Glossaire du papetier

 

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Eau. Élément déterminant dans la fabrication du papier. Depuis l’invention du papier, les sites de production ont été établis là où l’eau était de qualité et abondante. L’eau pure est nécessaire à la fabrication, l’abondance pour faire tourner le moulin! Élément physico-chimique dans la qualité finale du papier, il est aussi l'élément le plus dispendieux en énergie, pour l'intégrer à la pâte à papier et ensuite l'éliminer à 90% environ...

 

Eaux-blanches. À l’usine, ce sont les eaux résiduelles contenant de fines particules de fibres* ou de charge* minérale. Elles sont réintégrées dans la fabrication avant d'être filtrées et dirigées vers la station d'épuration.

 

Ébarbage. Opération destinée à supprimer les barbes* ou barbes de coupe* ou flammèches*. La double-coupe* est conseillée dans le cas d’une reprise au massicot*.

 

E-book. Appareil magique destiné à la lecture. On notera simplement les désagréments de cette machine dans ce Glossaire du Papetier. Pour les avantages, rendez-vous chez votre revendeur agrééᅠ! Le papier c’est d’abord son toucher, sa couleur, son odeurᅠ!

L’e-book, ne se froisse pas, ne se marque pas, ne se corne pas, ne se mange pas,  toutes choses qui rendent le papier vivant et tellement beauᅠ! Quant à la durée de conservation du livre, du codex voire du papyrus, le papier reste imbattable sauf à tester la longévité de l’e-book en le plaçant dans une pyramide et d’attendre 3 000 ans, ou un peu plus de cinq cents ans pour le comparer à nos incunables*ᅠ! Alors vive le papierᅠ!

 

Écart. Un écart de quantité positif ou négatif, peut être cause de litige entre l’imprimeur et le papetier. Les conditions générales de vente précisent les tolérances de fabrication, mais il vaut mieux prévenir que guérir et on s’avisera au préalable, avant la livraison, d’informer le client en réduisant l’écart si nécessaire.

 

ECF. Elementary chlorine free. Pâte ECF ou papier ECF blanchi sans chlore gazeux. L’opération de blanchiment des fibres de cellulose* de bois est sans conteste la plus polluante. Depuis de nombreuses années, l’industrie a développé des méthodes en remplacement de celles utilisant la soude ou le chlore, dont les effluents sont nocifs pour l’environnement, tout en produisant un papier de meilleure qualité.  Voir blanchiment* et TCF*.

 

Échange. Opération, dans le processus de fabrication du papier à la main*, qui consiste à presser une ou plusieurs fois les feuilles fraîchement levées des feutres* au sortir de la presse par le leveur*.

Les feuilles encore humides sont mises en pression l’une sur l’autre, le grain naturel donné par les feu­tres finit par disparaître selon le nombre d’échanges. Ce sont les Hollandais qui auraient imaginé ce procédé.

 

Éclanche. Goutte d’eau tombant sur une feuille encore humide au sortir de la cuve à ouvrer*. La feuille, une fois sèche, laisse apparaître une zone plus claire, donc plus fine.

 

Éclatée (bobine). Bobine ayant reçu, lors de sa manipulation ou pendant le transport, un choc provoquant une rupture de la bande de papier à sa périphérie. Le bifteck* est plus ou moins important selon le nombre de spires endommagées.

 

Éclatement (papier). Incident que l’on rencontre avec les papiers couchés* au pliage. La couche a tendance à s’écailler ou s’effriter au pli, notamment dans le cas de forts grammages. Ce phénomène peut être atténué ou supprimé en prévoyant un rainage* que l’on réalisera si possible parallèlement au sens de fabrication*.

 

Éclatement (résistance à l’). Aptitude d’un papier à résister à une pression verticale maximale. La mesure est donnée en kilopascal, on parle aussi d’indice d’éclatement. Norme NF Q 03-053.

 

Écolabel. Les écolabels distinguent des produits et des services plus respectueux de l’environnement. Leurs critères garantissent l’aptitude à l’usage des produits et services, et une réduction de leurs impacts environnementaux tout au long de leur cycle de vie. Deux écolabels sont délivrés en France : la marque NF Environnement pour le marché français et l’Éco-label européen utilisé par tous les pays membres de l’Union européenne. Ces deux labels sont délivrés par AFNOR Certification, organisme certificateur indépendant. Voir aussi Ange bleu*, FSC* et PEFC*.

 

Écorçage. Première opération dans la fabrication de papiers à partir de bois où l’écorce est séparée des rondins. L’écorce n’a pas d’utilité dans la fabrication du papier, mais est utilisée sous forme de biomasse pour la production d’énergie.

 

Écorner. Action malheureuse du lecteur qui fait une corne*.

 

Écrasé. Défaut dans le papier où l’épaisseur est plus faible, visible par transparence, à la limite du trou*.

 

Écrevisse jean-guillaume (1734-1787). Technicien français né en Hollande, fils de papetier, promoteur de la pile à cylindre ou pile hollandaise*. Il adresse à l’Académie des sciences en 1774 et 1776 cinq mémoires traitant de la fabrication du papier.

Il participe, avec l’aide de Nicolas Desmarets*, inspecteur des manufactures, à l’évolution industrielle du papier. Les premières piles à cylindre sont installées à Annonay* chez Montgolfier en 1780. Voir Canson & Montgolfier* et papeterie d’Essonnes*..

 

Écrue (pâte). pâte à papier* non blanchie.

 

Effilocher. Autre terme désignant l’action de défiler les chiffons. Voir défilage*.

 

Efpg. L’École Française de Papeterie et des Industries Graphiques créée en 1907 est située à Saint-Martin-d’Hères près de Grenoble. Elle a évolué pour devenir l’École internationale du papier, de la communication imprimée et des biomatériaux intégrée au groupe Grenoble-INP. C’est la seule école en France à qualifier la formation des ingénieurs papetiers. S’y ajoute depuis 1984, une formation d’ingénieur en imprimerie.

 

Électricité statique. L’électricité statique produite incidemment par les cylindres sécheurs d’une machine à papier, doit être évacuée pour ne pas gêner la transformation ultérieure. À défaut, il y a lieu d’assurer une humidité relative de 50 %, ou de placer des conducteurs d’énergie sur les éléments métalliques.

 

Emas. L’Eco Management and Audit Scheme en anglais, ou SMEA en français, Système de Management Environnemental et d’Audit est un règlement créé en 1995 par l’Union Européenne.

Il est destiné à encadrer les démarches volontaires d’éco-management utilisant un système de gestion de l’environnement (SME). Toute entreprise déjà certifiée ISO 14001* peut obtenir un certificat EMAS si elle publie une déclaration environnementale conforme aux critères de l’EMAS.

La qualification EMAS est peu différente de la norme ISO 14001, sauf à l’obligation d’une communication explicite sur les objectifs fixés et obtenus, sur la politique mise en œuvre dans l’entreprise dans le cadre de la diminution de l’impact écologique. Cette certification est validée pour 3 ans par un cabinet d’audit agréé.

 

Embossage. Voir gaufrage*.

 

Encart. Feuille de papier insérée dans une revue ou un livre. L’encart peut soit être volant c’est-à-dire non fixé au cahier* dans lequel il est jeté, soit fixé par brochage*, collage ou agrafage au cahier.

 

Encollage. Opération destinée à relier des cahiers ou des feuilles simples pour former un livre. La colle est déposée au dos de l’ouvrage, manuellement ou mécaniquement. À ne pas confondre avec le contrecollage*.

 

Encrage. Expression signifiant à la fois le système utilisé en presse*, mais aussi la qualité du travail réalisé.

Si l’encrage est défectueux, on peut constater des manques à l’impression ou au contraire des zones trop encrées et bouchées.

 

Encre (d’imprimerie). Après l’invention du papier (par T’saï Loun* au premier siècle après J.-C.), les Chinois, créent l’imprimerie vers les années 650. Le plus ancien document imprimé connu date de 770. Cela laisse supposer qu’ils aient éga­le­ment mis au point une encre spécifique permettant un report de la forme imprimante* sur le papier dans les meilleures conditions possibles et assurant un séchage aisé.

Depuis l’invention de l’imprimerie et jusqu’au début du xixe siècle, chaque imprimeur fabriquait son encre et tenait secrète la technique employée. En 1818, Pierre Lorilleux alors employé à l’Imprimerie nationale, installa la première fabrique industrielle d’encre en France et commercialisa ses produits auprès d’autres imprimeurs.

L’encre est composée de deux éléments essentiels : un pigment pour la teinte et un liant qui véhicule la couleur de l’encrier au papier, et la fixe sur la feuille.

Les colorants ou pigments utilisés aujourd’hui sont nombreux, et permettent, contrairement aux siècles passés où seuls existaient le noir et quelques teintes à base de colorants naturels, de fabriquer toutes les couleurs possibles pour toutes sortes de supports et pour toutes les techniques d’impression.

Les liants ou vernis sont principalement des huiles végétales, minérales ou synthétiques. On ajoute également divers adjuvants tels que des résines, des plastifiants, des siccatifs* pour raccourcir le temps de séchage et des cires augmentant la résistance au frottement.

Le rôle d’une encre est d’assurer un maximum d’intensité pour un minimum de charge tout en se fixant sur le support dans un minimum de temps.

Les problèmes rencontrés à l’impression et dus à l’encre sont nom­breux, mais on peut citer notamment :

Difficulté de séchage provoquant notamment un maculage*, impression fantôme*, moutonnage*, où l’encre peut être totalement ou en partie responsable du phénomène.

Mauvaise tenue dans le temps, à mettre au compte de la qualité du produit utilisé, arrachage* du support papier dû au tack* de l’encre, trop important. L’industrie produit des encres adaptées à chaque métier, c’est ainsi qu’il existe des encres pour la taille-douce, la typographie, l’offset*, l’héliogravure, la sérigraphie, etc.

 

Encrier. Partie de la presse* ou de la rotative destinée à recevoir et répartir l’encre sur les rouleaux encreurs de manière uniforme sous forme d’un film régulier en épaisseur et en largeur.

 

Enduction. Dépôt sur le recto ou le verso ou les deux faces d’une feuille de papier, d’une ou plusieurs couches d’un matériau destiné à améliorer ses caractéristiques techniques ou esthétiques. Ne pas confondre avec l’opération de couchage* dans la fabrication des papiers couchés.

 

Engommage. Forme d’encollage* où l’on dépose sur un des côtés de la feuille de papier une gomme liquide qui une fois sèche pourra en étant réhumidifiée permettre l’adhésivage du support sur un autre. Voir papier gommé*.

 

Engraissé (papier). Expression désignant une pâte à papier* raffinée. Au cours du raffinage* les fibres de cellulose deviennent plus hydrophiles, augmentent de volume et donnent l’impression lorsque l’on prend dans sa main une certaine quantité de pâte pour en extraire l’eau contenue qu’elle est devenue “grasse”. C’est ainsi d’ailleurs que le gouverneur* vérifiait en homme de l’art, l’état d’avancement de l’opération en cours. La pâte fortement engraissée donnera un papier très nerveux, résistant, sonnant* et claquant mais aussi, à l’extrême,  plus transparent comme le papier calque*

 

En ramé (papier). Le papier en feuilles est généralement emballé en paquets sous macule* hydrofuge. Cette présentation appelée “en ramé”, vient du terme rame* comprenant vingt mains* soit 500 feuilles. Mais ce terme générique est usité aujourd’hui pour toutes les quantités de feuilles vendues sous macule et l’on trouve suivant les formats et grammages vendus des paquets de 50, 100, 125, 250 et 500 feuilles.

À l’opposé, on emploie le terme de papier en palette cube* où les quantités de feuilles sont beaucoup plus importantes et emballées sous film sur palette bois. Cette présentation correspond à une utilisation plus aisée pour des tirages* importants permettant d’abaisser les prix de revient en diminuant les temps de manipulation et d’arrêts machine.

 

Enrouler. Rouler le papier sur lui-même pour former un rouleau comme  le fait de rouler le papier autour d’un mandrin* pour faire une bobine*.

 

Enrouleuse. Mécanisme placé en fin de machine à papier et destiné à enrouler le papier sur un mandrin* métallique. La bobine* ainsi constituée s’appelle bobine mère*. Pour une laize* de 8 m, le poids peut aller jusqu’à 40 t. On refend celle-ci en bobine fille* destinée à l’impression sur rotative, ou placée sur une coupeuse* en feuille.

 

Enrouleur. Dernière partie de la machine à papier constituée d’un tambour sur lequel le papier s’enroule pour donner la bobine-mère*.

 

Entrefeuiller ou entrefeuilleter. Positionner une feuille entre deux pages imprimées destinée à protéger l’impression et éviter le maculage*. Dans les albums d’estampes, on entrefeuille souvent avec un papier de soie*, ou papier mousseline*. Différent de l’encart* par nature et usage.

 

Envers. Autre nom donné au côté toile*. Par opposition au côté feutre* dans la fabrication du papier sur machine à table plate*. L’envers compte tenu de la gravitation naturelle, accentuée par les tables aspirantes, perd une partie de sa charge minérale, et les fibres les plus grossières ont tendance à y être plus nombreuses.

Cette différence d’aspect est plus marquée sur les papiers de forts grammages, sur les papiers colorés dont la teinte peut varier d’un côté sur l’autre, notamment dans des teintes vives. Les papiers gaufrés, ou texturés, ont obligatoirement un côté plus marqué que l’autre. Ces différences d’état de surface sont réduites par l’utilisation de machines duo former*.

 

Épair. Aspect du papier par transparence, ce que tout papetier connaissant bien son métier regarde en premier. Saisissant la feuille dans sa longueur avec ses deux mains et la plaçant face à la lumière, il juge immédiatement de la qualité du papier!

L’épair peut être fondu (où on ne distingue pas les fibres*), persillé (les amas de fibres sont très petits et répartis assez régulièrement) ou nuageux (ils sont plus ou moins importants et bien visibles). La qualité d’un épair fondu indique une bonne formation de la feuille à sa fabrication, son opacité* est meilleure, l’état de surface est plus régulier.

Un épair nuageux démontre une irrégularité dans la masse du papier et par conséquent de son état de surface.

Cependant, on ne peut dans certains cas obtenir un épair régulier partant de fibres* “longues” sans rencontrer d’autres soucis. Voir raffinage*.

 

Épaisseur. On mesure l’épaisseur d’un papier à l’aide d’un micro­mètre. Il est recommandé de prendre cette mesure en deux points de la feuille et sur au moins dix feuilles différentes prises au hasard. Norme NF Q 03-016.

Cette caractéristique est importante pour tous les travaux exigeant une épaisseur finale précise (les livres, les dictionnaires…). Le rapport épaisseur / grammage donne la main* du papier.

 

Épreuve. Tirage d’un document à imprimer pour contrôle. Différents types de machines permettent la mise en œuvre de quelques exemplaires sans avoir l’astreinte de mettre en route une presse.

La dernière épreuve avant la réalisation définitive du travail à effectuer se nomme Bon à Tirer ou B. à .t.* qui peut comporter la signature du client et la mention Bon pour Accord.

La dernière épreuve se dénommait du temps de la “typo” la morasse, du latin “mora” retard, “morare” demeurer. Passé dans le langage populaire, il prit le sens d’ennui, de danger et de peine. Le terme d’épreuve d’artiste est donné aux estampes* signées et numérotées en chiffres romains avec la mention E.A. Elles précèdent le tirage définitif à tirage limité ou non.

 

Épuration. Avant d’arriver sur la machine à papier, il est indispensable d’éliminer les impuretés contenues dans la pâte à papier*. L’épuration est réalisée dans des centrifugeuses tourbillonnaires et des tamis.

 

Équerrage électronique. Il s’agit d’une coupe sur coupeuse* électronique.

 

Équerrage massicot. Reprise au massicot* sur deux ou quatre faces d’une pile de papier de façon à obtenir un ou quatre angles droits.

 

Équerre (faux). Défaut d’une feuille ou d’une pile de papier dont l’équerrage n’est pas parfait.

 

Équilibre thermique. Si le papier est livré à l’utilisateur sous macule* étanche, il va être soumis à des conditions thermiques extérieures différentes. À l’arrivée dans l’atelier, il sera nécessaire d’attendre avant de démaculer afin de laisser au papier le temps de se mettre en température.

Généralement, le fabricant indique par une étiquette le temps nécessaire pour satisfaire à cette condition en fonction de la température extérieure. Ces précautions prévalent notamment dans le cas de livraisons de palettes cubes* ou de bobines.

 

Essayé (avoir tout). Expression souvent employée en termes de lassitude. Il faut comprendre vraisemblablement qu’il n’y a plus rien à faire !

 

Estampe. Nom recouvrant usuellement les reproductions originales d’art imprimées par des moyens manuels comme la lithographie*, la chalcographie*, la gravure sur bois, la linogravure, etc.

 

Étendoir. Dans un moulin* à papier, salle aérée sur deux côtés et située au dernier étage de l’établissement, où l’on faisait sécher le papier sur des cordes.

 

Eucalyptus. Résineux* d’origine australienne. L’eucalyptus globulus a été acclimaté en Europe, notamment au Portugal pour la production de pâte à papier.

De croissance rapide, fournissant une fibre* longue recherchée dans la fabrication des papiers d’impression-écriture, les papetiers ont planté d’immenses forêts d’eucalyptus au Portugal, au Brésil, en Uruguay et en Indonésie. La fibre d’eucalyptus donne de la main* au papier, du bouffant* et une bonne résistance mécanique.

La pâte d’eucalyptus revient ainsi moins cher à produire que la pâte de résineux classique, pin ou sapin poussant dans l’hémisphère nord.

 

Extra-strong (papier). Papier carteux*, résistant, d’un bel épair*, filigrané, utilisé comme papier de correspondance, papier à lettres*. Ses  caractéristiques sont dues à une forte proportion de fibres longues.  Son usage est peu à peu abandonné au profit de papier bureautique à base d’eucalyptus. Voir résineux*.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pille hollandaise

Pierre Lorrilleux

usine Lorilleux début XXé

les 4 encriers d'une presse 4 couleurs N/M/C/J

stock enramé

enrouleuse

en regradant l'épair

presse à épreuve 1909

l'étendoir au moulin à papier d'après L.Figuier

filigrane de l'extra strong

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord