Glossaire du papetier

 

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M… “Je peux rien en faire de ce papier, c’est vraiment de la M… !”  Il y a un problème ?

 

Macalon. Casier de tri des chiffons utilisé par les délisseuses*.

 

Machinabilité (du papier). Comme l’imprimabilité*, les caractéristiques physiques du papier déterminent sa machinabilité. Les presses actuelles fonctionnant à des vitesses supérieures à 10 000 feuilles/heure, voire même plus de 15 000 feuilles/heure, obligent le papetier à produire des qualités en adéquation avec les contraintes imposées. On prendra en compte particulièrement sa rigidité*, sa stabilité dimensionnelle, sa résistance à l’arrachage* dans le cas des papiers couchés*.

 

Machine à forme ronde (papier). Machine à papier en continu inventée peu de temps après la machine de Robert* par le mécanicien anglais Bramah et brevetée par John Dickinson en 1809.

Comme son nom l’indique, la feuille de papier se forme sur un tambour dont l’extérieur est constitué d’une toile métallique vergé* ou vélin*. À demi-immergé, il tourne dans la cuve remplie de pâte à papier. Les fibres se déposent sur la surface du cylindre, l’eau s’évacue par l’intérieur.

La feuille ainsi constituée parcourant un demi-tour de rotation est ensuite prise entre les feutres. Sur la toile, il est possible de fixer des filigranes*, voire de fixer sur le cylindre une toile vélin à filigrane ombré*..

Cette méthode de fabrication offre plusieurs avantages dont le plus important est une meilleure répartition des fibres contrairement à la machine à table plate. Son coût nettement inférieur explique qu’elle ait été utilisée par de nombreuses petites papeteries et cartonneries.

Cependant, les limites de vitesse de fabrication et de petites laizes* imposées par cette machine restreignent son usage aujourd’hui à des fabrications de papiers haut de gamme.

 

Machine à table plate dite de fourdrinier ou de didot. Machine à papier où la formation de la feuille se fait horizontalement sur une table plate. La pâte à papier sortant de la caisse de tête* est versée sur une toile sans fin sur quelques mètres à plat. Perdant une majorité de son eau, les fibres* de cellulose s’amalgament et vont constituer la feuille de papier. Cette bande de papier sera reprise entre des feutres pour être pressée et séchée. Louis-Nicolas Robert* est l’inventeur de ce procédé.

En 1827,  les droits d’importation sur la machine à papier mise au point en Angleterre par John Gamble, Bryan Donkin et Fourdrinier furent libres. Les industriels français se précipitèrent pour acheter ou faire construire leur propre machine. En 1830, 31ᅠmachines à table plate fonctionnent en France notamment :

Canson* frères à Annonay (Ardèche),  Jean d’Heures à Lisle-en-Rigault dans la Meuse,  Société Anonyme du Marais* à Saint-Rémy-la-Vanne (Seine et Marne),  Firmin Didot à Mesnil-sur-l’Estrée (Eure), Blanchet et Kléber à Rives* (Isère). Lire Louis André, Machines à papier, Éd. EHESS, un ouvrage qui retrace avec force détails et précisions cette époque où l'industrie papetière naît véritablement.

En 1834, on compte 54 machines à table plate en France, puis 148 en 1840 et 175 en 1855.

Les premiers clients des fabricants équipés de ces machines sont les éditeurs de presse. Ils se contentent de papier de moindre qualité, non collé, mais profitent de la possibilité d’obtenir de nouveaux formats à des prix nettement inférieurs. Du même coup, le prix de ces journaux baisse et permet une diffusion plus large. Les techniques d’impression s’automatisent et participent également à la baisse du prix de revient.

Dans les années 1850, les papetiers subissent de nombreux aléas économiques dans ce marché en plein essor. Le nombre de machines en fonctionnement croît de manière importante, le marché de la presse écrite ne suffisant plus à assurer les débouchés, et les prix* bas pratiqués les obligent à améliorer leur production. Dès lors, quelques fabricants vont orienter leur fabrication vers des qualités plus élaborées, en particulier, les papiers pour impression et écriture. Aujourd’hui, certaines machines à papier tournent à des vitesses de plus de 1 000 mètres par minute dans des laizes* de 8 mètres.

 

Macroporeux ou Macroporosité. Un papier couché est dit macroporeux lorsque sa surface comporte des pores relativement importants, ne permettant pas à l’encre de rester en surface. Il en résulte une impression enterrée et sans brillance. Voir microporeux* et porosité*. Tous les papiers non-couchés sont macroporeux comme le papier bouffant*.

 

Maculage. Phénomène constaté lorsque à l’impression, l’encre se dépose sur la feuille en contact direct avec elle comme le ferait une décalcomanie ! Les causes sont principalement dues à un mauvais séchage de l’encre*, qui lui-même peut être la conséquence d’un excès d’encre, d’une inadéquation entre la qualité de l’encre utilisée et le papier, de la solution de mouillage* en offset* provoquant une émulsion trop importante ou tout simplement d’un manque de temps de séchage avant transformation.

 

Macule. Papier résistant de type papier kraft* traité hydrofuge, destiné à l’emballage du papier enramé*. La qualité du support permet un transport aisé du papier de l’usine au consommateur en le préservant de l’air ambiant.

Voir armure*.

 

Main (feuille). Paquet de 25 feuilles. Les papetières avaient l’habitude de compter les feuilles avec leurs doigts à raison de cinq feuilles par doigt.

 

Main (d’un papier). Rapport mathématique entre le grammage* et l’épaisseur de la feuille de papier. Le rapport peut varier de 0,7 pour un papier super calandré à 2,3 pour un papier bouffant*. On dit qu’un papier a de la main lorsque son épaisseur paraît élevée par rapport à son grammage. Il ne faut pas confondre main et rigidité*d'autant que ces deux caractéristiques sont opposées par principe. Reste pour le papetier à trouver la bonne équation et où commence l'Art de faire du bon papier!

 

Main de passe ou chaperon. Expression inusitée aujourd’hui de même sens que gâche* ou passe*. Main de papier, soit 25 feuilles,  ajoutée par l’imprimeur pour parer aux accidents et se donner la possibilité de garder un exemplaire de l’ouvrage à la confrérie des typographes.

 

Mandrin. Support central en carton de la bobine de papier. À chaque commande de papier en bobine pour rotatives, le client doit indiquer au fournisseur le diamètre intérieur du mandrin accepté par ses machines.

 

Mangeur d’eau. Dispositif sur les presses* offset permettant de réduire le mouillage à certains endroits.

 

Marais (papeteries du). Les premiers moulins du Marais furent construits sur le Grand-Morin dès 1578 près de la Ferté-Gaucher (Seine et Marne). Parmi eux, celui de Sainte-Marie prit une certaine ampleur. En 1785, le propriétaire des papeteries du Marais, Louis Delagarde, devint gérant des papeteries d’Arches* dans les Vosges. Il fonda en 1828 la société des “Papeteries du Marais et de Sainte-Marie” regroupant treize moulins de la région. Pendant la Révolution, les assignats*, la première monnaie papier, sont fabriqués au Marais, à la papeterie de Crèvecœur.

Elle gardera ce savoir-faire pendant de nombreuses années en devenant le principal fournisseur de la Banque de France et de nombreuses administrations françaises. En 1820, une première machine à papier est installée à l’usine de Sainte-Marie. On y a fabriqué jusqu’au début du xxe siècle des papiers pur chiffon reconnus par les lithographes et tailles-douciers.

En 1953, les papeteries du Marais se regroupent avec les papeteries d’Arches et de Johannot* pour fonder le premier groupe papetier d’importance appelé dans un premier temps Arjomarais puis Arjomari* lorsque la papeterie de Rives* le rejoint en 1956.

 

Marge (côté). Bord de la feuille sur la table de marge* de la presse offset, prise en pinces*.

 

Marge (papier). Bord de feuille laissé vierge. Les marges cernent les parties imprimées.

 

Marge (table de). La table de marge située en début de presse* permet de taquer* la feuille avant sa prise en pinces.

 

Maroufler. Action de coller une feuille de papier mince sur un autre support pour qu’ils ne fassent plus qu’un. Le marouflage permet d’obtenir un fond de couleur sur un fond blanc. Si l’on utilise un papier mince de couleur au format de l’illustration, appliqué au préalable ou en même temps que l’impression, l’illusion sera totale.

 

Marque à la molette. Marque en creux sur le bord du papier. Petits rouleaux ou roulettes portant un texte ou un dessin en relief placés dans la partie humide d’une machine à papier et qui, agissant par pression, laissent leurs empreintes dans la bande de papier. Il ne s’agit en aucun cas de filigrane*.

 

Massicot. Machine servant à rogner* le papier inventée par Guillaume Massiquot (1797-1870). Coutelier de métier, né à Issoudun, il a donné son nom à cette machine mis au point en 1848. Actionnée manuellement au départ, elle a été motorisée par la suite pour inté­grer toute la robotique connue aujourd’hui. Le massicot est principalement utilisé par l’imprimeur pour mettre au format le papier avant ou après impression.

Le papetier utilise aujourd’hui des coupeuses* électroniques destinées à mettre le papier au format en partant de bobine-fille*.

 

Mat (couché). Un papier couché* mat peut être brut de machine ou légèrement calandré. Sa brillance* est très faible mais la main* est importante. Le séchage des encres sera plus difficile par nature car les composants auront tendance à se désolidariser. Les rayures dues aux frictions entre les feuilles, notamment au façonnage*, peuvent être évitées si l’on prend la précaution de déposer un vernis* de protection en fin de presse.

Le lissé* d’un support mat est faible, sa rugosité* peut être faible ou importante. Voir la fiche technique du produit avant utilisation pour prendre les précautions qui s’imposent en fonction du travail à effectuer.

Aujourd’hui les papetiers produisent des papiers dits «mats», plus proches des satinés que des vrais mats. Ils répondent ainsi à la demande non exprimée de leurs clients !

 

Maton. Partie indésirable noyée dans la masse du papier lors de sa fabrication. Cela est dû à des dépôts de matière accumulés dans la pile *ou le raffineur*, lors de la fabrication de la pâte, et qui se décollent accidentellement pour venir se fixer sur la bande de papier en formation. Les matons peuvent provoquer de lourds dégâts en presse*. Les différentes parties en pression ne pouvant accepter de sur-épaisseurs sans qu’il n’y ait casses et arrêts de la machine*. Voir larron* et paton*.

 

Meuleton. Machine composée d’un bac en fonte dans lequel tournent deux meules de pierre et qui par frottement et écrasement transforme des vieux papiers en pâte. Ce type d’engin a été mis au point à la fin du xixe siècle. Son usage initial était de transformer de la paille de blé, d’avoine, de seigle en pâte grossière avant de la passer en pile*. Aujourd’hui, on ne rencontre plus guère de machines en fonctionnement de ce type mis à part dans quelques cartonneries artisanales utilisant le papier de récupération comme matière première.

 

Microporeux ou microporosité. État de surface d’un papier couché* permettant un très bon séchage des encres et un maximum d’intensité après impression. La texture de la couche est particulièrement dense et homogène permettant aux encres de se déposer sur le support sans que les pigments ne soient absorbés totalement par la couche. Contraire  macroporeux* et porosité*.

 

Miroir. Effet de brillance sur la tranche d’une pile de papier donné par une coupe massicot*.

 

Mitsumata (edgeworthia chrysantha papyrifera). Fibre* obtenue à partir de l’écorce du mitsumata. Les fibres ont une résistance deux fois et demie supérieure à celles du coton. Le papier obtenu à partir de cet arbuste est mince, résistant dans le temps, aux acides, et les insectes en ont horreur. On s’en sert au Japon pour la fabrication des billets de banque ! Voir aussi kôzo*et gampi*, papier japon*.

 

Möbius, (ruban de). D’une simple bande de papier, il est facile de visualiser la bande de Möbius dans l’espace en lui faisant subir une torsion d’un demi-tour et de coller les deux extrémités.

C’est plus qu’un symbole pour le papier ! Le taux de recyclage en Europe est de 68,9 %.

 

Moine. Endroit sur une feuille de papier imprimée, non touchée par les rouleaux encreurs, ce qui occasionne un blanc à l’impression. Voir larrons*.

 

Moirage. Défaut à l’impression dû à un mauvais repérage des trames*, ou à une absorption irrégulière des en­cres sur des papiers de textures irrégulières. Il y a interférence entre les lignes de trame. L’effet de moirage peut aussi être causé par des conflits entre différents types de trames.

 

Moisissure. Dégât apparaissant sur des papiers mal conservés et dû à des champignons papyricoles se développant en présence d’humidité. Voir aussi rousseurs*.

 

Molette (de marge). Partie intégrante de la table de marge* d’une pressequi entraîne les feuilles vers les taquets*. Les molettes doivent être placées de préférence sur une partie de la feuille vierge afin d’éviter des rayures dans les parties déjà imprimées dans le cas d’impression en plusieurs passages.

Sur les presses de dernière génération à tirage rapide, les molettes ont été remplacées par des systèmes à air comprimé.

 

Monotype. Machine permettant comme la linotype* de composer mécaniquement les caractères typographiques d’un texte. À la différence de la linotype, les caractères restent mobiles et ne sont pas assemblés par ligne.

 

Montgolfier (papeterie de). Voir Canson et Montgolfier*.

 

Mouchoir en papier. C’est au Japon qu’apparaît au IXe siècle les premiers mouchoirs en papier,  appelés «nuigishi» ou papier à essuyer, il sert à essuyer autant le mucus que les larmes, et d’autres choses encore...

En Europe, il a fallu attendre le début du xxe siècle pour que le mouchoir en papier supplante le mouchoir en tissu. La production mondiale est de plusieurs centaines de milliards d’unités par année !

 

Moulin (à papier). Expression indiquant l’endroit où l’on fabriquait du papier. La force motrice nécessaire au fonctionnement d’une papeterie nécessitait l’utilisation de roues à aubes et obligeait leur installation près des cours d’eau. Aux Pays-Bas, les papetiers utilisaient la force éolienne.

Les premiers moulins à papier en France furent créés dans le courant du xive siècle en Auvergne, dans la région de Troyes en 1348, dans l’Essonne en 1354 puis en Angoumois, dans les Vosges au cours du xvie siècle.

L’essor de l’imprimerie provoqua une demande importante et par suite de nombreux moulins se créèrent dans toutes les régions On mentionne 66 moulins à papier au début du xviie siècle en Angoumois, 57 en Auvergne.

La guerre de Trente Ans, (1618-1648) mit fin au développement de cette industrie dans les Vosges, et des 30 moulins existant dans cette région, il n’en restera que 5 après la guerre.

Les Hollandais ayant importé le savoir-faire, améliorèrent fortement les procédés de fabrication et imposèrent leur fameux papier de Hollande*. Par là suite, les moulins prospérèrent jusqu’au début du xixe siècle. Certains ayant acquis une forte réputation pour la qualité de leurs fabrications comme à Annonay* avec les Montgolfier*, ou à Rives* avec la famille Blanchet, ont su s’adapter aux évolutions techniques.

Aujourd’hui, il reste quelques moulins à papier en Europe, notamment en France, à Ambert (63), le moulin Richard de bas, à Puymoyen (16) le moulin du Verger, le moulin du Got à saint Léonard de Noblat (87), le moulin de Brousses à Brousses et Villaret (11), le moulin de Larroque à Couze (24) et récemment un nouveau moulin à Pérouges dans l'Ain vient de démarrer une nouvelle production.

Ils perpétuent une tradition artisanale dans le souci de satisfaire une clientèle recherchant des papiers différents de ceux proposés par l’industrie. Ces moulins se visitent et permettent de mieux comprendre la fabrication du papier à la main*. Voir les liens proposés pour mieux les connaître.

 

Mouillage (à l’alcool). Mélange d’eau et d’alcool isopropylique utilisé comme eau de mouillage en offset. Ce type de solution améliore la définition du point de trame*.

 

Mouillage (à l’eau). La technique de l’offset humide impose l’utilisation d’une eau traitée . L’eau de mouillage est la source de nombreuses difficultés en offset. L’eau se caractérise par son pH*, sa dureté, sa tension superficielle et sa conductivité. Des variations de pH peuvent entraîner des différences de rendu d’impression. Différentes solutions de mouillage permettent d’améliorer la régulation de l’eau afin d’obtenir un meilleur rendu* d’impression.

 

Mouillage (contrôle du pH). Le contrôle de l’eau de mouillage et particulièrement de son pH* permet d’éviter certains phénomènes de mauvais séchage, de maculage*, de refus d’encre, de peluchage*.

 

Mouilloir. Cuve où le sallerand* plonge les feuilles de papier préalablement séchées dans un bain chauffé d’eau et de gélatine destiné à encoller chaque feuille au recto comme au verso.

 

Mouillure. Tache roussâtre dans le papier causée par l’humidité, principale cause de vieillissement des papiers. Voir piqûre*.

 

Moutonnage. Ce Phénomène est ob­servé à l’impression lors d’une absorption irrégulière de l’encre. On constate une variation de rendu, notamment dans les aplats ou les tramés.

La cause en est fréquemment due au papier dont la structure de la couche* n’est pas régulière. Voir microporeux* et macroporeux*

 

Mule. Dans la fabrication du papier à la main*, planche de bois sur laquelle le coucheur* place ses feutres.

 

Multijet. Papier fabriqué sur une machine à papier constitué de plusieurs jets de pâte. Cette technique permet de produire un matelas fibreux composé de différentes couches de fibres qui, ensemble, constitueront un produit aux caractéristiques techniques particulières.

 

Mûrier. Broussonetia Papyrifera ou Arbre à papier. Voir kôzo*.

 

Mwc. Type de papier couché* deux faces. Medium weight coated,  papier de grammage 70  à 170 g/m2  et couché 12 à 20 g/m2 par face.

 

Noir au blanc. Expression désignant une impression d’un texte ou d’un dessin apparaissant en blanc sur un fond noir ou de couleur. On utilise aussi le terme de texte en réserve*.

 

Nuigishi. Voir mouchoir en papier*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

machine à table plate début XIXe d'après L.Figuier

machine à double toile duo-former 1970

massicot vers 1910

meuleton début XXe

mitsumata

moulin Richard de Bas - Ambert - 63

moulin du Verger - Puymoyen - 16

machine à table plate type Fourdrinier

mouilloir d'après Diderot

schéma machine à forme ronde

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord