Glossaire du papetier

 

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Laize. Largeur de la machine à papier, de la bobine mère* ou de la bobine fille*.

 

La lande (François-Jérôme de 1732-1807). Auteur notamment de l’ouvrage “L’Art de faire le papier” paru à Paris chez Desaint et Saillant en 1761. Cet ouvrage définit précisément les procédés et les outils utilisés à l’époque dans les différentes régions papetières de France, mais aussi en Chine et au Japon.

Il reprend en totalité l’édit du roi de 1741 (voir format*) précisant les conditions de fabrication et de vente du papier. Les gravures illustrant l’ouvrage proviennent pour partie d’un ouvrage antérieur de M. Desbillettes paru en 1698. La papeterie de Langlée près de Montargis, construite par le Duc d’Orléans, représentée avec force détails et tenant lieu d’établissement de référence, est identique à celle que l’on voit dans l’Ency­clopédie de Diderot et d’Alembert (1751-1772).

 

Lame d’air. Procédé de couchage où une lame d’air régularise et lisse la couche* déposée sur le papier.  Cette technique permet l’utilisation de couches plus fines que celles employées par le trailing-blade* ou le jet-o-blade*.

Ce système de couchage est notamment employé pour la fabrication du papier couché double couche*. Le couchage lame d’air venant se superposer à une première couche déposée et lissée par une autre machine notamment la size-press*.

 

Laminoir. Machine de même type que la lisse* destinée à glacer et uniformiser  les deux faces du papier. On met celui-ci entre deux plaques de zinc que l’on passe entre les deux cylindres. Par la pression exercée, et au contact du métal, le grain naturel du papier disparaît, l’état de surface devient parfaitement lisse.

 

Lana (papeterie de). Située sur le ruisseau du Barba à Docelles dans les Vosges, cette papeterie daterait de la fin du xvie siècle. Nicolas Krantz et ses descendants Claude et Claude-Nicolas furent les plus illustres propriétaires de ce moulin pendant près de 140 ans à partir de 1782.

En 1914, l’usine s’arrêta et les machines furent vendues en 1915. Maurice Lécole, ingénieur papetier,  relança la production à partir de 1922.

Célèbre pour la qualité de ses papiers chiffons, dont le Lana-Gravure ou le Lana-Édition, utilisés par de nombreux graveurs et éditeurs, l’usine a fermé ses portes dans le courant de l’année 2000, après sa reprise en 1995 par le premier groupe mondial, International Paper*. Peu de temps après, l’usine de La Robertsau (Bas-Rhin) appartenant par le passé au même groupe, spécialisée dans les papiers fins, délocalisait l’ensemble du matériel pour le réinstaller à Strasbourg et poursuivre la fabrication des qualités pour l’édition et la gravure qui avaient fait la réputation de Lana.

De nouvelles difficultés entraînent Lana à un dépôt de bilan en 2006. Le savoir-faire est repris par la société allemande Hahnemühle en début d’année 2007 qui poursuit la fabrication des papiers destinés aux Arts Graphiques.

 

Lancey (papeterie de). Voir Bergès Aristide*.

 

Larron. Parcelle de papier volante ou défaut dans le papier provoquant un manque à l’impression appelé aussi fenêtre* ou moine*. Voir maton*.

 

Lessiveur. Récipient étanche permettant la cuisson des matières premières dans le procédé de fabrication de la pâte chimique*. Cet appareil est capable de résister à des pressions de 6 à 10 bars et à des températures de 140 à 170ᅠ°C.

 

Leveur. Ouvrier chargé dans un moulin* à papier de “lever” des feutres* les feuilles encore humides au sortir de la presse. Cette opération délicate nécessitait une certaine dextérité pour éviter une gâche trop importante. L’ensemble des feuilles humides mises en tas s’appelait une porse* blanche.

Il pouvait être aidé par un apprenti, que l’on appelait le vireur*, chargé d’ôter les feutres au fur et à mesure et de former un nouveau tas à destination du coucheur*.

 

Lfc(papier). Light Free Coated ou papier léger non couché. Papier destiné à la réalisation de liasses en continu  utilisées notamment en informatique. Ces liasses se présentent pliées en accordéon* ou en paravent présentant des petits trous de chaque côté appelés "bande Caroll". Ils assurent l'entraînement du papier dans les machines d'impression laser ou jet d'encre. Après impression, la bande Caroll peut être détachée car micro-perforée.

 

Liasse. Voir LFC ci-dessus.

 

Lignine. Polymère dur et cassant mélangé aux fibres* de cellulose qui assure au bois sa cohésion et sa rigidité. Cette matière doit être éliminée des fibres chimiquement car elle donnerait un papier fragile et peu résistant au vieillissement. Voir pâte chimique*.

 

Lin (linum). Matière première utilisée dans la fabrication du papier depuis son développement en Europe. Cultivé dans nos régions, le lin aura été pendant longtemps la fibre* principale du papier chiffon*. La fibre de lin est particulièrement appréciée des papetiers, c’est une fibre longue, résistante, qui peut se travailler longtemps. La fibre de coton l'a remplacée mais sans en avoir les mêmes propriétés.

Aujourd’hui, compte tenu des coûts élevés de production, le lin (avec le chanvre*) est utilisé dans la fabrication de papiers spéciaux comme le papier à cigarettes*, le papier monnaie*.

 

Linéature. Nombre de lignes par pouce ou par centimètre d’une trame*. La linéature d’une trame est choisie en fonction du rendu souhaité, du support utilisé et du type d’impression choisi. Plus la linéature est fine, meilleure est la définition du point de trame.

 

Linotype. Machine inventée à la fin du xixe siècle permettant en une seule opération de composer les lignes de caractères* typographiques d’un texte à reproduire au moyen d’un clavier et de fondre les caractères correspondants à l’aide de matrices. D’où son nom également de machine composeuse-fondeuse ligne-bloc. Voir monotype*.

 

Linters. Fibres textiles trop courtes pour la filature et utilisées en papeterie pour la fabrication de papier chiffon* ou pur fil* voire mélangées à d'autres fibres pour en améliorer la qualité. Les linters sont livrés au papetier sous forme de feuilles très épaisses et mises directement dans le pulper* ou la pile hollandaise*.

 

Lissage. Opération permettant d’atténuer ou de supprimer les irrégularités de la bande de papier en fin de fabrication. Voir lisse*.

 

Lisse. Laminoir* équipé de deux cylindres en fonte entre lesquels l’artisan papetier passe les feuilles une à une afin de satiner le papier et atténuer le grain naturel dû aux feutres et au séchage à l’air. Avant l’invention de cette machine vers la fin du xviiie siècle, le lissage était réalisé au moyen d’une pierre lisse que les ouvrières passaient sur les feuilles mais qui pouvait être mécanisée.

Sur les machines à papier, la lisse est constituée de plusieurs rouleaux entre lesquels passe la bande papier.

Voir calandre*.

 

Lissé (du papier). Valeur déterminée en laboratoire prenant en compte l’état de surface du papier. La mesure du lissé est obtenue à l’aide de l’appareil Bekk* et s’exprime en secondes. Plus le chiffre indiqué est élevé, plus le papier est satiné ou glacé. Norme NF Q 03-012. Contraire rugosité*.

 

Lithographie. Aloys Senefelder* inventa en 1796 un procédé d’impression qui utilisait une pierre calcaire comme report de textes ou d’images. Ce procédé est l’ancêtre de la technique offset*. La lithographie est aujourd’hui réservée à l’impression d’œuvres artistiques.

 

Lithographique (pierre). Du grec lithos, pierre. Pierre calcaire au grain très fin utilisée en lithographie pour le report du dessin ou du texte. Dans le cas d’impression lithographique en plusieurs couleurs il sera nécessaire d’utiliser une pierre pour chaque couleur.

 

Litige. Mot à éviter. Il est préférable de dire qu’à toute question posée on saura trouver une solution.

 

Livre. Ensemble de feuillets* ou de cahiers* assemblés facilitant la lecture, la consultation, la recherche et la manipulation. Issu du volumen* et plus particulièrement du codex* qui révolutionnait déjà en son temps le moyen de transcrire la pensée, le terme «livre» reprend l’ensemble des différents moyens imaginés par l’homme pour transmettre ses idées.

Qu’il soit livre saint ou sacré, livre d’heures, d’artiste, de poche, livre de raison, animé ou pop-up*, grand livre, livre ancien, le papier est plus que jamais le matériau indispensable à sa fabrication. Face à l’ère du livre numérique, le livre papier demeure une valeur sûre, pratique, économique et écologique. Voir E.book*.

 

Longueur de rupture. Voir résistance à la rupture*.

 

Lorilleux, Pierre. Premier fabricant d’encre* industriel. Il créa son entreprise en 1818  à  Paris, 16, rue Suger. Les commencements furent douloureux. Imprimeur de métier et par conséquent à même de pouvoir discuter utilement avec ses anciens confrères, Pierre Lorilleux parvint à convaincre ses anciens confrères d'utiliser ses encres. Il installa le 5 mai 1824, après y avoir été autorisé par une ordonnance du roi, une fabrique d'encre d'imprimerie au moulin à vent de Chante-Coq, sur les hauteurs de Puteaux.

 

Lottinoplastie. Procédé de moulage en papier inventé en 1842 par Lottin de Laval (1810-1903). On applique sur une forme en creux ou en relief, des feuilles de papier peu collées et humidifiées, de la pâte à papier mêlée de colle forte et de  cire. On extrait après séchage un moule rigide dans lequel on peut ensuite couler du plâtre, et obtenir une copie conforme à l’original. Ce procédé a été utilisé pour la fabrication des clichés typographiques.

 

Lwc. Light Weight Coated, type de papier couché* mince, inférieur à 72ᅠg/m2, couché 7 à 10 g par face. Type de papier particulièrement adapté à la fabrication de catalogues, de documents publicitaires pour les grandes surfaces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

papeterie Lana à Docelles - 1926

linotype

lisse

le livre

Pierre Lorilleux

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord