Glossaire du papetier

 

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Gâche. Quantité de papier non utilisable pour cause de défaut à la fabrication ou à l’impression. Voir aussi cassé*, cassés* et passe*.

 

Gampi (wickstroemia sikokianum). Cette plante pousse dans les pays chauds et humides de l’Asie comme le Japon. C’est l’écorce qui est utilisée pour fabriquer un papier très lissé*, avec des reflets brillants et doux au toucher. Même dans de très faibles grammages (inférieurs à 40 g/m2) le papier est très résistant. Il se prête parfaitement à la calligraphie et est utilisé également en restauration, compte tenu de sa solidité, de sa transparence et de sa résistance aux insectes. La culture du gampi est hasardeuse contrairement à celle du kôzo*. Les papetiers doivent se reporter sur une production sauvage, ce qui explique sa rareté. Voir papier torinokogami*

 

Garde (page de). Feuille placée au début et à la fin de l’ouvrage, non imprimée. Elle peut être blanche, de couleur, marbrée ou fantaisie. C’est à la reliure que la page de garde est placée entre la couverture et le corps de l’ouvrage. La fausse garde sert de protection au livre avant qu’elle ne soit enlevée et remplacée par la garde définitive lors de la fabrication.

 

Gaufrage. Relief ou creux réalisé dans le papier par pression entre deux formes, l’une en relief, l’autre en creux. Dans certains cas de gaufrages peu marqués, il est possible de réaliser cette empreinte avec une seule forme. Un papier à fibres* longues conviendra mieux à cette opération. On veillera également à ce que le support ne soit pas trop sec.

 

Gaufrer. Marquer par pression le papier pour lui donner du relief.  On préférera pour un rendu aussi parfait que possible, un papier à fibres longues, de grammage élevé.

 

Gélatinage. La gélatine servant de base à l’encollage* en surface des feuilles a été depuis les origines de la fabrication du papier le seul produit utilisé pour imperméabiliser le papier et ainsi, le rendre apte à l’écriture.

Pour fabriquer la colle, on utilisait des rognures de peaux ou de cuir, (appelées retailles), les oreilles, les pieds et tripes de toutes sortes d’animaux sauf du cochon. La plus belle colle était faite à partir d’arêtes de poisson. Cette matière était mise à chauffer pendant plusieurs heures avec de l’eau afin d’en extraire, après filtrage, la gélatine.

Les feuilles une première fois mises à sécher, étaient trempées par le saleran* dans ce bain de colle, puis pressées et remises au séchoir*. À l’arrivée des machines à papier en continu, les papetiers ont dû remplacer la gélatine par la colophane*, passant ainsi d’un collage en surface à un collage dans la masse. Voir collage*. Aujourd’hui, quelques fabricants encollent à la gélatine pour la réalisation de papiers haut de gamme, notamment les papiers aquarelle à grains.

 

Glaçage. Terme technique inutilisé aujourd’hui, on parle de calandrage. Voir calandre*, lisse*. De même, on ne dit plus papier glacé, mais papier calandré, ou supercalandré, plus précisément, papier couché brillant* ou cast-coated* ou papier couché sur chrome. À l’origine, le glaçage était réalisé par l’imprimeur au moyen d’une presse. Les feuilles de papier humidifiées étaient placées entre des feuilles de métal poli, et passées en pression plusieurs fois, jusqu’à obtenir l’état de surface souhaité.

 

Godée (la). Forme défectueuse gauche et ridée que prend parfois la feuille de papier lorsqu’elle est mise à sécher sur les cordes de l’étendoir* du moulin.

 

Gondolage. Le terme de gondolage, assez vague, définirait l’état d’une feuille de papier déformée après transformation, mettant en cause l’utilisation qui en a été faite plutôt que le papier lui-même.

S’il s’agit de l’aspect d’une feuille de papier après une reprise ou une perte d’humidité, on préférera utiliser les dénominations plus précises de curl* ou de tuilage*.

 

Goutte d’eau. Marque dans le papier due à une goutte d’eau tombée sur la feuille lors de sa fabrication. Voir éclanche*, triage*.

 

Gouverneur. Ouvrier chargé de la conduite des piles à maillets* ou piles hollandaises*. Le gouverneur pouvait être dans certains moulins le responsable de la production, voire le patron de l’entreprise. Il avait sous ses ordres, l’ouvreur*, le coucheur*, le leveur* et le saleran*.

 

Grain (du papier). État de surface du papier où l’aspect se présente sous forme de petits grains, d’irrégularités, d’aspérités plus ou moins prononcées. Cet état de surface est constaté sur un papier brut, non calandré, ni surfacé. Ce grain est particulièrement recherché sur les papiers pour le dessin et l’aquarelle. Il s’obtient par l’emploi d’un feutre de couchage épais en laine et un séchage à l’air libre.

 

Graissage. Défaut à l’impression où l’encre se dépose sur des parties non imprimables. Les causes peuvent être dues à un papier dont la couche ou le surfaçage est défectueux, mais également, le plus souvent, à l’encre ou l’eau en offset*, voire l’équilibre eau-encre.

 

Grammage. Masse d’une feuille de papier exprimé en grammes par mètre carré. Norme NF Q 03-019, le code des usages* européens précise les tolérances de grammages.

Dans la fabrication du papier à la main*, l’ouvreur devait veiller à ce que les feuilles sortant de sa cuve soient au grammage souhaité, en compensant régulièrement par de la pâte provenant de la pile. Autrement dit, il devait remettre toutes les dix à vingt feuilles autant de pâte à papier que celle utilisée pour la fabrication de ces feuilles. Dans le cas contraire, les feuilles d’une même porse* pouvaient varier énormément en grammage et provoquer beaucoup de déchets.

La densité de pâte dans la cuve et la hauteur de la couverte* font varier le grammage. Dans la fabrication du papier en continu, la densité et le réglage du débit de la pâte mélangée à l’eau au niveau de la caisse de tête* font varier le grammage. Voir Force*.

 

Grammer. Peser le papier pour connaître sa force au m2. Il existe des balances adaptées à ce contrôle où il suffit de mettre un échantillon de 10 x 10 cm pour avoir immédiatement la masse au mètre carré. En cas de contestation sur le grammage livré, il est nécessaire de multiplier les essais en prélevant des échantillons sur plusieurs feuilles.

 

Grand papier. Expression utilisée par l’éditeur d’art précisant que l’ouvrage est imprimé sur un papier de qualité par différence avec l’édition courante. Il s’agit de faire valoir à l’amateur ou au bibliophile, que le tirage sur grand papier est d’une qualité supérieure, d’un nombre d’exemplaires moindre, justifiant un prix plus élevé.

 

Grecquage. Entailles réalisées à l’aide d’une scie sur le dos d’un livre avant sa reliure et permettant le passage des nerfs ou fils de couture reliant les différents cahiers*.

 

Gros bon. Avant la Révolution Française, nom donné à une catégorie de papiers de qualité médiocre.

 

Gutenberg (hans-johannes gensfleisch, dit) 1394-1468. Fils d’orfèvre, il n’ignorait rien de la gravure. On le désigne comme l’inventeur de l’imprimerie à caractères* mobiles ou typographique*.

Il mit au point avec l’aide de Johann Fust et Pierre Schoeffer les premiers caractères mobiles en alliage de plomb et d’antimoine vers 1450.

Il publia en 1447 le Calendrier Astronomique, avant 1450 le Missel de Constance, les Lettres d’indulgence de 1454 à 1455, et enfin la Bible dite de quarante-deux lignes entre 1450 et 1456. Cet ouvrage est considéré aujourd’hui encore comme le livre de référence. Une équipe de 20 personnes fut employée à sa réalisation, et Gutenberg dut réaliser plus de 290 poinçons différents. Il fut tiré à 180 exemplaires dont 150 sur papier et 30 sur parchemin*,  seuls 48 subsisteraient aujourd’hui.

Avec cette édition, H.-J. Gutenberg démontra à ses contemporains les possibilités qu’offrait cette technique et nombre d’imprimeries se créèrent un peu partout en Europe. Facilitant la diffusion des connaissances et des découvertes scientifiques, le livre fut source de progrès social.

 

Héliogravure. Procédé industriel de reproduction, dérivé de la chalcographie* ou gravure sur métal. Si dans un passé récent, on pouvait voir encore quelques presses héliographiques pour l’impression de papiers en feuilles, aujourd’hui l’impression hélio est réservée aux rotatives.

Cette technique permet de concurrencer l’offset* à condition d’utiliser des machines permettant l’impression dans des laizes de 2 à 3ᅠm et tournant à des cadences très importantes. La mise en œuvre est plus conséquente qu'en offset. L'impression héliographique est utilisée principalement pour les gros tirages comme les catalogues, les revues, les hebdos que l'on trouve dans les kiosques.

 

Hirondelle. Dans le cas d’impression en quadrichromie*, les hirondelles ou traits de repères permettaient à l’imprimeur de positionner précisément les films de chacune des couleurs.

 

Hot-melt (colle à chaud). Type de colle utilisée pour la réalisation de papiers adhésifs et l’étiquetage des papiers pour bouteilles.

 

Humidité (perte d’). Les fibres de cellulose sont hygroscopiques, et à ce titre interagissent avec l’air ambiant. Un papier perd de l’humidité lorsqu’il se trouve dans un milieu où le degré hygrométrique est inférieur au sien, soit 50 % à une température de 20° C.

Cette perte d’humidité dans une pile de papier va s’opérer en premier lieu par les bords, parallèlement au sens fabrication*, provoquant un tuilage*. On peut consta­ter également la formation de poches*.

 

Humidité (reprise d’). À l’inverse d’un papier qui perd son humidité pour cause d’air ambiant trop sec, les fibres vont réagir en sens inverse lorsque le degré hygrométrique* de l’atmosphère qui l’entoure est supérieur à 60 % à une température de 20ᅠ°C. Cette reprise d’humidité s’accompagne d’un allongement des fi­bres de cellulose* et par conséquent de la feuille de papier.

Cet allongement s’opère en premier lieu sur les bords provoquant un frisage* ou tuilage*, voire du gondolage*.

 

Humidité du papier (contrôle de l’). Le contrôle du taux d’humidité d’un papier à la fabrication est indispensable à une bonne utilisation de ce dernier. La quantité d’eau contenue dans un échantillon est exprimée en pourcentage. Norme NF Q 03-003. Voir aussi degré hygrométrique.

 

Hygrométrique (degré). Souvent appelé humidité relative, le degré hygrométrique est le rapport expri­mé en pourcentage de l’humidité contenue dans 1 m3 d’air à température constante, à 100 %, il y a saturation. Pour le papier, on considère qu’il est en équilibre avec l’air extérieur lorsque l’humidité, tant celle contenue dans l’environnement extérieur que dans les fibres*, est comprise entre 50 et 60 % de degré hygrométrique à une température de 20ᅠ°C environ. Dans ces conditions, on dit que le papier est stabilisé.

Tant le fabricant que l’utilisateur sont tenus de veiller à ce que ces conditions soient respectées afin d’éviter une quelconque déformation du support. Il est possible de contrôler la température et l’humidité relative de l’air ambiant et du papier à l’aide d’un humidimètre appelé sabre*.

 

Hwc. Type de papier couché* deux faces. Hight Weight Coated ou papier couché lourd, soit de 20 à 30ᅠg par face.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le gampi

papier gaufré IPH

balance papier

Hans-johannes Genfleisch

perte d'humidité

reprise d'humidité

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord