Glossaire du papetier

 

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fibre de cellulose-côté-transversale

Fabrication (chef de). Respon­sable chargé de veiller à la bonne marche de l’atelier de fabrication en imprimerie.

 

Fabrication (papier en). Appel­lation donnée à un papier commandé à l’usine dans un format* ou tout autre spécification particulière hors les standards habituels. La commande fabrication exige des quantités importantes et un délai.

 

Fabrication (sens de). Voir sens*. Dans la fabrication du papier en continu les fibres de cellulose, plus longues que larges, ont tendance, sous l’influence de la vitesse de la toile, à se diriger majoritairement dans le sens de fabrication ou sens machine*.

Les conséquences de cet état de fait sont à prendre en compte à l’impression et au façonnage*. L’imprimeur (feuilles) doit commander son papier en précisant le sens souhaité. Généralement, le premier chiffre indiqué dans une commande de papier en format correspond au sens travers et le deuxième au sens fabrication, exemple : 45 x 64 cm. Les fibres sont donc parallèles au grand côté.

Dans le cas contraire, la commande serait passée en 64 x 45 cm. On admet aussi l’écriture suivante :

45 x 64 cm avec un tiret supérieur sur 45 pour indiquer que les fibres devront être parallèles à 45 cm. Dans la fabrication du papier à la main* ce problème n’existe pas, les fibres sont orientées dans les deux sens de la feuille.

 

Face du papier. Voir côté toile* et côté feutre*.

 

Façonnage. Opération finale après impression, réalisée par l’imprimeur dans certains cas ou par une entreprise spécialisée qui la plupart du temps réalise également des travaux de brochage* ou de reliure*.

Cette dernière étape consiste à reprendre les éléments du tirage pour les transformer en cahiers* puis les assembler et les relier pour en faire un livre, une revue.

 

Fantôme (effet). Phénomène constaté sur des supports imprimés après séchage et mis en pile. L’encre* traversant le support produit au verso du papier un effet d’image fantôme jaunâtre. Ce type d’incident qui intervient de manière aléatoire est toujours attribué au fabricant d’encre ou au papetier sans que l’on sache qui réellement des deux est responsable.

 

Fausse page. Page de gauche d’un livre ou d’un cahier*. Voir page*.

 

FCR. Acronyme de fibres de cellulose recyclées.  Matière première issue de la collecte des vieux papiers, destinée à être recyclée.

À distinguer des chutes de papeterie ou le "cassé"* qui est  remis en fabrication mais qui n’ont pas été utilisés. Le papier fabriqué avec des cassés n’est pas un recyclé.

 

Fenêtre. Voir moine*.

 

Ferlet ou Frelet. Outil en bois en forme de T ou croix de saint André. Il servait aux ouvrières d’un moulin pour prendre les feuilles humides et les déposer sur les cordes. Voir étendoir* et tau*.

 

Fermé (papier). Expression précisant à l’imprimeur que le support nécessitera en presse* une attention toute particulière. En effet, un papier fermé n’absorbera que très peu l’encre. C’est le cas notamment des papiers couchés sur chrome* ou tout autre papier dont l'état de surface est peu ou pas poreux.

Il sera nécessaire d’utiliser des en­cres à oxydation rapide, d’imprimer à des cadences moins élevées et de ne pas constituer de hautes piles en sortie machine.

 

Fesse. “En 1538, l’Université de Paris demande qu’il soit défendu aux papetiers jurés de la ville de Troyes de faire ou exercer un autre état de marchandise que le dit fait de papier et ouvrer par leurs gens et serviteurs, selon l’ordonnance et l’expresse limitation du privilège de l’Université, et qu’il soit enjoint, sous peine de confiscation, de le faire bon, loyal et marchand, de la quantité qu’il doit, et de mettre en chaque fesse 60 rames et en chaque rame 20 mains, sans mêler le dit papier et y mettre des feuilles vicieuses et de mauvais papier avec les bonnes, et de n’user de marques contrefaites, le tout sous peine de punition corporelle et de confiscation de marchandise”.

Le Clert Louis, Le Papier à Troyes et aux environs, Éd. Pégase 1926.

 

Feuille à feuille. Terme désignant historiquement le papier fabriqué à la forme*, feuille à feuille.

Le format de la feuille à la fabrication, conditionnait son utilisation future. Utilisée plein format elle était in-plano, pliée en deux in-folio, etc. Voir format*.

Depuis l’apparition du papier à la mécanique, les feuilles sont mises au format souhaité par l’utilisateur par découpe sur des coupeuses ou trieuses-coupeuses*. Les contraintes dues au format ne sont plus liées à sa fabrication, mais par les machines d’impression ou de façonnage.

 

Feuille (de cellulose). Terme général définissant un morceau ou une partie d’un élément utilisé pour l’écriture ou l’impression. La feuille peut être à plat, ou partie d’une bobine.

La feuille est muette quand elle ne supporte qu’une illustration sans texte, volante quand elle est insérée dans un cahier, de gâche ou de passe à l’impression sur machine, blanche quand l’auteur cherche son texte, de décharge car placée entre deux feuilles imprimées pour éviter le maculage*, de chou pour les journaux sans importance, de malheur celle qui sera mal imprimée quoi qu’il arrive.

Le comptage des feuilles à la fabrication se fait au mille de feuilles. Le poids des mille de feuilles selon le format et le grammage servent de base de calcul pour la détermination du prix de vente ou d’achat. On parle de poids théorique et non de poids réel. En effet, il n’est pas tenu compte des variations éventuelles de grammage et donc de poids final, tant que celles-ci sont en deçà des limites définies dans les conditions générales de vente de la papeterie. Voir quantité de papier à commander*.

 

Feuillet. Le recto et le verso d'une feuille, de la page d'un livre, mais aussi petite feuille ou élément d’un cahier. On lit les pages d'un livre mais ce n’est pas la page d’un livre que l’on tourne mais le feuillet !

 

Feuillus (pâte à papier de). Pâte à papier* réalisée à partir de bois feuillus comme le bouleau, le hêtre, le peuplier, etc.

La fibre* de bois feuillus est courte et ne permet pas la fabrication de papiers nécessitant des caractéristiques de résistance et de rigidité importantes. Elle convient bien  à la réalisation de supports nécessitant par exemple un lissé* ou un épair* très régulier. Son coût est moins élevé que la fibre extraite des résineux*.

En fait, peu de papiers sont issus d’un seul composant et l’art de faire le papier commence dans le choix des fibres afin d’obtenir en final le papier convenant à une application précise.

 

Feutre (machine à papier). Les feutres servent à transporter la bande de papier dans les presses et dans la sécherie* d’une machine à papier* et absorber l’humidité résiduelle.

 

Feutre (papier à la main). Tissu en laine que le coucheur* mettait entre chaque feuille pour assurer son égouttage. La pile de feuilles et de feutres, ou porse*, était mise sous presse avant d’être confiée au leveur*. Voir aussi quet*.

 

Fibre. Les fibres constituant les pâtes à papier* sont d’origine végétale. Ces fibres sont les éléments constitutifs de la plante. Au cours de la croissance des végétaux, les cellules sécrétées par des enzymes deviennent à la mort de celles-ci, du glucose, de l’amidon, de la cellulose*, de la lignine*, des résines, des cires, etc.

L’association des molécules de cellulose donne naissance aux fibres qui existent dans les végétaux en quantité et en dimensions variables selon le végétal.

 

Fibrille. Aspect chevelu donné aux fibres après le raffinage*. Les fibres de cellulose constituées de filaments plus longs que larges, vont être comprimées afin de les élargir et augmenter leur surface d’adhésion. La fibrillation est l’opération qui consiste à détacher partiellement les filaments de la fibre en lui donnant ainsi un aspect chevelu.

 

Fil d’eau. Fil de cuivre ou de laiton, fixé sur la forme* permettant de fabriquer deux ou plusieurs feuilles par simple division du format. On obtient ainsi des feuilles avec des bords forme* comparables à ceux obtenus habituellement. La hauteur du fil d’eau fixé sur la forme empêche à cet endroit les fi­bres de s’y agglomérer.

 

Filigrane. Le filigrane ou marque d’eau est le motif que l’on peut voir en observant une feuille de papier par transparence. Apparus à la fin du XIIIe siècle, les filigranes nous permettent de dater et de fixer les origines des papiers fabriqués depuis cette époque. Voir le recueil classique de Charles-Moïse Briquet*.

Le fil de cuivre ou de laiton fixé sur la forme* à papier empêche les fi­bres mélangées à l’eau de s’égoutter aisément. Il en résulte, précisément selon le dessin du filigrane, une moindre densité de pâte à cet endroit, qui se laisse voir par transparence.

Ajoutons qu’un filigrane réalisé dans un papier à l’épair* clair sera beaucoup plus net dans ses contours et plus lisible aussi.

Les marques d’eau utilisées dans le passé constituent un bestiaire fantastique mêlé à un univers de symboles comme la main ou le chiffre 4, la fleur de lys et la couronne royale, agrémenté des initiales de l’ouvreur* ou du propriétaire du moulin. Certains symboles ont servi à désigner nommément le format* du papier comme la grappe de raisin, le soleil, le pot, etc.

Le décret de 1741 obligea les papetiers à mettre en filigrane dans chaque feuille le nom de leur province, le millésime et leur nom afin d’authentifier et de garantir la provenance du papier. Cela n’empêcha nullement les contrefaçons et seules les initiales subsistèrent.

À l’avènement de la machine à papier ou machine à table plate*, le filigrane disparut faute de pouvoir être fixé sur une toile sans fin. Mais rapidement, et pour valoriser le “papier à la mécanique” on imagina un procédé consistant à fixer sur le rouleau égoutteur un fil de laiton ou de cuivre qui, agissant par pression sur la feuille encore humide, laisse sa marque visible par transparence.

Voir filigrane ombré*, rouleau filigraneur*.

 

Filigrane à sec. Technique permettant, au moyen de produits chimiques, de rendre transparent le papier à l’endroit souhaité, imitant ainsi l’aspect d’un véritable filigrane.

 

Filigrane centré. Le filigrane est dit centré lorsqu’il apparaît toujours au même endroit dans la feuille après impression et reprise au massicot*. Cette exigence est rendue nécessaire dans le cas de fabrication de papiers à lettre où le filigrane doit se situer au centre de la feuille.

 

Filigrane clair. Nom donné au filigrane composé d’un fil simple de cuivre ou de laiton fixé sur le tamis de la forme ou sur le rouleau filigraneur.

 

Filigrane ombré. Filigrane complexe formé de creux et de reliefs, réalisé exclusivement sur une toile vélin*. C’est la toile elle-même qui est embossée. Par transparence, on aperçoit des parties plus sombres donc plus chargées en fibres (les creux de la toile), et d’autres plus claires donc plus minces (les reliefs de la toile).

Chaque forme ou toile destinée à cet usage est donc unique. La réalisation d’un papier à filigrane ombré exige une pâte à papier fortement raffinée afin d’obtenir un épair* très clair.

Son usage est particulièrement adapté à la fabrication de papiers de sécurité comme des billets de banque. La grande majorité de ces papiers est réalisée sur machine à forme ronde*.

 

Fin de passion. Terme d’imprimeur désignant la dernière partie de la feuille de papier en contact avec le cylindre d’impression. Plus prosaïquement on dit aussi fin de pression.

 

Fin de pression. Dernière partie de la feuille de papier imprimée, par opposition à la prise de pinces*. Voir fin de passion.

 

Flammèche. Fibre apparaissant sur la tranche d’une feuille de papier lors d’une coupe défectueuse, soit au massicot* soit sur machine coupeuse*. Appelée aussi barbe*, elles peuvent provoquer des problèmes en presse* semblables à du pétouillage* ou du peluchage*.Un problème analogue survient à la coupe de papiers couchés* de forts grammages.

S’il ne s’agit à proprement parler de flammèches mais plutôt de particules de couche, elles peuvent provoquer le même type d’incident. On recommande dans ce cas une double-coupe*.

 

Flasque (bobine). Disque de carton fixé sur la tranche d’une bobine assurant une protection contre les chocs et un emballage étanche par collage avec la macule*.

 

Flexi-blade. Dispositif de couchage sur une machine à papier* ou hors machine, constitué d’une lame flexible qui racle la couche* déposée en excès sur le papier.

Ce type de machine peut déposer en une seule fois de 6 à 10 g de couche sur le support.

 

Flexographie. Technique d’impression où, comme en typo­graphie*, la forme imprimante* gravée en creux est encrée en surface puis reportée par pression sur le support papier ou plastique.

 

Foi (bonne). Présumée mais toujours suspectée.

 

Foi (mauvaise). Constatée mais toujours redoutée.

 

Fonceuse (ou Coucheuse). Machine indépendante de la machine à papier, destinée à coucher le papier. Voir couché* et papier couché*. Équipée de trailing-blade* ou d’autres systèmes équivalents, elle permet de déposer en une ou plusieurs fois des couches de 15 à 30 g par face. Comme les machines à papier, elles sont équipées d’une sécherie* et d’un système d’enrouleur.

 

Fond perdu. Impression en pleins bords, sans marge et utilisant la totalité du format de la feuille. L’imprimeur veillera à ce que le format papier soit plus grand que le format d’impression afin d’obtenir après reprise au massicot* un document imprimé en pleine page* ou à fond perdu.

 

Force (papier). Autre terme pour indiquer la masse d’une feuille au m2. Voir grammage*.

 

Formaire. Artisan fabriquant les formes* à papier. Cette activité a quasiment disparu compte tenu d’une très faible demande. Le type de forme utilisée depuis l’avènement du papier en Occident est construite à partir d’un cadre en bois sur lequel viennent se fixer les fils de cuivre dans le cas d’une forme vergé* ou la toile de cuivre dans le cas d’une forme vélin*.

En Orient, on utilise le bambou en lieu et place du cuivre pour la réalisation du tamis. De fait, la forme. est plus légère. Le cadre et le tamis sont faits de bambou. Le tamis n'est pas fixe sur son cadre. Il reste indépendant permettant de le lever une fois la feuille réalisée pour la coucher sur les autres feuilles déjà fabriquées. Voir papier japon*.

 

Format (édition). Les dimensions d’un livre sont aujourd’hui multiples et sans limite. Il en était tout autrement avant 1830. Conditionné par les formats* de papiers fabriqués à la main, les formats des livres résultaient du mode de pliage utilisé :

in-plano, feuille non pliée,

in-folio, feuille pliée une fois, formant ainsi un cahier* de quatre pages*,

in-quarto ou in-4°, feuille pliée deux fois, pour un cahier de huit pages,

in-octavo ou in-8°, feuille pliée trois fois, pour un cahier de seize pages, etc.

Les libraires ont défini un classement conventionnel fondé sur la hauteur des ouvrages ayant un lien indirect avec les formats de papier : in-plano ou grand in-folio pour les livres de plus de 50 cm de haut, in-folio pour les livres de 35,5 cm à 50 cm de haut, in-quarto pour les livres de 25,5 cm à 35 cm de haut, grand in-octavo pour les livres de

23 à 25 cm de haut, in-octavo pour les livres de 20 à 22,5 cm de haut, in-12 pour les livres de 12 à 19,5 cm de haut, nains pour les livres de moins de 10 cm de haut.

 

Format (papier). Si aujourd’hui pour définir le format on énumère simplement hauteur et largeur, il en était tout autrement avant l’arrivée des premières machines à papier (1830-1840). Au premier temps de la fabrication du papier à la main, chaque papetier déterminait ses propres formats et pouvait associer un filigrane* dont le dessin évoquait parfois le nom donné à ce format. Chaque format ou qualité de papier était associé à une forme*.

Certains papetiers cherchant parfois à copier le travail d’autres moulins utilisaient le même filigrane ! C’est ainsi que la réputation du vergé* de Hollande (voir papier de Hollande*) a poussé quelques artisans à imiter ce papier, encouragés d’ailleurs par leurs clients éditeurs qui cherchaient ainsi à diminuer le coût d’importation de cette qualité.

Pour uniformiser et contrôler cet état de fait, l’État français a cherché à imposer une réglementation au fil du temps et des rois, plus particulièrement à la fin du xviie et au début du xviiie.

Chaque format correspondait à une qualité et un usage spécifique précisés par décret. Louis XV et son Conseil d’État précisaient ainsi le 18 septembre 1741 les différentes sortes de papiers fabriqués dans le royaume.

Pour chaque format il était précisé le poids de la rame et donc son grammage et, par voie de conséquence son utilisation.

Cet arrêté a eu pour but de normaliser des pratiques souvent régionales. Chaque moulin, en fonction de ses capacités techniques et de ses clients, ne fabriquait que quelques-uns d’entre eux.

Mais cette réglementation ne tenant pas compte des us et coutumes de la profession fut très mal perçue, car il était exigé que les papetiers s’y conforment dans un délai de six mois en changeant leurs formes pour en acquérir de nouvelles, à défaut de subir de fortes amendes.

Nicolas Desmarets*, Inspecteur des Manufactures, écrit dans l’un de ses rapports :

“La première année que je fis l’inspection des moulins à papier de l’Angoumois, je portai dans cette visite le désir de connaître toutes les sortes de papier qui s’y fabriquaient…, mais je fus très surpris de ne pouvoir me satisfaire sur le premier article, je ne trouvai que très peu de papiers dans les moulins. Cette soustraction presque générale était l’effet de craintes des saisies que les fabricants redoutaient…, et étant parvenu par la suite à rassurer les fabricants sur l’objet de leurs frayeurs, et à gagner leur confiance, ils m’ont donné d’eux-mêmes toutes les preuves que je pouvais désirer de cette contravention générale. Je pus voir à mon aise que les sortes de papiers les plus en usage n’étaient pas conformes au tarif…”.

Cette réglementation a disparu, seuls sont restés quelques noms de formats encore usités comme Raisin ou Jésus, même si les formats ont changé entre temps. Le tableau reprend les données établies à l'époque.

 

Format normalisé ou international (papier). Tous les formats de la série DIN* A se déclinent en partant du format A0 qui équivaut à 1 m2  et où le rapport longueur sur largeur est égal à √2 :

A0 soit 841 mm x 1 189 mm

A1 soit 594 mm x 841 mm

A2 soit 420 mm x 594 mm

A3 soit 297 mm x 420 mm

A4 soit 210 mm x 297 mm

A5 soit 148 mm x 210 mm

Ces formats ont été définis en Allemagne vers 1940 et adoptés en France en 1972.

 

Forme (papier à la main). La forme ou moule à papier est un châssis en bois garni d’une toile (ou tamis) de cuivre ou de laiton, vergé* ou vélin* que l’ouvreur* plonge dans la cuve* pour y puiser une quantité de pâte qui, en s’égouttant, donne une feuille de papier. À chaque format de feuille correspond une forme. L’ouvreur plaçant la couverte* sur la forme la saisit ensuite par les deux petits côtés, ou “mains” par opposition aux grands côtés ou “pieds” avant de la plonger dans la cuve. Lorsque l’ouvrier retire la forme de la cuve, il doit veiller à ce que la répartition de la pâte soit uniforme en la secouant légèrement de droite et de gauche, ce qui se nomme “promener”, et d’en avant et en arrière, qui se dit “ferrer”. Une dernière secousse, ce qui se dit “enverger”, où les fibres vont une dernière fois s’assembler, et la formation de la feuille est terminée.

 

Forme (typographie). Châssis métallique sur lequel l’ouvrier typographe dépose sa composition* pour la fixer et la caler sur le marbre.

 

Forme imprimante. Expression générale désignant la forme typographique, le bois gravé, la pierre lithographique, la plaque de cuivre en taille-douce ou la plaque offset qui porte le document à imprimer et qui, après encrage*, va reporter l’encre sur le papier, directement ou par l’intermédiaire du blanchet*.

 

Forme ronde vergeuse. Machine à papier à forme ronde* comportant un cylindre constitué de pontuseaux* et sur lesquelles est fixée une toile vergé. Voir machine à forme ronde*.

 

Foulage. Empreinte laissée en presse* typographique au verso du papier due à une pression excessive. Afin d’éviter ce type de problème, l’imprimeur doit avant et pendant le tirage* régler sa presse en tenant compte du type même de sa machine, de la vitesse d’impression, du papier et de l’encre*. Les imprimeurs autrefois qualifiaient ce type de travail «d’imprimés pour les aveugles» ! Voir aussi cuvette*.

 

Fourdrinier (frères). Voir machine à table plate*.

 

Française (à la). Document im­primé ou livre dont le grand côté est en hauteur et le texte parallèle au petit côté par opposition au format à l’italienne*.

 

Franges. Voir barbes*.

 

Friser. Le papier frise généralement après une reprise d’humidité*. Les frisures se forment sur le côté travers*. On peut d’ailleurs déterminer le sens de fabrication* d’un papier en pinçant avec ses ongles les bords d’une feuille et en constatant ce phénomène sur le côté travers.

 

FSC (norme). Le Forest Stewardship Concil est une organisation non-gouvernementale fondée en 1993. Elle promeut une gestion responsable des forêts mondiales. En outre, elle contraint les transformateurs à appliquer un système de traçabilité strict aux produits issus des forêts certifiées, permettant ainsi de garantir la provenance ‘responsable’.

De plus, le FSC exige également  des entreprises certifiées qu’elles respectent des normes sociales élevées, tant  au niveau des normes de sécurité et de santé que des conditions de travail, qui doivent être en accord avec les droits du travailleur tels que décrits par l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Le FSC se distingue du PEFC par ses critères de gestion forestière plus strictes au niveau social et environnemental

Néanmoins, seules ces deux normes assurent de la provenance du bois utilisé dans l’industrie. Si le consommateur final n’a pas encore conscience de l’importance d’acheter des produits labellisés, les transformateurs se doivent d’y veiller par souci de préserver notre environnement.

Reste cependant, un long chemin pour que ces marques deviennent symbole, comme peut l’être le label AB pour les produits biologiques et reconnu comme tel par le consommateur. Il est d’ailleurs à noter, que les papiers labellisés ne sont pas plus coûteux que les autres, ou guère plus chers, ce qui n’est pas le cas des produits «BIO», or les papetiers, comme les forestiers, ont fait de gros efforts pour obtenir ces normes. Voir également PEFC*.

 

Fumé (un). Épreuve d’essai d’une gravure sur bois réalisée à la main sur un papier fin de type japon. Nom donné aujourd’hui à toute épreuve en noir d’un cliché*. À l’origine, réaliser un fumé consistait à enduire de noir de fumée le poinçon servant à la fabrication des caractères* typographiques pour en faire une épreuve sur papier et constater la qualité de la gravure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

schéma d'une forme ronde

forme à papier vergé avec sa couverte

Claudine Latron    Formaire - Mons en Baroeul- 59

forme à papier vergé

Ange Plombières, 1637

feuilles de papier à la main avant calandrage

les vieux papiers ou FCR

quatre de chiffre, Arches, 1582

filigrane au coq

formule de la cellulose

jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord