Glossaire du papetier

 

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Dail. Lame de faux utilisée par les délisseuses* dans les moulins à papier* pour couper le chiffon.

 

Découpe (d’un papier). Opération de transformation du support, imprimé ou non, avant ou après impression. Différents types de machines permettent de découper tout ou partie d’un document.

On parle de formes de découpe pour des outils constitués d’une base en bois ou métallique et sur laquelle sont fixés des filets de découpe. Ces formes de découpe sont ensuite fixées sur le marbre de la presse qui agira par pression sur le papier. Certaines machines éjectent automatiquement les parties de rebut.

Tous les papiers ou cartons ne se prêtent pas de la même manière à cet usage, notamment dans les forts grammages.

 

Défibrage. Action consistant à extraire les fibres de cellulose contenues dans un végétal, mais ce terme définit plus couramment l’opération destinée à transformer les rondins de bois en copeaux pour une transformation ultérieure. Dans certains cas, la pulpe de bois produite est utilisée directement dans la fabrication de papier ou de carton ne nécessitant pas de caractéristiques techniques importantes. Voir pâte chimique*, pâte mécanique*.

 

Défibreur. Machine destinée à défibrer le bois, à chaînes ou à caissons.

 

Défilage. Opération effectuée dans la pile à maillets* ou pile hollandaise* qui consiste à déchiqueter les chiffons avant le raffinage*.

 

Défloculation. Pour éviter que des agrégats de fibres se forment en amont de la machine à papier, le fluide eau-cellulose est soumis à des mouvements continus pour maintenir une homogénéité des fibres en suspension dans l’eau. Voir maton* ou paton*.

 

Défonce. Terme utilisé en photogravure signifiant le fait de prévoir dans une quadrichromie ou une simili une réserve* destinée à y incruster un texte de la même surface.

 

Déformation du papier. Un défaut de fabrication peut entraîner une série de contraintes résiduelles se traduisant par un défaut de l’à-plat* soit dans le sens long*, soit dans le sens travers* ou en diagonale.

Le contrôle de la déformation est très important car il conditionne la bonne marche des machines de transformation chez le client utilisateur.

 

Délamination. Défaut d’un support, papier ou carton où le matelas fibreux se sépare en plusieurs couches sous un effet extérieur. Des tests déterminent la résistance à la délamination à l’aide d’un dynamomètre.

Norme Afnor NF Q 03-045 et 046.

 

Délignification. La lignine* est un des constituants du bois que le papetier doit éliminer à défaut de nuire à la bonne conservation du papier. Différents procédés de délignification du bois existent, en milieu alcalin ou acide. Le rouissage du lin* ou du chanvre* peut être assimilé à une opération de délignification, mais naturelle celle-ci.

Voir pâte au bisulfite*, pâte au sulfate*.

 

Délissage. Première opération dans le processus de fabrication du papier pur chiffon*.

Souvent effectué par des femmes, ce travail était fort pénible, voire dangereux, compte tenu de l’état où arrivaient les chiffons au moulin et des poussières engendrées par la masse de chiffons manipulés.

Les chiffons appelés pattes*, peilles* ou drapeaux*, ramassés dans les villes et les campagnes, étaient triés par les délisseuses*. Cette opération très importante dans le processus, consistait en premier lieu à enlever les coutures et les boutons, puis il fallait découper les tissus en lanières à l’aide d’une faux. L’ouvrière, enfin, répartissait ces chiffons dans différents pa­niers ou macalons* en fonction de leur état, fin, moyen, grossier ou bulle. Certains papetiers imposaient un tri plus fin en définissant jusqu’à six catégories. Voir  dérompoir*.

 

Délisseuse. Ouvrière chargée du délissage. Dans certains moulins, les délisseuses s’occupaient du triage* du papier, dernière opération avant l’emballage et l’expédition.

 

Délitage. Défaut d’un papier couché* dont la surface a tendance à se désolidariser du support de couche*. Voir aussi arrachage*.

 

Dématonneur. Cylindre rotatif positionné avant la table plate* et destiné à supprimer les matons*.

 

Demi-pâte. Pâte à papier blanchie, livrée au papetier sous forme de feuille épaisse prête à être raffinée et transformée. Si les usines à papier proches des forêts maîtrisent toute la chaîne de production, d’autres excentrées, ou souhaitant intégrer à leur propre production d’autres qualités de fibres, doivent acheter de la demi-pâte. Les principaux producteurs de pâte se situent près des grands territoires boisés tels la Scandinavie, le Canada, le Brésil, le Portugal, l’Indonésie.

 

Densité. En impression, on parle de densité d’encrage en terme de pourcentage. Elle peut se mesurer avec un densitomètre. Dans le cas de densité très importante et donc de dépôt d’encre conséquent, des problèmes de séchage et de maculage* peuvent apparaître de manière plus ou moins importante, selon le type de papier utilisé.

 

Dépastiller. Voir défloculation*.

 

Déramer. Opération consistant à aérer ou ventiler le papier avant impression pour éviter les doubles en prise de pinces. Cette manipulation n’est conseillée aujourd’hui que dans le cas d’une transformation avant impression.

 

Dérompoir. Local attenant à l’atelier de délissage*, où l’on coupait le chiffon à l’aide d’une faux ou dail* fixée dans un établi. Cette opération a perduré jusqu’au début du xixe siècle, laissant la place à des machines à couper le chiffon inventées et brevetées par l’atelier Koechlin de Mulhouse.

 

Désacidification. Les papiers fabriqués pendant les années 1850-1960 en milieu acide sont prédestinés à vieillir rapidement. Ils doivent subir une opération de désacidification si l’on veut les sauvegarder.

Différentes techniques existent, mais le coût unitaire de traitement d’un ouvrage demeure élevé. Les livres édités durant cette période en France seraient au nombre de 13 millions !

Les bibliothèques garantes de la bonne conservation de leur fond patrimonial sont obligées de faire des choix face à la masse énorme à traiter. Voir acidification*, papier permanent*, permanence*.

 

Désencrage. Le recyclage des vieux papiers* destiné à l’impression oblige le papetier à séparer les fibres de cellulose de l’encre. Différents procédés sont utilisés privilégiant des techniques peu polluantes et moins gourmandes en énergie.

De nombreuses usines pratiquent la méthode dite par flottation. En injectant de l’air à la base du pulpeur*, les bulles d’air entraînent les pigments de l’encre qui remontent à la surface et sont éliminés par la suite.

L’opération peut être renouvelée pour améliorer la blancheur en fonction de l’usage final. Si le papier journal se contente d’une blancheur CIE inférieure à 100, il en est tout différent pour l’édition ou la publicité où l’indice doit rejoindre la blancheur des papiers de pâte vierge*.

 

Désensibilisant. Encre* transparente destinée à empêcher le transfert sur certaines parties d’une liasse autocopiante. L’encre déposée sur le recto d’un feuillet va empêcher le dépôt de l’encre contenue dans les micro-capsules au verso du feuillet précédent. En principe, le désensibilisant est destiné à masquer des informations pour le destinataire du feuillet. Voir papier autocopiant*.

 

Desmarets Nicolas (1725-1815). Inspecteur des manufactures, à la demande du gouvernement français, il fit deux voyages en Hollande en 1768 et 1777 pour y découvrir l’art de fabriquer le papier de Hollande*. C’est lui qui engagea Jean Guillaume Écrevisse*, mécanicien de son état à installer les premières piles à cylindre* à Annonay* en 1780, et à la papeterie d’Essonnes* qu’il avait vu fonctionner en pays batave.

 

Didot. Ce nom est celui d’une grande famille attachée à tous les métiers du livre. Ils ont été papetiers, imprimeurs, graveurs et libraires. François (1689-1757) édita l’Histoire générale des voyages de l’abbé Prévost. François-Ambroise (1730-1804) créa le caractère Didot et instaura la mesure typographique en points “didot”. Pierre-François (1731-1793) fonda la papeterie d’Essonnes* que Léger (1767-1829) dirigea par la suite. Firmin (1764-1836) renouvela la fonderie de caractères.

Léger Didot aida Louis-Nicolas Robert* à construire la première machine à papier, mais il en vendit le brevet aux Anglais !

 

Din. Deutsches Institut für Normung (Institut allemand pour la normalisation). Équivalent allemand de l’AFNOR*. Voir formats normalisés*.

 

Dos carré collé. Reliure sans couture. Voir brochage*.

 

Doublage. Incident provoqué en presse* par un étirement, dans le sens de rotation du cylindre d’impression, des points de trame et des différents éléments du document imprimé.

Ne pas confondre avec impression fantôme*.

 

Double coupe. Opération rendue nécessaire à la coupe au massicot* de papiers couchés* de forts grammages. Le massicot a tendance à éclater la couche du côté de la lame en biseau. Il est donc conseillé de refendre la pile de feuilles rejetée de ce côté en la retournant et en éliminant quelques millimètres de papier.

 

Double-pli (résistance au). Test de laboratoire permettant d’apprécier la qualité d’un échantillon à être plié sur lui-même plusieurs fois et ce dans le sens long* et le sens travers*. Cette aptitude est importante pour tous les papiers destinés à la fabrication de cartes géographiques par exemple, mais aussi de papier monnaie*. Norme NFᅠQᅠ03-062.

 

Drapeau (anc). Pièce de drap. Ancien terme désignant une catégorie de chiffons destinés à la fabrication du papier à la main*.

 

Drapis (anc).Nom donné aux chiffons en Haute-Normandie. Drapis, drapel, draper : en vieux français, tous ces dérivés de drap désignent les vieux chiffons.

 

Drille (anc). Voir chiffon*.

 

Duo former (ou double-toile). Technologie récente dans l’industrie papetière, le premier duo-former est installé en 1972. Destiné à éviter les différences d’état de surface entre le recto et le verso du support que l’on constate sur un papier fabriqué sur une machine à papier* à table plate.

On a imaginé un système où le flot sous pression d’eau et de fibres* mélangées dans la caisse de tête* soit directement pris entre deux toiles. L’égouttage se faisant mécaniquement des deux côtés, les fibres s’agglomèrent indistinctement dans l’épaisseur du matelas fibreux. Voir côté feutre* et côté toile*.

 

Duplex. Support constitué de plusieurs jets de pâte lui conférant des caractéristiques particulières. Voir contrecollage*.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

défibreur Bergès modifié

atelier de délissage d'après l'Encyclopédie

délisseuse au travail

coupeuse de chiffons d'après Louis Figuier

Nicolas Desmarets

Ambroise Didot

duo-former

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord