carré, sans qu’il n’y ait de trou*, que l’épair* soit régulier relève d’une gageure!

 

Papier monnaie. Depuis l’an mille, le papier a servi de monnaie d’échange sous la forme de lettre patente ou traite, mais il s’agissait de document établi entre un vendeur et un acheteur, entre une banque et son client. À partir du mois de décembre 1789 le papier monnaie fait son apparition en France lorsque fut créée la Caisse de l’Extraordinaire. Elle devait être alimentée par le produit de la vente des biens confisqués du clergé.

Mais très vite, les choses vont évoluer. La planche à billets fonctionne à plein à partir de 1790 jusqu’en 1796. La valeur portée par la totalité des assignats passe de 560 millions en janvier 1791 à 34ᅠ500 millions en 1796, un montant dépassant très largement la valeur des domaines nationaux auquel il était censé faire référence.

Nicolas Desmarest* représente le Comité des assignats*. On fait fabriquer dans un premier temps 1ᅠ200 rames de papier à la papeterie de Buges (Corquilleroy, 45). D’autres commandes sont passées à la papeterie de Courtalin (Pommeuse, 77) et du Marais* (Jouy-sur-Morin, 77).

L’Assemblée constituante, compte tenu de l’enjeu financier, lance un appel d’offres. Le 4 janvier 1792, quatre fabricants sont retenus dont la papeterie d’Essonnes*. Elle est chargée particulièrement de la fabrication du papier pour les assignats de 10, 25 livres, et de 50 sols. Les quantités de papier sont respectivement de 2ᅠ000, 800 et 4ᅠ000 rames. Le délai de livraison est fixé à quatre mois.

Le Comité fournissait les filigranes, le papetier les formes à papier spécialement destinées à cette fabrication. Pendant les trois années qui suivirent, le Comité des assignats passa commande à Didot*, monopolisant la totalité de la production de la manufacture.

La fabrication du papier monnaie n’a cessé de se perfectionner pour éviter la falsification. La matière première est issue de fibres végétales comme le lin*, le chanvre* et la ramie*. Les propriétés de ces fibres longues permettent d’obtenir un papier résistant à la traction, au pliage. Voir sonnant*.

La réalisation de filigrane* complexe, notamment de filigrane ombré* est également un moyen d’éviter la contrefaçon. Le billet de banque actuel est imprimé avec des encres fluorescentes, on y intègre des éléments métalliques, des hologrammes, des microtagants, des cryptoglyphes invisibles à l’œil nu mais détectables sous scanner.

 

Papier monocouche. Papier couché* généralement mat ou satiné,  dont le poids de la couche* déposée sur le matelas fibreux en une seule opération est égal ou inférieur à 12 g/m2.

Le principal avantage de ce type de papier est de garder une grande opacité* par rapport à des papiers double ou triple couche, même si le rendu d’impression en quadrichromie est inférieur.

Ses qualités de résistance* mécanique sont appréciées au façonnage et au pliage. C’est le support idéal pour les manuels scolaires, les dictionnaires.

 

Papier mousseline ou serpente. Papier de faible grammage, 14 à 20ᅠg/m2, destiné à l’emballage d’objets fragiles. Paraffiné, il est utilisé dans l’emballage de produits alimentaires.

 

Papier multi-jet. Papier fabriqué à partir de plusieurs jets de pâte et assemblés en presse humide.

On retrouve essentiellement ce type de fabrication dans le carton compact*.

 

Papier non-tissé. Support fabriqué à partir de fibres synthétiques qui ne s’apparente que très peu à la notion réelle du papier. Il s’agit souvent de supports dits indéchirables ou résistant à l’humidité.

 

Papier offset. Qualité d'un papier dont les caractéristiques techniques de fabrication lui permette d'être imprimé en offset*. Si tous les papiers peuvent être imprimés en offset de manière générale, il n'en demeure pas moins que certains peuvent poser quelques soucis à l'imprimeur parce que non garantis à cet usage. C'est le cas des supports fermés, dont la microporosité* est trop faible, voire absente, et à l'inverse des papiers trop poreux, d'un état de surface trop ouvert.

 

Papier paille. Papier fabriqué à partir de paille de blé, de seigle ou de froment. Il connut un essor important de la fin du xixe siècle jusqu’au milieu du xxe siècle.  Particulièrement apprécié pour la fabrication du papier boucherie, il avait la particularité de faire coaguler le sang de la viande.

Un décret du 28ᅠjuin 1912 précise clairement son utilisation : “L’hygiène la plus élémentaire exige l’emploi du papier paille.  Il est interdit de placer en contact direct des papiers usagers manuscrits ou imprimés en noir ou en couleur, les denrées alimentaires humides ou grasses.  Qu’il s’agisse de volailles, viandes, poissons, beurre, graisses, légumes et fruits frais, l’emploi du papier paille est nettement et formellement indiqué. Il y a donc lieu de proscrire rigoureusement l’utilisation des papiers souillés, parce que ces papiers sont extrêmement dangereux pour la santé publique...

 

Papier paraffiné. Papier rendu étanche aux graisses et à l’eau par une imprégnation de paraffine. Le  papier mousseline* paraffiné sert à l’emballage de produits alimentaires.

 

Papier parchemin. Papier imitant le parchemin. La cellulose* subit un traitement par trempage dans un bain d’acide sulfurique lui conférant un aspect marbré et jaunâtre.

 

Papier pastel. La technique du pastel sec exige de travailler sur un support facilitant l'accrochage  du pigment de couleur. Si le papier Ingres* convient par sa rugosité à cette technique, il a été mis au point d'autres supports dont l'état de surface a été préalablement recouvert de pierre ponce, de gesso, de fibres végétales lui-même contrecollé* sur un carton* blanc.

 

Papier peint. Le papier peint s’est développé à partir du xviie siècle. Le papier dominoté* réservé jusqu’alors à la production de cartes à jouer et d’images pieuses, est utilisé pour la décoration murale. Mais le dominotier produit des feuilles imprimées de petit format et ne permet que difficilement le raccord mural. Par la suite, on imprimera sur des bandes de 24 feuilles avant l’invention du papier à la mécanique au début du xixe siècle qui permettra d’imprimer sur des rouleaux de papier facilitant la pose et les raccords tout en réduisant les coûts de fabrication.

La mode du papier peint atteindra son âge d’or au xixe siècle, passant d’une production artisanale à une production industrielle.

 

Papier pelure. Papier de type machine très mince, blanc ou plus souvent de couleur pastel, dont l’usage était réservé essentiellement aux doubles de courrier. Le transfert de l’original était assuré par un papier carbone inséré entre les deux feuilles. On a remplacé l’usage de ces papiers par le papier autocopiant*.

 

Papier permanent. Expression définissant la qualité d’un papier à résister au temps. Exempt d’acide lors de la fabrication, le papier ainsi produit saura garder toutes ses qualités. On veillera, comme pour tous les autres papiers, à les préserver de l’humidité, principale cause de vieillissement prématuré. Voir permanence*.

Les caractéristiques définissant les pro­priétés d’un papier permanent sont définis dans la norme ISO 9706* approuvée en 1993 et publiée par l’Inter­national Organization for Standardization (organisation in­ter­nationale de normalisation, désignée par l’abréviation ISO) en mars 1994. C’est à l’initiative d’associations de bibli­o­thécaires que le projet pour promouvoir l’utilisation de ce type de papiers à l’échelle mondiale a pris forme. Les papiers permanents contiennent un minimum de 2 % de carbonate de calcium (CaCo3) et peu ou pas de lignine* (indice Kappa < 5).

Ils doivent en outre subir un test de résistance à la déchirure* et leur pH* doit être compris entre 7,5 et 10.

Cette norme internationale est l’équivalent de la norme américaine ANSI Z39.48 de 1992 : “Permanence of paper for printed library materials”. Il existe une autre norme ISOᅠ 11108*, dite "papier d’archives" qui combine les concepts de permanence de la norme 9706 et de durabilité (résistance à l’usure et aux manipulations).

 

Papier pétillant. Expression usitée dans le passé pour désigner un papier de bonne fabrication avec du corps (avec de la main*), et de l’éclat (bien blanc, sans doute).

 

Papier pierre. Nouveau support dit écologique, moins polluant à fabriquer, recyclable indéfiniment. La matière première serait pour 80% de la pierre, plus précisément de carbonate de calcium* et 20% de polyéthylène haute densité. N'ayant jamais eu l'occasion de tester ce nouveau support, je ne saurais en donner une quelconque appréciation. Que la pierre soit un produit écologique sans aucun doute, que le PEHD le soit m'étonne puisque fabriqué avec du pétrole.

Il y avait la pierre-papier maintenant il y a le papier pierre!

 

Papier pigmenté. Papier sur lequel a été déposée une fine couche* en machine au moyen d’une size-press*. La pigmentation est appliquée sur l’ensemble des papiers de type impression ou écriture.

La pigmentation peut servir de pré-couchage à la fabrication du papier couché* hors machine.

 

Papier porcelaine ou terre-papier. Il s'agit en fait d'un mélange de terre de potier et de cellulose* dosée pour 1 à 3%. Il en résulte une fois la poterie passée au four, un matériau plus léger sans perdre de sa résistance.

Il existe un support papier  appelé carte porcelaine* que certains collectionneurs affectionnent.

 

Papier pur chiffon. Nom donné au papier fabriqué uniquement avec des chiffons. Par extension, nom donné au papier fabriqué avec des linters*. Tous les ouvrages antérieurs aux années 1850 environ ont été réalisés avec des papiers pur chiffon. À partir du milieu de xixe siècle les premiers papiers à base de bois ont fait leur apparition, causant d’ailleurs beaucoup de soucis aux conservateurs de bibliothèque. La qualité de la fibre de cellulose végétale et son traitement font toute la différence. Désigné par VII/5 dans l’ancienne classification AFNOR*.

 

Papier pur fil. Dénomination commerciale de certains papiers fabriqués à partir de linters* de coton. Désigné par VII/5 dans l’ancienne classification AFNOR comme pur chiffon*.

 

Papier recyclé. Papier fabriqué partiellement ou en totalité à partir de vieux papiers. Si depuis toujours on a utilisé les déchets de papiers pour la fabrication du carton ou de papier d’emballage, différents procédés mis au point dans les années 1980/1990 permettent de recycler les vieux papiers imprimés afin de produire à nouveau des papiers aptes à la réalisation de documents de qualité.

On doit distinguer les papiers fabriqués à partir de vieux papiers usagés ou FCR* (fibres cellulosiques de récupération), des papiers fabriqués à partir des cassés* usine. Contrairement à d’autres pays européens, il n’existe pas en France de classification précise garantissant l’origine et le pourcentage de vieux papiers mis en œuvre pour cette catégorie de papiers. Voir Ange bleu*, Ecolabel* et CEPI* pour les données de recyclage en Europe.

 

Papier registre. Papier nerveux et résistant, utilisé pour la réalisation de documents ou livres soumis à de fortes manipulations. C’était notamment le cas des livres de comptabilité.

 

Papier sans bois. Terme commercial définissant qu’un papier sans bois est fabriqué exclusivement à partir de pâte chimique… constituée de bois résineux* ou feuillus* !

Ce terme ne peut donc être pris à la lettre mais permet de distinguer les papiers dits traces de bois* de ceux dits sans bois, et donc avec ou sans pâte mécanique*.

 

Papier sc ou super calandré. Support non couché dont l’état de surface a été fortement lissé par passage dans une super calandre*. La fabrication de ce type de papier est identique à celle du papier journal*.

 

Papier serpente. Papier très fin, transparent, sans colle et sans acide, destiné à protéger les gravures, les illustrations. Sa fabrication est comparable au papier Joseph*. Synonyme de papier mousseline*.

 

Papier sulfurisé. Cette qualité est obtenue en trempant un buvard* dans un bain d’acide sulfurique. La fibre au contact de l’acide se rigidifie et devient transparente. Après calandrage*, on obtient un papier solide, résistant aux graisses et à l’eau et à la chaleur. Ses qualités sont appréciées dans l’emballage alimentaire et en cuisine.

 

Papier thermique. Papier couché* thermosensible réagissant à la chaleur sous forme d’une image noire. Mis au point dans les années 1970, il est aujourd’hui l’un des papiers les plus fréquemment utilisés comme support de données, appelée fréquemment facturette.

Les tickets de caisse, les justificatifs d’opération bancaire sont aujourd’hui réalisés sur du papier thermique dont un des constituants, le bisphénol A est des plus constestés.

Utilisé au départ comme papier récepteur en télécopie, ce support a pu se développer dans de nombreux domaines par une amélioration de sa durabilité.

L’industrie produit à ce jour des papiers thermiques sans bisphénol A et labellisés FSC*. Concernant les études récentes sur l’utilisation du bisphénol A et S, se rapporter aux documents émis par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments ou AFSSA et l’Autorité européenne sanitaire des aliments, EFSA.

Reste à faire savoir au consommateur quel type de papier est utilisé au quotidien à la caisse de son supermarché ou au distributeur de sa banque pour leur imposer d’utiliser des papiers thermiques sans bisphénol !

 

Papier toilette. Son histoire remonte à plusieurs siècles, en Chine. Vulgairement, le papier cul ou PQ, connaît un essor important au début du xixe siècle en Europe et en Amérique.

Auparavant, si de papier il était question, il s’agissait de vieux papiers, de papier journal. L’expression torche-cul doit y trouver son origine ! Papier bulle* lissé au départ, il est devenu papier crêpé*, puis ouaté, de feuille en feuille il est passé en rouleau.

Pour cet usage, l’utilisation de pâte recyclée devrait être la norme, à moins de tester les toilettes japonaises...

 

papier torinokogami (ou papier enfant d'oiseau). Nom donné à une qualité de papier japonais fabriqué à partir de gampi*. Papier très fin, d'aspect brillant utilisé dans la restauration de livres anciens.

 

Papier triple-couche. Voir papier couché*. Papier couché en trois étapes conférant au support un état de surface plus uni, plus tendu qu’un papier double-couche ou monocouche. En dehors de l’aspect technique qui a son importance quant au nombre de couches déposées sur le support, la différence de qualité sera définie à l’impression.

 

Papier un jet. Type de fabrication le plus courant. La machine à papier est constituée d’une seule caisse de tête*.

 

Papier vélin. Papier dont aucune marque n’apparaît par transparence donnant l’apparence du parchemin*. L’imprimeur anglais John Baskerville (1706-1775) inventa ce type de papier en 1750.

En France, à Annonay, Pierre Montgolfier en 1777, produisit les premières feuilles de papier vélin*. Pour ce fait, il sera anobli par Louis XVI. Cette appellation provient du nom donné au parchemin de qualité supérieure.

On le fabriquait avec la peau d’animaux mort-nés ou ayant moins de six jours. Le veau était préféré aux autres animaux car il donnait un parchemin très blanc, lisse et d’un épair* très régulier. Il a servi principalement à la réalisation de manuscrits jusqu’à l’avènement du papier et de l’imprimerie.

 

Papier vélin écriture. Papier vélin encollé pour écriture. Cette dénomination n’est plus utilisée aujourd’hui.

 

Papier vergé. Papier fabriqué sur une forme* ou sur une toile métallique constituée de vergeures* et de pontuseaux* dont on aperçoit le dessin par transparence. Contraire voir vélin*. Le filigrane* est fixé directement sur la toile au moyen d’un fil de cuivre très fin.

Dans la fabrication du papier sur machine à table plate*, l’aspect du papier vergé* est réalisé par le rouleau égoutteur, sur lequel est fixée une toile vergé, qui agit par pression sur la feuille humide.

Ce procédé mis au point par Blanchet et Kléber dans leur usine de Rives* en 1840 était destiné à retrouver dans les papiers machines la marque de l’authenticité du papier fabriqué à la main*. Ce procédé a permis de réintroduire l’usage du filigrane, absent des premiers papiers industriels.

 

Papier whatman. Papier vélin* mis au point en 1770 par l’anglais James Whatman, et fabriqué exclusivement à partir de lin et de chanvre. Ce papier très réputé au xixe siècle a été utilisé par de nombreux éditeurs de beaux livres comme le papier de Hollande* ou le papier Japon*.

 

Papier xérographique. Du grec xéros à sec et graphie dessin. Autre appellation du papier laser*.

 

Papillotage. Défaut d’impression dû à un mauvais positionnement de la feuille à sa mise en pression et provoquant une double impression comme les ailes du papillon ! On dit que ça papilloteᅠ!

Phénomène proche du doublage*.

 

Papyrotype. Caractère typographique* que l’on fabriquait à partir de pâte à papier comprimée et destiné à l’impression des affiches. Voir aussi Lottinosplastie*.

 

Paquetage. Unité d’emballage de 25feuilles pour une main*, 50, 100 pour 4 mains, 250 et 500 feuilles pour une rame*.

 

Parchemin. Support d’écriture succédant au papyrus attesté au IIe  siècle avant J.-C. à Pergame. Les peaux utilisées pour sa fabrication étaient coupées en feuillets pour former des livres, ou raboutées* pour en faire des rouleaux.

On distingue différentes qualités selon l’origine dont la plus belle, la plus cher aussi, issue de veau mort- né ou de très jeune veau dénommée vélin*.

C’est ainsi qu’on était amené parfois à effacer ce qui était écrit pour son réemploi, d’où le nom de palimpseste*. Le parchemin fut détrôné par le papier à partir du xiiie siècle, mais il est encore utilisé pour la réalisation de très beaux livres.

 

Passage en blanc. Dans le cas de papier pelucheux (voir peluchage*), il peut être envisagé de passer une première fois le papier dans la presse*, sans impression, afin d’éliminer en surface les fibres* ou particules non-adhérentes.

 

Passe. Quantité de papier prévue en plus du tirage* pour s’assurer du nombre nécessaire de feuilles imprimées après les différentes opérations de pliage, rainage, etc. Les presses* ou rotatives récentes permettent, grâce à la fiabilité du processus, une diminution importante de la passe. Voir aussi gâche*.

 

Patate (bobine qui roule comme une). Défaut d’enroulement d’une bobine provoquant ce phénomène.

 

Pâte à papier. Préparation aqueuse  destinée à la fabrication du papier. Constituée de fibres de cellulose* extraites de végétaux comme les fibres* textiles pour obtenir une pâte à papier dite pur chiffon, ou  de bois pour  obtenir une pâte chimique mécanique ou pâte thermomécanique.

En fait, on peut réellement parler de pâte propre à la fabrication du papier quand les fibres de cellulose extraites des végétaux ont été épurées, raffinées et mélangées à différents adjuvants comme la colle et les charges*, avant de passer sur la machine à papier*. Voir collage* et raffinage*.

 

Pâte au bisulfite. Pâte à papier produite chimiquement en milieu acide par extraction de la cellulose* à partir de bois résineux ou feuillus. La solution chimique ou liqueur est composée de sodium et de calcium ou de magnésium. La pâte à papier au bisulfite est utilisée pour la fabrication de papiers fins pour l’impression et l’écriture.

 

Pâte au sulfate. Pâte à papier produite chimiquement en milieu alcalin, contrairement à la pâte au bisulfite produite en milieu acide plus polluant. Le procédé fait appel à la soude comme agent réactif. La pâte au sulfate appelée également pâte kraft* est appréciée pour ses propriétés mécaniques permettant la fabrication de papiers et de cartons où la rigidité et la résistance au pliage sont des caractéristiques techniques importantes.

 

Pâte chimique. Pâte à papier produite chimiquement à partir de bois. La cellulose* est obtenue par cuisson et lessivage des matières premières en présence d’une liqueur à base de sulfate et de soude, afin d’éliminer les éléments autres que la cellulose comme la lignine*.

La pâte chimique est écrue par nature mais peut être blanchie. Les pâtes au sulfate et à la soude donnent des papiers très solides. Voir blanchiment*.

 

Pâte mécanique ou Pâte de bois. Pâte à papier provenant de bois feuillus ou résineux obtenue en râpant les troncs d’arbres préalablement écorcés. Réaumur*, en 1719, eut l’idée d’employer des fibres de bois afin de pallier la pénurie de chiffons*. Mais c’est un artisan allemand du nom de Keller en 1844 qui sut utiliser efficacement le bois pour la fabrication de pâte à papier.

Henri Voelter améliora le procédé en développant en 1846 un appareil suffisamment efficace pour le défibrage du bois.

En France, Pierre et Aristide Bergès* en 1862, mettent en production un défibreur* dans leur usine de Lorp (Ariège). Cette technique relativement sommaire et qui a été la première utilisée pour la fabrication de pâte à papier à partir de bois, produit une pâte grossière de moindre qualité mais peu coûteuse car d’un rendement important.

D’ailleurs, dans les premières années de la fabrication de la pâte mécanique, on ne conçoit pas de l’utiliser sans la mélanger à la pâte de chiffon, voire de sparte*. Il s’agit avant tout de pallier l’insuffisance de chiffons. Les recherches dans cette voie participent à la recherche générale de succédanés* de cette matière première.

Les fibres de cellulose ne sont pas séparées de la lignine*, partie intégrante du bois, et l’on connaît les effets négatifs de ce constituant quant à la permanence* des papiers fabriqués ainsi (voir papier permanent*). La pâte mécanique est d’aspect jaunâtre ce qui l’exclut de la fabrication des supports de papiers fins. À l’opposé, elle donne de l’opacité*.

Son usage est réservé aux papiers de faibles grammages* comme les LWC* ou MWC*, mais encore à la fabrication de papier journal*, et aux cartons* compacts.

 

Pâte mi-chimique. Pâte à papier  dont le processus de fabrication débute par une désintégration mécanique du bois, suivie par un traitement chimique. Ce type de pâte est utilisée notamment dans la fabrication du papier ou carton pour cannelure.

 

Pâte recyclée. Pâte à papier constituée de papiers et cartons de récupération. Pour la fabrication de papiers à usages graphiques, il a été mis au point des procédés de désencrage permettant de produire des papiers d’aspect très voisins de ceux fabriqués avec des pâtes vierges. Certains recyclés ont le label FSC*.

 

Pâte thermomécanique ou ctmp (chemi-thermomechanical pulp). Pâte à papier réalisée à partir de bois. Transformé en copeaux, le bois est ensuite traité chimiquement à la soude, puis passe au raffinage*.La pâte est ensuite épurée et blanchie. Ce type de pâte est utilisé notamment dans la fabrication de papier magazine* destiné à la presse et aux catalogues.

 

Pâte vierge. On dénomme ainsi la pâte à papier fabriquée exclusivement à partir de matière première non recyclée.

 

Pâton. Comme le maton*, défaut constaté dans le papier dû à une surépaisseur de pâte et provoquant  des problèmes à l’impression. Lors de la fabrication du papier, des amas de pâte peuvent se décoller de divers endroits de la machine, et se déposer sur la feuille.

 

Patte. Nom donné autrefois au chiffon* blanc destiné à la fabrication du papier à la main*.

 

Patte bulle. Nom donné autrefois au chiffon* de couleur ou noir.

 

Pavillonnage. Languettes de papier ou marques insérées toutes les 500 feuilles dans une palette cube* de papier, pour simplifier le comptage des feuilles.

 

P.E.F.C. (Norme). Programme for the Endorsement of Forest Certification. Apposée sur un produit à base de bois, la marque PEFC atteste que les matières premières proviennent de forêts dont les propriétaires se sont engagés à respecter les règles de gestion forestière durable.

Il garantit en particulier que tous les intermédiaires impliqués dans la fabrication et la vente du produit ont satisfait aux obligations de la chaîne de contrôle PEFC.

Principale obligation pour les intermédiaires et transformateurs: établir une traçabilité des approvisionnements. La preuve en est apportée par le numéro d’identification qui accompagne le logo PEFC et qui figure sur chaque document commercial (facture, bon de livraison…) et sur le produit. Grâce à lui, il est possible de reconstituer en cas de litige ou de contrôle, le cheminement des bois récoltés dans les forêts certifiées pour fabriquer le produit en question.

La marque PEFC donne un réel pouvoir de décision aux consommateurs. Elle garantit que le produit certifié contient réellement du bois issu de forêts gérées durablement. Voir également FSC*.

 

Peiller ou Peillereau. Expres­sion désignant, en patois berrichon, un marchand en gros de chiffons. Voir chiffonnier*.

 

Peille. Nom donné en Auvergne et en Charente,  aux vêtements usagés, aux guenilles servant à la fabrication du papier. Pour  la papetier, il s’agissait d’un chiffon* blanc, une qualité de choix. Voir patte*.

 

Pelliculable (papier). Papier garanti pour le pelliculage*.

 

Pelliculage. Dépôt sur la feuille de papier imprimée d’une pellicule plastique transparente brillante ou mate, destinée à en assurer la protection et le rendu. On peut parfois confondre pelliculage et vernis sérigraphique*.

 

Peluchage. Problème à l’impression d’un papier dont les fibres* en surface ne sont pas en cohésion avec le reste du support. Ce phénomène ne se rencontre qu’à l’utilisation de papiers non-couchés peu ou mal collés en surface. L’ensemble des papiers industriels sont aujourd’hui traités en surface,  soit en size-press*, soit par un procédé équivalent.

 

Pelure d’oignon. Appelé également roux doré, pour sa teinte, ce papier était destiné au même usage que le papier pelure*.

 

Permanence (d’un papier). Qualificatif désignant la qualité d’un papier à résister au vieillissement. Voir Iso 9706*, papier permanent*.

 

Perméance (d’un papier). Apti­tude d’un papier à se laisser pénétrer par un liquide ou un gaz.

Cette particularité est utilisée dans la fabrication d’emballage appelé “skin pack”. Ce type d’emballage fait appel à un film thermoplastique souple, chauffé et appliqué sur l’article à conditionner par aspiration à travers le support en carton. Le film vient au contact de l’article qu’il fixe sur le support.

 

Perroquet. Crémaillère en bois fixée verticalement sur la cuve à ou­vrer* contre laquelle l’ouvreur* appuie sa forme* à papier après l’avoir égouttée. Synonyme d’accotoir*.

 

Pétouillage. Défaut à l’impression dû à des particules libres se trouvant sur le papier ou dans l’encre*. À ne pas confondre avec l’arrachage* et le peluchage*.

 

Pétouille (encre). Petit agglomérat dû à un mauvais broyage ou à un phénomène d’oxydation de l’encre* avant impression.

 

Pétouille (papier). Particule de fibres* agglomérées ou de couche* détachées du support, remontant dans les cylindres de la presse*, et se déposant par la suite sur le papier. Des petites taches apparaissent sur le support imprimé, et obligent l’imprimeur à stopper sa machine, et procéder à un lavage du système d’impression. Voir pétouillage.

 

pH (de l’eau en offset). Potentiel hydrogène. En impression offset*, la solution de mouillage* doit être contrôlée pour éviter des phénomènes de maculage, de mauvais séchage, de refus d’encre, voire de peluchage*.

 

pH (du papier). Potentiel hydrogène. Dans la fabrication du papier, le contrôle du pH est très important.

Un papier à pH neutre (=7) a des capacités de résistance au vieillissement, contrairement à un papier fabriqué en milieu alcalin (>7) ou acide (<7). Norme NF Qᅠ03-005.

 

Pigment (d’une couche). Élé­ment minéral constitutif d’une couche* assurant son homogénéité et une bonne microporosité*.

 

Pigment (encre). Micro­pa­rti­cule de couleur entrant dans la composition d’une encre* d’imprimerie.

 

Pile à maillets. Première machine à fabriquer la pâte à papier. Constituée d’une auge appelée “pile” dans laquelle des maillets armés de pointes de fer et actionnés par un arbre munis de cames défibraient les chiffons.

Il y avait des piles-drapeaux dans lesquelles les chiffons subissaient une première opération d’effilochage* pendant 6 à 12 heures, puis une deuxième opération dans une pile-floran ou pile à affiner* pendant 12 à 24 heures ! Chaque pile pouvait contenir environ 15 kg de chiffons.

 

Pile hollandaise. Machine à fabriquer la pâte à papier*, inventée par les Hollandais à la fin du xviie siècle et introduite en France vers 1770. Auparavant, vers 1736, un négociant rochelais, J.-B. Gatineau, obtint le privilège de “la machine de Hollande”.

Il fait construire une papeterie à la hauteur de ses ambitions. Les capitaux engagés avec l’aide du Duc d’Orléans à Langlée (Loiret) sont sans équivalent à l’époque. Il y installa une douzaine de cylindres*. Malheureusement, le produit fini ne fut pas de bonne qualité et la société fut liquidée au bout de trois ans, accusant une perte de 724 432 livres !

La papeterie de Langlée cessa de fonctionner en 1808 et devint une filature de coton. De cette papeterie il ne reste quasiment rien, sauf une description et des gravures que l’on peut voir dans l’Art de faire le papier, De La Lande*, (1761).

Vers 1770, l’Inspecteur des Manu­factures Nicolas Desmaret* se rendit deux fois en Hollande et, constatant le bon fonctionnement de ces machines,  en fut le principal promoteur.

Jean-Guillaume Écrevisse*, mécanicien de son état et hollandais d’origine installa ces premières piles à Annonay* chez Montgolfier et Johannot* en 1780, puis à la papeterie d’Essonnes* l’année suivante.

Principe de fonctionnement : dans un bac en fonte ou en ciment de forme ovale et séparé en son milieu par un muret, un cylindre denté tournant à environ 150 tours par minute transformait les chiffons en pâte. Comme dans le cas des piles à maillets, il y avait des piles à effilocher* et d’autres à affiner* ou piles raffineuses.

Les premières piles hollandaises pouvaient transformer une cinquantaine de kg de chiffons en quelques heures selon leur état et la qualité de pâte recherchée. Les dernières piles usitées en France dans l’industrie papetière pouvaient contenir 500 kg de pâte. Quelques unes tournent encore chez les derniers artisans de papier à la main*.

 

Pince. Pièce mécanique d’une presse à imprimer située au niveau de la table de marge*. Les pinces saisissent la feuille de papier et assurent son transfert vers le cylindre d’impression.

 

Pince (côté). Côté de la feuille pris par les pinces, en général un des deux grands côtés de la feuille.

 

Pince (prise de). Désigne la bande devant rester blanche le long du bord de la feuille et qui doit être saisie par les pinces de la presse à imprimer.

 

Pince sur pince. Voir basculage in-8*.

 

Pisseur de bordure. Dispositif comportant un ou deux gicleurs d’eau, installés sur les bords de la table plate* d’une machine à papier. Le fil d’eau divise proprement la bande de papier et permet de modifier la laize selon le planning de production. La bordure extérieure est rejetée avant la presse humide et recyclée.

 

Piquetage. Terme désignant un arrachage* de petites particules de couche.

 

Piqûre. Défaut constaté sur certains papiers anciens et mal con­servés. Comparable à des petits points de rouille, ce défaut apparaît souvent sur des papiers fabriqués en milieu acide et stockés dans une atmosphère humide. Voir  rousseur*.

 

Piqûre à cheval. Type de reliure où les feuilles sont assemblées en cahiers* eux-mêmes encartés les uns dans les autres avec la couverture et agrafés au niveau du pli de l’ouvrage.

 

Piqûre à plat. Type de reliure où les feuilles sont assemblées en cahiers*, eux-mêmes encartés dans la couverture et agrafés dans l’épaisseur de l’ouvrage.

 

Plaque (offset). Support métallique d’aluminium dont une face est traitée sensible à la lumière. Après exposition sous lumière contrôlée, elle laisse apparaître l’image ou le texte à reproduire. Il est nécessaire d’utiliser autant de plaques qu’il y a de couleurs à reproduire, soit pour une quadrichromie*, une pour chaque couleur primaire (cyan, magenta, jaune), plus une pour le noir, soit quatre au total.

 

Platine (presse). Type de machine typographique qui a succédé à la presse de Gutenberg* et de Stanhope*. Les premières platines apparurent dans les années 1820 et étaient actionnées au moyen d’une pédale. Motorisé par la suite, ce système d’impression perdure encore aujourd’hui pour la réalisation de petits et moyens tirages.

La particularité de cette machine est de mettre en pression la totalité de la forme imprimante et le papier en un seul mouvement. La technique em­ployée réserve ce procédé à de petits formats, à moins de construire des éléments de fonte lourds et encombrants. On désignait l’ouvrier chargé de la conduite de la presse sous les noms de charretier, cocher et encore boueux ! Voir cylindre* (presse).

 

Pleine page. Expression signifiant que la reproduction ou la gravure est imprimée sur toute la page.

Elle se distingue de la planche qui, elle, est hors texte.

 

Plein papier (impression). Im­pres­sion d’un document sur la totalité de la surface d’une feuille de papier. Il sera nécessaire de massicoter sur les bords de l’impression ou de rogner à vif*.

 

Pli (bon sens pour le). Comme il est expliqué à la rubrique sens de fabrication*, le papier fabriqué sur machine à papier comporte deux sens. De cet état de fait, il sera toujours plus aisé d’effectuer un pli s’il est orienté dans le sens fabrication de la feuille. Une telle orientation permettra notamment dans le cas de papier de faibles grammages, d’éviter un rainage* et surtout une casse au pli.

 

Pli (résultat). Il existe différents plis selon le but recherché : plis parallèles, roulés à deux et trois plis, accordéons à deux et trois plis, croisés, portefeuilles, des plis combinés et mixtes.

 

Pliage. Opération visant à plier une feuille de papier pour arriver au format de l’ouvrage avant massicotage et reliure. Dans le cas d’un livre ou d’une brochure, le pliage permet de constituer des cahiers* qui seront ensuite assemblés, rognés puis cousus ou collés. Voir reliure*, rogner*.

 

Plis de calandre. Défaut constaté sur une bande de papier au cours de son passage sur calandre*. Ces plis peuvent provoquer des ruptures de la bande de papier sur rotatives ou déformer la surface du blanchet* sur une presse offset.

 

Plissage (papier). La planéité im­parfaite des feuilles est en relation avec la particularité des fibres* de cellulose d’être hydrophiles et donc de réagir très rapidement à l’air ambiant.

Ce phénomène est accentué dans les papiers industriels par le fait que les fibres sont en majorité orientées dans le sens* long ou sens machine. Hors le pourcentage d’humidité* normal d’un papier, soit de 4 à 7 % dans une atmosphère à 20 °C, le support se déforme dès lors que ce taux est supérieur ou inférieur, soit parce qu’il a été fabriqué avec un taux différent, soit parce qu’il a été mis en présence d’un air ambiant trop humide ou trop sec.

Le plissage comme le curl* ou le tuilage* peuvent contraindre l’imprimeur à stopper son travail, voire à remplacer le papier mis en cause. L’industrie papetière produit aujour­d’hui des supports répondant à des normes précises de contrôle d’humidité et, sauf dans de rares cas, les problèmes posés de plissage sont dus à une utilisation chez l’imprimeur ou le transformateur, dans des conditions atmosphériques non contrôlées.

Il est à noter que l’on rencontre des papiers portant des plis directement dus à une mauvaise fabrication. Cela n’a donc rien à voir avec le problème de plissage proprement dit. Ces plis sont constatés dès l’ouverture des rames* ou au déballage des bobines. Dans ce cas, le remplacement de la matière défectueuse est obligatoire.

 

Plombage (papier). Défaut d’un papier dont la surface comporte des zones grises provenant soit du calandrage* sur un papier trop humide, soit d’un excès d’azurant optique*.

 

Poche. Déformation de la surface du papier due à une perte d’humidité* pour cause de papier trop humide ou d’air trop sec dans l’atelier de transformation. La formation de poches s’accompagne toujours d’un rétrécissement du support provoquant des défauts de repérage à l’impression et des plis en milieu de feuille. Il y a lieu de vérifier visuellement la planéité* du papier avant impression sur les premières feuilles de la rame*, ou sur les premiers mètres de la bobine*.

 

Pocheuse (bobine). Se dit d’une bobine ayant subi une déformation de la bande de papier par suite d’excès d’humidité* du support. Les spires ne s’appliquent pas parfaitement les unes sur les autres et lors du déroulement de la bande de papier sur rotative il peut y avoir flottement, formation de plis et rupture. Il est préférable de prévenir l’usine pour constater le défaut et éviter les complications ultérieures.

 

Pochoir. Procédé permettant de colorier des images au moyen d’une feuille de papier ou de carton ajourée selon le dessin à reproduire. L’artiste pose le pochoir sur la feuille à colorier et au moyen d’un gros pinceau met en couleur son image sans craindre de déborder sur les parties non ajourées. Ce procédé a été utilisé notamment dans l’imagerie populaire comme le pratique encore l’Imagerie Pellerin à Épinal dans les Vosges.

 

Poids à la rame. La masse théorique d’une rame de papier, se calcule de la manière suivante :

longueur exprimée en mètre x largeur en mètre x grammage* de la feuille (en g/m2) x 500 = poids en kg.

 

Point de colle. Point d’adhérence entre deux feuilles dû à la présence de résidus de colle déposés incidemment dans la machine à papier*.

 

Pointue (feuille ou bobine).

- Feuille pointue : défaut d’une feuille de papier à la main dont deux côtés opposés sont d’épaisseur différente. Voir andouille*.

- Bobine pointue : défaut d’une bobine dont les deux bords de laize* sont différents en diamètre.

 

Poivrage. Défaut dans le papier parsemé de points noirs. Il s’agit d’impuretés que l’on rencontre plus souvent dans le papier recyclé*.

 

Police. Nom donné à un ensemble de caractères* utilisés pour la composition de textes. Les polices sont constituées de différents corps ou hauteur de caractères. Chaque police est dénommée par un nom propre (Garamond, Arial, Bookmann, etc.).

 

Pontuseaux. Les pontuseaux supportent les vergeures* liées entre elles par un fil de cuivre, ou chaînette, et forment le tamis de la forme* à papier. Le fil de chaîne liant les vergeures aux pontuseaux, ainsi que ces dernières,  se voient par transparence dans le papier  vergé*.

 

Pop-up. Livre qui se déploie en trois dimensions. Ce type d’ouvrage animé a été popularisé par des éditeurs américains dans les années 1960-1970. Voir papier kirigami*.

 

Porosité (d’un papier). Propriété d’un papier ou aptitude plus ou moins importante à laisser passer l’air ou l’eau dans le cas d’un papier filtre pour laboratoire. Normes NFQ 03-075 et 076.

Voir perméance*.

 

Porse. Pile de feutres* et de feuilles dans la fabrication du papier à la main* que le coucheur* constituait au fur et à mesure de son ouvrage. La porse terminée, il était possible de mettre l’ensemble sous presse pour en extraire un maximum d’eau. On donnait également le nom de porse blanche à la pile de feuilles levées des feutres par le leveur* au sortir de la presse. La porse blanche était ensuite emmenée à l’étendoir*. Parfois, pour améliorer l’état de surface des feuilles et donc supprimer le grain du papier donné par le feutre, la porse blanche était mise une nouvelle fois sous presse. Cette opération appelée échange* nécessitait beaucoup d’habileté car les feuilles serrées les unes contre les autres étaient difficiles à lever ensuite. Voir papier de Hollande*.

Seules les plus grandes manufactures produisant des papiers de très hautes qualités pratiquaient cette technique difficile.

 

Porte-pages. Papier plié plusieurs fois sur lui-même que l’on plaçait sous les paquets simplement liés pour les transporter sans accident.

 

Poudrage (d’un papier). Défaut d’un papier occasionné par des particules minérales qui ont tendance à se détacher du support pour se mélanger à l’encre* et se déposer sur le blanchet*. Il est possible de faire un passage en blanc* pour éliminer ces particules. Ne pas confondre avec le pétouillage* ou le peluchage*.

 

Poupée. Nom donné au tampon formé de chiffons et destiné à recevoir l’encre pour la déposer sur la plaque de cuivre en chalcographie*.

 

Pourrissage. Opération effectuée au pourrissoir destinée à désagréger les liaisons inter-fibres des chiffons avant transformation en pâte à papier dans la pile à maillets*.

 

Pourrissoir. Après l’opération de délissage*, les chiffons* étaient mis au pourrissoir pendant 8 à 10 jours, certaines qualités de chiffons nécessitant un temps beaucoup plus long.

Aspergés d’eau, puis retournés régulièrement afin d’uniformiser le pourrissage qui avait comme effet de désagréger les liaisons inter-fi­bres, les chiffons étaient mis ensuite dans  la pile à maillets*.

Sans cette action, il eut été impossible de transformer les chiffons en pâte avec le seul moyen d’une pile à maillets, sauf peut-être à utiliser des chiffons très usagés… Il ne faut pas oublier que la plupart des pattes* ou peilles* ramassées par les chiffonniers étaient à base de lin et de chanvre, matériau beaucoup plus solide que le coton.

Avec l’arrivée de la pile hollandaise*, le pourrissage ne fut plus nécessaire.

 

Poussiérage. Incident à l’impression provoqué par des fibrilles* qui se sont séparées du papier, lors d’une coupe irrégulière en usine ou au massicot*, ou par suite d’une mauvaise cohésion du matelas fi­breux à la fabrication. Les fibrilles vont se déposer au fur et à mesure du tirage sur tous les éléments de la presse, puis se mélanger à l’encre pour finalement se déposer sur l’impression. On constate ce phénomène souvent à l’œil nu mais pour faire la preuve de l’incident, il est préférable de faire un prélèvement sur les blanchets* à l’aide d’un adhésif. Si le papier n’a pas été transformé avant impression par l’imprimeur la responsabilité du phénomène incombe vraisemblablement au papetier. Ne pas confondre poussiérage et pétouillage*.

 

Presse (fabrication du papier). Dans le processus de fabrication du papier à la main*, l’ouvrier coucheur*, une fois sa porse* terminée, pouvait passer son ouvrage en presse. Constituée comme une presse de vigneron, elle était actionnée par les trois ouvriers travaillant à la cuve, l’ouvreur*, le coucheur et le leveur*. Les artisans papetiers actuels utilisent la force d’un vérin hydraulique d’un maniement plus simple. Le résultat est tout à fait identique.

Dans une machine à papier à table plate* ou à forme ronde*, les presses sont placées à différents endroits de la machine. La première presse est située juste après la table plate, au moment où la feuille de papier constituée à 90 % d’eau quitte la toile pour être prise entre deux feutres et passe ensuite dans la pré-sécherie.

 

Presse (impression). Nom commun désignant la machine à imprimer. Depuis la presse de Gutenberg* jusqu’à la plus récente à ce jour entièrement robotisée, on utilise tou­jours le même terme. Il existe des presses mono-couleur, deux, quatre, six et huit couleurs.

 

Presse coucheuse. Voir bill-blade*, lame d’air*,  size-press*, trailing-blade*.

 

Prix (du papier). Au-delà de l’art de faire le papier comme l’indique le titre du merveilleux livre de La Lande*, on a considéré ce matériau, depuis l’avènement du papier en continu au début du xixe siècle, comme une simple matière première, au même titre que d’autres comme le charbon, le cuivre...

Soumis à ce titre au marché où l’offre et la demande sont les vecteurs essentiels d’évolution des prix, les papetiers connaissent depuis cette époque de bonnes et de mauvaises années selon que les hausses ou les baisses des matières premières sont totalement ou partiellement répercutées par les différents intervenants de la filière.

La pression du marché et la concurrence aidant, les variations de prix du papier parfois invraisemblables pour l’imprimeur ou l’éditeur, font partie intégrante de la vie économique d’une papeterie.

Et si, aujourd’hui, on se plaint des brusques mouvements de prix, que l’on soit fournisseur ou client, un retour en arrière de presque deux siècles fournira la preuve qu’il n’y a rien de nouveau sur ce point.

Les premières machines à table plate* installées en France, au début du xixe siècle, provoquèrent une demande inattendue en chiffons dont les cours s’envolèrent pour atteindre en 1826 le prix de 60ᅠF le quintal (chiffon blanc de première qualité). Cette augmentation des cours influa directement sur les prix du papier, le chiffon constituant 50 % du prix de revient.

En 1829, le quintal de chiffon blanc retrouve un niveau normal (!) et s’établit à 35ᅠF (- 42 % !). Cela dure deux ans. Après quoi, à nouveau, les cours s’envolent. Bien entendu, tous les acteurs sur ce marché participent à ces mouvements de prix, en tout premier lieu les chiffon­niers* qui, au cours le plus bas, stockent le plus possible en attendant des jours meilleurs.

Les papetiers également, qui, dans ces années, tentent de stocker leur production profitant du cours du chiffon. Mais les stocks ne peuvent perdurer trop longtemps… et un jour il faut se résoudre à vendre… et la roue tourne.

À cette époque, les papetiers à la main restés fidèles au processus de fabrication traditionnelle, se plaignent des prix pratiqués par les propriétaires “d’usine à mécanique”. Des pétitions sont signées un peu partout en France et portées devant l’administration, en vain.

Les ouvriers papetiers de la région d’Angoulême se concertent en 1831 pour essayer de détruire les machines de la papeterie de Veuze. Il ne faut pas oublier que dans certaines régions traditionnelles, l’arrivée de ces nouvelles machines provoquèrent un chômage important et étaient vues d’un mauvais œil.

Quelques années plus tard, le nombre de machines aidant, la concurrence s’accroît mais la demande s’amplifie également grâce au succès rencontré par les éditeurs qui peuvent proposer des livres à bas prix.

Les papetiers s’engagent alors dans une guerre des prix féroce, ceux notamment spécialisés dans la fabrication de papiers fins destinés à l’écri­ture ou l’impression. Entre 1830 et 1835, le prix de ces papiers chute de 30 % !

Ils doivent trouver de nouveaux marchés et pour cela engagent des “voyageurs”. Ils parcourent la France et l’étranger à la recherche de nouveaux clients. Ils se plaignent (déjà !) des prix pratiqués par leurs concurrents et accusent certains fabricants de brader leur papier.

Extrait du courrier adressé en 1835 par M. Moussier, voyageur de commerce de Strasbourg au directeur de la papeterie de Canson*: “La principale concurrence provient des papeteries de Plainfaing (Vosges) qui brade le Coquille (voir format*) à 11ᅠF” alors que lui-même le propose à 14ᅠF. Il ajoute “de plus, ils utilisent vos genres d’apprêt depuis quelques jours, les affaires sont dégoûtantes et ne sont plus qu’un gaspillage. Il n’y a plus de prix, etc.”.

Les papetiers vont mettre à profit l’arrivée de nouvelles matières premières dont la pâte mécanique* pour réduire leurs coûts. Ils n’hésitent pas non plus à introduire dans la pâte des adjuvants parfois douteux comme du plâtre ! Ce qui, ajouté à un blanchiment par un usage abusif du chlore, rendra ces papiers peu résistants au vieillissement.

 

Production (de papiers). La production de papiers et cartons dans le monde était estimée en 1810 à 10ᅠ000 tonnes, 100ᅠ000 tonnes en 1850 après l’installation des premières machines à papier en continu, puis de 8 millions de tonnes en 1900, 10 millions en 1914 et 19,5ᅠmil­lions en 1928 dont 9 ᅠmillions aux États-Unis.

L’industrie papetière mondiale a produit en 2009, 350 millions de tonnes dont 96,5 millions en Europe et 8,3 millions en France. Source Copacel*.

Les pays producteurs de pâte à papier en tête du classement sont ceux disposant de ressources importantes en matière première comme le Canada, les États-Unis, la Suède, la Finlande, l’Indonésie, le Brésil. Voir CEPI* et Consommation de papiers*.

 

Prote. Expression désignant historiquement le chef d’une imprimerie. On distinguait le prote à manchettes, le vrai chef de l’imprimerie, le prote à tablier qui continue à travailler comme ouvrier, le prote aux gosses responsable des apprentis et le prote aux machines.

 

Pulper ou Désintégrateur. Énor­me mixer destiné à mélanger la pâte à papier ou les vieux papiers avant le raffinage*.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

paperolle

la papeterie d'Essonnes au XIXe

papier à la main vergé

détail d'une gravure sur chirimengami

schéma cylindre frictionneur

papetier japonais et sa forme en bambou

feuille de papier marbré

papier vergé à la main avec ses  bords formes

pile hollandaise d'après Figuier

pile à maillets d'après l'Encyclopédie

platine typographique vers 1930

sens fabrication et bon sens pour le pli

différents types de pliage, parallèle de base à deux plis, accordéon à deux et trois plis, et roulés à deux et trois plis

machine à pochoir 6 couleurs de l'Imagerie d'Épinal - 88

schéma d'une forme à papier

les trois ouvriers importants du moulin, de gauche à droite, l'ouvreur, le coucheur et le leveur

 

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord