Glossaire du papetier

 

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filigrane papeterie vidalon 18e

Câble d’embarquement. Au début du XIXe siècle, deux contraintes techniques empêchent de faire évoluer notablement la vitesse des machines à papier. La première concerne l’insuffisance de siccité* de la feuille au sortir de la table plate*. La deuxième est de savoir conduire sans casse la feuille du début à la fin de la machine.

La première contrainte est levée en 1908, par W.-H. Millspaugh de Sandusky dans l’Ohio aux USA, qui met au point un cylindre aspirant* placé juste après la partie humide de la machine à papier. La deuxième contrainte par le Sheehan rope carrier en anglais, ou câble d’embarquement qui permet d’emmener la feuille de la table plate* vers la sécherie*.

En 1910, ces deux technologies permettent aux machines de dépasser la vitesse mythique des 200 m/mnᅠ!

 

Cahier. Base d’un ouvrage. Les cahiers assemblés constituent l’ouvrage ou le livre. On parle de cahier de 2 pages dans le cas d’une feuille non pliée, 4 pages dans le cas d’une feuille pliée une fois, 8 pages pour une feuille pliée deux fois, 16 pages pliée 3 fois, etc. Voir format* édition.

 

Cai lun. Voir T’sai-Leu*.

 

Caisse aspirante. Pour faciliter l’égouttage sur la table plate* de la machine à papier, des caisses aspirantes sont placées sous la toile destinées à extraire un maximum d’eau. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un élément fixe placé sous la toile dans lequel un vide par dépression est créé qui extrait l’eau par aspiration. Ce procédé a été mis au point dès l’invention de la machine à papier.

 

Caisse de tête. Première partie de la machine à papier dont le rôle est d’assurer une répartition uniforme des fibres* sur toute la laize* de la machine dans un flot continu et régulier. La caisse de tête précède la table plate* ou le duo former*.

 

Calandrage. Opération effectuée dans une calandre*.

 

Calandre. Machine équipée de rouleaux superposés entre lesquels passe le papier. La pression exercée entre ces cylindres comprime les fibres et ainsi améliore l’état de surface du papier. On parle de super-calandre dans le cas de machines équipées de nombreux cylindres dont certains sont en matériaux très durs, parfaitement polis, destinés à donner un état de surface régulier, très brillant et très lissé*.

L’inconvénient majeur de cette opération est de réduire l’épaisseur du papier et donc de diminuer sa main* et son opacité*. La première machine de ce type dénommée lisse* est décrite dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751-1772).

Elle est constituée de deux cylindres de fonte entre lesquels un ouvrier passait le papier, lui-même pris entre deux plaques de métal ou de carton. Voir lissé*, laminoir*.

 

Calligraphie. Ou l’art de bien écrire sur... du papier. Mais cette affirmation est totalement subjec­tive ! Si cette opération peut nous paraître bien simple aujourd’hui, il a fallu beaucoup de temps avant que les moines copistes et les clercs du Moyen Âge quittent leurs parchemins et adoptent le papier. Ce matériau semblait bien fragile et peu résistant à l’époque. Les papiers orientaux à base de gampi* ou de kôzo* se prêtent particulièrement bien à cet art.

 

Calotype. Type de négatif photographique réalisé sur papier, inventé en 1841 par Talbot. Cette technique sera remplacée par la plaque de verre.

 

Camembert. Partie inutilisable d’une bobine mère* ou bobine fille* après découpe.

 

Canivet. Ouvrage en papier découpé* imitant la dentelle. D’ordre religieux, ce sont des congrégations féminines qui aux XVIIe et XVIIIe siècles ont développé ce procédé sous forme d’images pieuses.

 

Canson et montgolfier (papeteries de). La famille Montgolfier a joué un rôle prépondérant dans le domaine de la papeterie pendant plusieurs siècles. D’après la tradition, si c’est en 1557, à Vidalon près d’Annonay* en Ardèche, que débute cette histoire, c’est en 1692 que Michel et Raymond Montgolfier s’installent au moulin en prenant pour épouses les filles du propriétaire, Françoise et Marguerite Chelles.

Les Montgolfier ont été les premiers en France à faire évoluer le métier en installant vers 1780 les piles à cylindres ou piles hollandaises*. Étienne Montgolfier a mis au point en 1777, le papier vélin* que Baskerville* avait inventé en Angleterre en 1750. En 1782 Joseph Montgolfier réalise le premier aérostat en papier (3 m de diamètre) capable de s’élever à 300 m d’altitude. Pour ces raisons, les frères Montgolfier sont anoblis par Louis XIV.

La papeterie de Vidalon obtient le titre de Manufacture royale. Le mariage de Barthélemy de Canson avec Alexandrine de Montgolfier consacre en 1807 la nouvelle raison sociale de la papeterie. B. Canson met au point le papier à calquer en 1807 et la coloration de la pâte à papier en 1809. Il installe la première machine à papier en 1822 après avoir signé un accord avec Pierre-François Didot* sur l’exploitation du brevet. [Voir machine de Louis-Nicolas Robert*.] On produit à Vidalon avant 1850, les premiers papiers photographiques, un brevet est déposé le 8 décembre 1865.

En 1877, on dénombre pas moins de 712 références dans le tarif de la papeterie, dont, entre autres, les mi-teintes Canson, toujours fabriquées aujourd’hui, des papiers pour registre, des papiers pour écoliers, les papiers à calquer, etc. En 1976, la société rejoint le groupe Arjomari. Elle est actuellement rattachée au groupe ArjoWiggins Appleton, branche “dessins et papiers fins”. Voir AWA*, Arches*, Rives*, Johannot*, Marais*.

 

Caractère typographique. Le caractère classique est fondu dans un alliage de plomb, d’antimoine et d’étain. De forme parallélépipède à six faces, sa hauteur dite hauteur typographique est en France et en Allemagne de 23,566ᅠmm, dans les pays anglo-saxons de 23,3167ᅠmm, en Belgique et en Hollande de 24,85ᅠmm. C’est la partie supérieure appelée “œil” qui comporte le relief du dessin de la lettre. C’est également cette partie qui, recevant l’encre, sera reportée sur la feuille de papier par pression.

 

Caractéristiques techniques (du papier). Les principales caractéristiques techniques d’un papier sont définies au travers de tests normalisés par l’AFNOR, effectués en laboratoire. Elles permettent d’apprécier la qualité des différents supports, de les comparer entre eux et d’établir un cahier des charges précis de la part du fabricant ou du client.

Voir blancheur*, collage*, déformation du papier*, double pli*, éclatement*, épair*, épaisseur*, face du papier*, grammage*, humidité du papier*, hygrométrique* (degré), lissé*, main*, opacité*, rugosité*, test de résistance à la pénétration des liquides ou test Cobb*, porosité*, pH*, rigidité à la flexion*, résistance à la déchirure ou résistance à la rupture*, résistance superficielle*, sens du papier*.

 

Carbonate de calcium. Charge* minérale utilisée en masse ou en surface à la fabrication du papier. D’une très haute blancheur*, il est utilisé seul ou en mélange avec le kaolin*. Le carbonate de calcium naturel est obtenu par extraction du calcaire, c’est celui qui se dépose au fond de votre bouilloireᅠ!

Le carbonate précipité est obtenu par réaction avec la chaux et le dioxyde de carbone. Le CaCO3 entre dans la composition des papiers d’impression-écriture, xérographiques, et du papier à cigarettes.

 

Carron. Terme désignant un coin d’une feuille de papier à la main. L’ouvreur* chargé de fabriquer les feuilles une par une, devait répartir les fibres sur sa forme*, mais dans le même temps forcer son mouvement pour qu’il reste un peu plus de fibres* dans un angle. Le carron ainsi formé, ou le bon coin, permettait au leveur* de prendre plus aisément les feuilles sans les déchirer.

 

Carta lustra. Feuille de gélatine transparente utilisée avant la mise au point du papier calque* pour reproduire ou copier.

 

Carte. Terme utilisé pour définir des papiers dont le grammage* est égal ou supérieur à 200 g/m2.

 

Carte porcelaine. Support cartonné apparu dans les années 1830 plus particulièrement en Belgique et le Nord de la France d'un blanc immaculé et brillant sur le recto. Il ne reste que très peu de cette production locale destinée à la fabrication de cartes commerciales, de faire part, d'annonces publicitaires. La nature même de ce papier est inconnue. Les collectionneurs donnent beaucoup de valeur à ces documents.

La technique de fabrication imposait aux imprimeurs de recouvrir le support d'origine d'une céruse ou blanc de plomb, appelé aussi blanc d'argent. L'impression était réalisé en lithographie*, parfois accompagné de rajouts de différentes couleurs et de poudres métalliques d'or ou d'argent. L'aspect final d'un blanc porcelaine rehaussé de couleurs éclatantes devait charmer les clients. La production de ces cartes a été stoppée dans les années 1860 pour cause de nocivité du au plomb contenu dans la céruse.

 

Carteux. Expression du langage courant mais totalement subjective. Il faut lui préférer le terme rigidité*. Dans le cas de papiers minces, on utilise le terme de sonnant*. Ne pas confondre avec la main*.

 

Carton. Faire un carton. Procédé visant à corriger des fautes typographiques ou modifier une partie d’un texte en collant une bande de papier comportant le texte corrigé.

 

Carton bois. Carton composé exclusivement de pâte mécanique*. Écru, c’est le carton bois brun,   ou partiellement blanchi dénommé carton bois blanc.

 

Carton compact. On parle de carton* dans le cas de support de grammage supérieur à 224 g/m2 et d’une épaisseur supérieure à 175µ. Ces critères ont été définis arbitrairement.

Un carton peut être constitué d’un ou de plusieurs jets de pâte. Il est principalement utilisé dans l’industrie de l’emballage. Il existe des cartons couchés* ou non couchés, constitués de pâte chimique*, de pâte mécanique* ou de pâte recyclée*. Voir carte*.

 

Carton gris. Carton compact non couché fabriqué avec des vieux papiers. La matière première est utilisée brute et donne au support une teinte grise plus ou moins foncée en fonction de la qualité des déchets récupérés.

 

Carton ondulé. Assemblage de deux feuilles de papiers, de couverture pour l’une et de cannelure pour la seconde. Mis au point au milieu du xixe siècle en Angleterre, il a été amélioré aux USA en 1871 par Albert Jones. De simple, il est devenu double face, puis caisse à rabats ou caisse américaine. Breveté en 1888 par Thompson & Norris et Robert Gair, cet emballage est resté sans concurrence pendant plus de vingt ans. Quelques années plus tard seront mises au point la triple-cannelure, puis la micro-cannelure.

 

Caséine. Protéine du lait utilisée comme liant avec le kaolin*, le carbonate de calcium*, le talc* dans la fabrication de la couche* ou des charges*.

 

Cassé (le). Papier percé ou troué mis de côté au triage* par les délisseuses*.

 

Cassés (les). Papiers défectueux ou chutes de papier à la fabrication que l’on peut dans certains cas remettre dans la pile hollandaise* ou le pulper*.

 

Cast-coated. Papier ou carte auxquels, après enduction d’une couche spécifique, on confère une très grande brillance par passage sur un cylindre chromé chauffé.

Il faut préférer à cet anglicisme la dénomination de couché sur chrome*.

 

Catastrophe. Prononcé avec appui sur le “ka”, et préalablement agrémenté de la qualification de “véritable”.

Cette expression signifiant qu’il n’y a malheureusement plus rien à faire... ou alors autre chose !

 

Celloderme. Carton très épais, rigide, obtenu par l’assemblage en milieu humide de plusieurs épaisseurs de pâte recyclée*. Pressé à plat, puis séché au four, il devient très résistant. Il est utilisé dans la chaussure, l’industrie automobile, l’ameublement, la maroquinerie, en papeterie pour le classement.

 

Cellulose. Constituant cellulaire de tous les végétaux servant de matière de base à la fabrication de la pâte à papier. La longueur des fibres* de cellulose peut varier de 1 à 3 mil­li­mètres pour celles extraites  du bois et de un à plusieurs centimètres pour celles provenant du coton, du lin, du chanvre, du gampi, du mitsumata, du kozo ou de la ramie. Ces différences déterminent les qualités du support obtenu.

Après avoir utilisé pendant des siècles les fibres de cellulose contenues dans les chiffons de chanvre, de lin ou de coton, l’industrie après de nombreux tâtonnements au milieu du xixe siècle a su trouver avec le bois l’élément de remplacement nécessaire à son développement. Voir succédanés*.

Pour les différentes techniques d’extraction de la cellulose à partir du bois, voir  pâte mécanique*, pâte chimique*, pâte thermomécanique*, pâte au bisulfite*.

 

Cellophane. Voir papier cellophane*.

 

Cendres (taux de). Le taux de cendres est déterminé par la norme NF Q 03-047. Il définit le taux de charges* contenues dans un papier ou un carton après incinération à 900 °C.

 

Cepi (Confederation of European paper industries). Confédération créée en 1992, basée à Bruxelles représentant 550 groupes producteurs de pâte à papier, de papier et de carton en Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, Espagne, France, Hollande, Hongrie, Italie, Norvège, Pologne, Portugal, Slovénie, Suède, Suisse, République Tchèque, Slovaquie, Roumanie, et Royaume-Uni. Les statistiques éditées par cette organisation permettent d’avoir une vue précise du marché de la papeterie, au niveau européen.

Pour l’année 2010, CEPI dénombre 683 groupes pour 998 usines. Soit une baisse de 25 % par rapport à l’année 2000. (Inclus non-membres du CEPI) Le nombre de machines à papier a baissé de 25 % également, passant de 1 896 à 1 413. En 1991 le nombre d’employés était de 435 400 et en 2010 de 224 119.

La production totale de papier était de 92,6 millions de tonnes en 2000 et de 96,5 Mt en 2010. L’écart est dû à l’augmentation des ventes à l’export et une baisse des importations.

Le taux de recyclage est passé de 51,8 % en 2000 à 68,9 % an 2010 pour atteindre 49 millions de tonnes. Le secteur de la papeterie dans son ensemble a fait de très gros efforts quant à son impact environnemental depuis les années 1980. En 20 ans, le taux de CO2 a baissé de 40 %. La quantité d’eau nécessaire par tonne de papier produite a été divisée par 2.

 

Chalcographie. Procédé de reproduction consistant à graver une plaque de cuivre, de zinc ou d’acier à l’aide de différents outils et d’acide.  À l’impression, ce sont les creux de la gravure qui retiendront l’encre et celle-ci sera déposée par pression sur la feuille de papier.

Appelée également impression en taille-douce*, cette technique dont le maître incontesté fût Dürer, est réservée aujourd’hui à l’édition d’œuvres originales souvent à tirages limités. Les papiers nécessaires à une bonne impression doivent être de chiffon*, peu collés, mais résistant à l’eau car les feuilles seront humidifiées avant le tirage, et amoureux* de l’encre.

Pour une bonne conservation, ces papiers auront été fabriqués sans acide, ni blanchi chimiquement. Voir papier permanent*.

 

Chantonné. De cantonata, “bévue” en italien. Se dit d’un papier rugueux et mal préparé, défectueux.

 

Chanvre. Fibre extraite du cannabis sativa. D’une longueur de plus de 20 mm, elle convient particulièrement  à la fabrication de papiers à cigarettes*, de papiers fins, et de papiers filtres*. Ne pas confondre le chanvre extrait du cannabis sativa, du chanvre de Manille extrait de l’Abacca*.

 

Chaperon. Voir main de passe*.

 

Charge (d’encre). Poids en grammes au mètre carré ou épaisseur d’encre déposée à l’impression.

 

Charge. Les charges utilisées dans la fabrication du papier permettent une amélioration de son aspect comme la blancheur*, l’opacité*, l’épair* et améliorent le résultat du calandrage*. Elles sont introduites dans la pâte à papier après le raffinage* ou déposées en surface pour la fabrication des papiers couchés*.

À l’opposé, elles diminuent ses caractéristiques mécaniques comme la rigidité*. Les premières charges utilisées au début du papier à la mécanique ont été le sulfate de chaux remplacé rapidement par le kaolin*, l’amidon*, le talc*, le carbonate de calcium*, le dioxyde de titane et d’au­tres abandonnés comme le plâtre qui n’était là que pour diminuer le prix de revient.

 

Chasser (bobine de papier). Glissement des spires d’une bobine sur elles-mêmes. La tranche cesse d’être plane et empêche un bon déroulement de celle-ci.

 

Châtaignée. Feuille de papier artisanal défectueuse parsemée de petits bourrelets de pâte appelée andouilles*.

 

Chauffeur. Ouvrier chargé de la conduite de la machine à vapeur produisant la force motrice, avant l’arrivée de l’électricité.

 

Chèvre. Mécontentement ou colère de l’imprimeur. Si la chèvre est trop forte elle devient bœuf. Ces expressions argotiques, inusitées de nos jours, sont très anciennes. Molière l’emploie dans Sganarelle ou le Cocu imaginaire en 1660 "d’un mari sur ce point j’approuve le souci mais c’est prendre la chèvre un peu bien vite aussi".

 

Chiffon. Les chiffons de lin, coton, chanvre forment la matière première la plus noble pour la fabrication du papier. Pendant très longtemps ils constituèrent la seule et unique matière première propre à la fabrication du papier. Après la mise au point de la pâte à papier à partir du bois au milieu du xixe siècle, que l’on a d’abord mélangé à la pâte de chiffon afin de garantir une qualité quasi équivalente, les chiffons furent peu à peu inutilisés dans la fabrication des papiers d’usage courant mais réservés aux pro­ductions haut de gamme comme l’édition de luxe, les papiers de sécurité*, les billets de banque, le papier à cigarettes*...

Il est de plus en plus difficile actuellement de trouver des chiffons constitués à 100 % de fibres végétales et blancs. Seuls, les papetiers à la main* transforment encore ce matériau, mais ils les remplacent parfois par les linters*.

Dans le passé et jusqu’au début du xxe siècle, le ramassage des chiffons constituait une véritable filière propre. Selon les régions, ils portaient différents noms , drapeaux*, drapis*, drilles*, pattes*, pattes bulle*, peilles*. Voir délissage*.

 

Chiffonnier. Principal pourvoyeur des papetiers en matière première jus­­qu’à la fin du xixe siècle. Les chiffonniers regroupés en clan ou en corporation jouèrent un rôle important dans le développement de l’industrie du papier. Selon les régions ils se dénommaient ferloquetier, frépier, fripier, pataire, pelliaire ou ramasseur de pattes, peilles. Souvent issus d’une même famille, d’une même région, d’une même culture, les enfants et les femmes parcouraient les rues ou la campagne à la recherche de la “chiffe”, de peaux de lapin, de métaux, d’os, pendant que l’homme triait cette récolte et faisait sécher les peaux avant de revendre sa marchandise au grossiste local. Ils ne bénéficiaient pas d’une bonne réputation et étaient souvent traités d’alcooliques, de voleurs ou de bagarreurs. Ils étaient exclus des villes ou des villages pour cause d’insalubrité et nombreuses sont les plaintes déposées à leur encontre pour manque d’hygiène.

Cepen­dant, les papetiers feront souvent appel à l’État afin de limiter les contraintes imposées par cette profession, prétextant que le manque de chiffons dans le Royaume les empêchera de fabriquer le papier nécessaire au Roi. En fait, ces pénuries sont souvent artificielles, les chiffonniers trouvant de meilleurs débouchés à l’étranger. Plusieurs ordonnances imposeront fortement toutes sorties de chiffons hors de France. Les difficultés d’approvisionnement en chiffon, amplifiées par une demande croissante en papier pousseront les papetiers à trouver une matière première plus facilement exploitable et renouvelable. Plus de 150ᅠ000 personnes pratiquaient ce métier en 1850. Voir succédanés*.

 

Chlore. Les propriétés décolorantes du chlore ont été utilisées en papeterie dès le xixe  siècle. Mais son pouvoir tout aussi destructeur sur les fibres que l’environnement l’a fait remplacer par des produits oxygénés. Aujourd’hui, le chlore n’est plus utilisé comme agent de blanchiment*; le chlore gazeux reste d’usage dans des conditions particulières. Voir ECF* et TCF*.

 

Chromolithographie. Im­pres­sion lithographique en plusieurs couleurs repérées. Voir lithographie*.

 

Chute. Partie de la feuille mise de côté à la coupeuse* ou au massicot*. La chute non imprimée peut être dans certains cas mélangée aux cassés*.

 

CIE. Compagnie internationale de l’éclairage. Indice de blancheur basé sur le spectre visible. Voir blancheur*.

 

Cigarette. Partie de la feuille de papier s’enroulant sur elle-même suite à une mauvaise manipulation en usine ou au chargement des feuilles sur la table de marge* de la presse* offset. Les cigarettes ou allumettes provoquent des dégâts importants aux blanchets* et obligent le conducteur à un changement de ceux-ci.

 

Cintrage. Voir curl*.

 

Claquant. Terme employé pour traduire la sonorité éprouvée en faisant claquer une feuille de papier. Le son est plus sec dans le cas d’un papier nerveux, rigide, et, à l’opposé, plus sourd, plus grave dans le cas de papier de moindre tenue.

Ce claquant est le résultat d’un raffinage poussé, partant de fibres de cellulose plus longues. Voir aussi sonnant*.

 

Classique. Voir couché classique*.

 

Cliché. Plaque métallique de cui­vre, zinc ou acier, gravée mécaniquement ou chimiquement, servant à l’impression en typographie*.

Il existe également des clichés en caoutchouc pour la flexographie* ou des photopolymères. Par extension, on nomme clichés, les épreuves photographiques destinées notamment à la préparation de la forme imprimante*.

 

Climatisation. Système permettant de réguler la température et l’hygrométrie de l’air en fonction des conditions climatiques extérieures. L’air ambiant ainsi contrôlé permet l’équilibre nécessaire entre l’hygrométrie interne du papier et l’atmosphère ambiante de la papeterie, de l’imprimerie ou de l’atelier de façonnage.

Lors de problème rencontré en presse, où la planéité ou l’à-plat* du papier est mis en cause, l’origine du phénomène est probablement dû à un déséquilibre thermique ou hygrométrique, sauf à se trouver dans un atelier climatisé.

Voir curl*, humidité*, tuilage*.

 

Climatisé. Se dit d’un atelier dont la température et l’hygrométrie sont régulées et contrôlées.

 

Cloque. Défaut d’un papier dû à un soulèvement partiel de la couche. Si ce phénomène n’est pas visible avant impression, il se révélera à la sortie du four sur la rotative, ou du sécheur sur la presse feuille.

 

Cmjn. Cyan (bleu), magenta (rouge), jaune et noir. Ordre dans lequel sont imprimées successivement les couleurs en presse*. Cet ordre peut être modifié en fonction du rendu souhaité.

 

 

Cobb (test de). Contrôle destiné à mesurer la quantité de liquide absorbé par un papier mis en contact avec ce liquide pendant un temps donné. La valeur est exprimée en gramme d’eau par m2. Norme NFQᅠ03ᅠ018. Ce test est particulièrement utile pour les papiers destinés à recevoir des solutions aqueuses, comme les papiers pour étiquettes de bouteilles ou les supports de tenture.

 

Code des usages. Plusieurs codes des usages ont été définis depuis le xixe siècle ayant pour but de préciser les obligations respectives entre producteur et utilisateur. Le code faisant autorité aujourd’hui est celui intitulé “Conditions générales de vente des fabricants de papier et de cartons de la Communauté européenne”.

 

Codex. Du latin, «assemblage de tablettes à écrire» et ancêtre du livre actuel. Il a remplacé le volumen* au début de l’ère chrétienne. Il s’agissait au départ de relier différents manuscrits ou cahiers de cuir, de parchemin* ou de bois. Ce n’est que bien plus tard que le papier est venu remplacer ces supports d’écriture. Le codex est apparu comme une nouveauté dont les avantages liés à la facilité de lecture, à la possibilité de passer d’un chapitre à un autre, à la numérotation des pages, lui ont permis de supplanter définitivement le volumen entre le Ier et le IIe siècle après J.-C.

 

Collage (papier). Technique consistant à rendre le papier apte à l’écriture en diminuant ses capacités d’absorption et de diffusion des liquides. Il ne s’agit en aucun cas de coller les fibres entre elles pour donner de la solidité au papier, voir plutôt pour cela la rubrique raffinage*. Dans le collage, on doit distinguer deux techniques : le collage en surface et le collage dans la masse.

Le collage en surface a été dès le départ de l’invention du papier le moyen de rendre ce support apte à l’écriture. La colle utilisée était de la gélatine fabriquée à partir d’os et de peaux. Voir gélatinage*.

Le collage dans la masse reste une innovation du xixe siècle. L’inven­tion de la machine à papier exigeait que l’on puisse coller le papier durant sa fabrication. Pendant plusieurs années, les fabricants de papier “à la mécanique” ne produisirent que des papiers non collés à destination notamment des éditeurs de journaux. Ceux-ci se contentaient de qualités peu élaborées mais ne permettaient pas aux papetiers de valoriser leur savoir-faire. On a d’abord essayé de fabriquer une colle partant d’un mélange de gélatine et de résine, puis Canson* dépose un brevet basé sur l’emploi de cires. Mais, cette technique ne rencontrera pas le succès escompté sans doute par manque d’efficacité. L’État institue, vers 1820, une prime pour le premier industriel qui saura résoudre le problème. De nombreuses propositions seront faites, certaines d’ailleurs assez fantaisistes, d’autres plus sérieuses feront avancer le problème sans le résoudre complètement.

C’est en partant du résidu de la distillation de la résine de pin, la colophane* précipitée sur la fibre par de l’alun ou sulfate d’alumine en milieu acide, et donc dangereux pour la conservation des papiers collés de cette manière, que l’on trouva la solution dans les années 1830.

Ce procédé est toujours utilisé, même si des produits synthétiques ont pu remplacer ce produit naturel et si cette opération se réalise maintenant en milieu neutre soit un pH* ≥ 7). Voir collage test ci-dessous et papier permanent*.

 

Collage (test). Mesure du degré de collage d’un papier déterminant son aptitude à recevoir des encres aqueuses.

Ce test est particulièrement important pour les papiers destinés à l’écriture. Norme NF Q 03-015. On parle de papier collé écriture et de papier collé offset ou demi-colle.

Le collé écriture comme son nom l'indique permet d'écrire à l'encre sans qu'il y ai diffusion de l'encre dans la feuille de papier, le collé offset ou demi-colle permet une absorption  relative de l'eau de mouillage utilisé en offset en opposition avec l'encre d'impression.

 

Collure. Nom donné au raccord d’une bande de papier à l’intérieur même d’une bobine*. L’imprimeur rotativiste peut exiger un nombre maximal de collures par bobine. Le déchet provoqué à l’impression doit être écarté avant la livraison.

 

Colophane. Résidu de la distillation de la résine de pin utilisé pour le collage du papier. Voir collage*.

 

Complexe. Résultat du contrecollage* de deux ou plusieurs supports identiques ou différents. Exemple : papier + polyéthylène + aluminium + papier, pour la fabrication de supports étanches comme les briques de lait ou de jus de fruit.

 

Composition (d’un papier). État qualitatif et quantitatif des matières premières rentrant dans la composition d’un papier : il y a d'abord la cellulose de bois ou végétale, mais aussi ce qu'on incorpore à la pâte brute à savoir les charges*,  la colle*, etc.

 

Composition (impression). Ens­emble de lignes formé de caractères typographiques* que le typographe pose sur la galée*. Nom donné par extension à tout document mis en page avant impression.

 

Composition fibreuse (papier). État définissant les principaux matériaux fibreux utilisés pour la fabrication de la pâte à papier comme le bois de résineux ou de feuillus, les fibres de végétaux, coton, lin, chanvre, etc. Voir AFNOR*, cellulose*, fibre*, chiffon*, linters*, pâte mécanique*, pâte chimique*, pâte thermomécanique*, succédanés*.

 

Compte-fils. Loupe permettant de visualiser les points de trame et de contrôler le rendu d’impression.

 

Condensation. Phénomène se rencontrant parfois à la surface du papier, dû à un problème important d'hygrométrie*.

 

Conducteur (papeterie). Nom donné à l’ouvrier responsable de la production sur une machine à papier au début du xixe siècle, aidé souvent d’un aide conducteur et d’un apprenti. Ces trois personnes remplaçaient donc pratiquement l’ensemble du personnel employé communément dans un moulin* pour une production beaucoup plus importante.

 

Conservation. La conservation des documents graphiques est un sujet particulièrement important pour les bibliothèques et les musées. Le support papier s’il est conservé en atmosphère contrôlée, à l’abri de la lumière peut traverser les siècles !

La preuve en est apportée par les nombreux ouvrages datant du début de l’imprimerie dont certains sont encore dans un état exceptionnel. L’usage du papier permanent* garanti ISO 9706*, ou ISO 11108* normalisé en 1993, assure la pérennité des ouvrages imprimés dans des conditions idéales de conservation: température 20 °C pour 50 à 60 % de degré hygrométrique et à l’abri de la lumière.

Reste à traiter une très grande proportion des documents édités entre 1850 et 1960 environ, et fabriqués en milieu acide comportant de la pâte mécanique ou de la pâte blanchie au chlore, tendent à se désagréger en réaction avec l’air ambiant. Voir acidification*, désacidification*.

 

Consommation (de papiers). L’évolution de la consommation de papiers a longtemps été synonyme de développement économique.

Aujourd’hui, nous assistons à une baisse de la consommation de papiers dans les pays développés sur les dix dernières années, hors quelques cas comme l’Allemagne.

Mais pour combien de temps? Voir tableau Consommation de papiers par habitant 2003-2013.. (source Copacel*).

Et qu’en sera t-il pour les années à venir ?

Le développement de la communication via Internet, la télévision, le téléphone ou autre tablette de lecture se fait au détriment du papier.

 C’est un point de non retour et malgré les efforts faits par les papetiers pour faire reconnaître ses avantages et ses qualités écologiques, il est indéniable que le papier tend à perdre une place qu’il avait acquise depuis l’invention de l’imprimerie ! Voir production de papiers*.

Fabriqué dans les conditions qu’exigent les normes PEFC*, FSC*, imprimé selon les normes ISO 14001* ou EMAS*, utilisé à bon escient, le papier est un matériau durable.

La fabrication du papier à partir du bois permet une gestion de la forêt, il n’épuise par la ressource et enfin, il est recyclable.

Voir à propos de la défense de l’imprimé Culture Papier*, et aussi production de papiers*.

 

Contrecollage. Assemblage de deux supports identiques ou différents pour former un complexe* au moyen d’adhésifs ou de colle.

 

Copacel. La Confédération française de l’industrie des papiers, cartons et celluloses a été créée en 1984 par le regroupement de la Confédération des producteurs de pâte et papiers et du centre d’étude et productivité de la papeterie.

La première organisation nationale de l’industrie du papier s’est constituée en 1847 sous le nom du Cercle de la librairie et de la papeterie. En 1864, se tint le premier congrès des fabricants de papier qui décida la création de l’Union des fabricants de papier de France. Modifiant ses statuts une première fois en 1884, puis en 1919, il devint le Syndicat des fabricants de papier et de carton, puis le Syndicat général des fabricants de papier et de carton de France. Mais à côté de ce regroupement professionnel, plusieurs organisations résistent à la concentration, les syndicats des fabricants de pâtes, de cartonnage, d’emballage, de papiers peints, de fabricants de sacs, etc. La Copacel fournit des données et statistiques accessibles à tous sur son site internet.

 

Copyright. Droit protégeant les auteurs d’œuvres littéraires, artistiques et musicales contre la reproduction faite sans leur accord. En France et dans les pays ayant signé la convention de Berne en 1886, les œuvres sont protégées sans formalité particulière à condition de faire figurer dans leur ouvrage la mention © Dupont (nom de l’auteur ou de l’éditeur) 1920  (millésime). En France, dans l’édition, cette mention doit figurer à la première publication soit sur la page de titre soit au pied du verso de la page de titre.

 

Cordon. Défaut apparaissant sur la bobine de papier à l’enrouleuse. Un écart de grammage sur la bande de papier, ou un séchage défectueux dans la laize* peut provoquer ce phénomène. S’il est important, le papetier se doit de mettre de côté la partie défectueuse de la bobine.

 

Corne. D’une mauvaise manipulation la feuille se corneᅠ! Le lecteur bienveillant sait qu’il suffit d’un marque-page pour éviter la corne. Voir écorner*.

 

Côté. Côté toile ou côté feutre, l’envers et l’endroit de la feuille de papier, ou le recto ne ressemble pas toujours au versoᅠ! Côté conducteur* de la machine à papier ou côté transmission, il faut savoir rester du bon côtéᅠ! Reste l’à-côté* que le fabricant aimerait éviter.

 

Côté feutre. Côté de la feuille de papier opposé au côté toile sur machine à table plate*. C’est la face supérieure du papier lors de sa fabrication.

Le côté feutre d’une feuille de papier est généralement plus lisse, mais les systèmes développés par les fabricants de machine à papier permettent aujourd’hui de produire des qualités dont les deux faces sont quasiment identiques. Voir duo-former*. Il est parfois indiqué sur les emballages des rames* par une flèche verticale indiquant le côté de la feuille à utiliser de préférence au verso.

 

Côté toile. Côté de la feuille de papier en contact avec la toile de fabrication sur une machine à table plate. C’est le côté de la feuille le plus marqué par le tissage de la toile métallique. L’état de surface sera d’un lissé* moindre mais résistera mieux à l’arrachage* et au poussiérage*.

 

Coton. Matière première utilisée dans la fabrication du papier. Si aujourd’hui le papier fabriqué à partir de fibres de coton est synonyme de papier de qualité, on lui préférait dans le passé, le chanvre ou le lin.

D’ailleurs son développement ne date que du XIXe siècle, et sa présence dans les chiffons, matière première de base historique des papetiers, n’est guère plus ancienne.

Le phénomène s’inverse ensuite, le coton prenant la place des fibres cultivées localement et l’on fabrique aujourd’hui des papiers 100 % coton. Mais du chiffon de coton, on est passé aux linters*. Déchets de filature trop courts pour être tissés, les linters ont de 2 à 5 mm de longueur.

La pâte à papier de coton est utilisée dans la fabrication du papier monnaie*, de papier pour l’édition d’art, l’impression en taille-douce, la lithographie, l’aquarelle ou le dessin.

 

Couche. Sauce constituée majoritairement de kaolin*, d’amidon*, de talc*, mais aussi de carbonate de calcium ou d’autres adjuvants, qui sera déposée en surface sur le support de couche* au moyen d’une size-press*, d’une trailing-blade*, d’une lame d’air*, d’une billblade* ou d’un rouleau coucheur.

 

Couché classique. Déno­mina­tion commerciale d’un papier couché* dont la couche est supérieure à 25/30 grammes par face. Il est particulièrement apprécié dans la réalisation d’ouvrages d’art.

Le terme de couché classique désignait un type de couchage, tel qu’on le pratiquait depuis la fin du xixe siècle.

Cette opération effectuée sur une fonceuse* consistait à déposer la couche sur une des faces du papier, à régulariser cette couche au moyen de brosses, puis à faire sécher la bande de papier. Voir blanc satin* et papier couché brossé*.

 

Couché double-couche. Déno­mination précisant que le papier a été couché en deux fois par un pré-couchage souvent réalisé en machine et un couchage lourd, en, ou hors machine.

Cette technologie permet de déposer un poids de couche plus important qu’en une seule fois (supérieur à 15ᅠg par face), et de structurer l’épaisseur afin d’obtenir un état de surface idéal à l’impression en quadrichromie. Le support de couche peut être avec bois ou sans bois.

Ces papiers destinés à la communication constituent aujourd’hui la majorité des qualités utilisées par l’imprimeur. Ils peuvent être non calandrés d’aspect mat, légèrement calandrés d’aspect demi-mat ou satiné, et calandrés d’aspect brillant. Ce terme n’est employé que par le papetier à destination de l’imprimeur.

 

Couché moderne. A contrario de l’appellation, couché classique*, le couché moderne reçoit un dépôt de couche de 15 à 25 g par face. Il a toutes les spécifications d’un papier dit couché double couche.

L’évolution des techniques de couchage au milieu du xxe siècle, a permis de produire des papiers couchés* directement sur la machine à papier, ou hors machine, mais à des cadences de production nettement supérieures à celles pratiquées dans la fabrication du couché classique.

Aujourd’hui, les différences de qualité entre un papier dit couché moderne, classique, double couche ou triple couche seront appréciées en fonction de leurs carac­téristiques définies en laboratoire, par contrôle visuel en lumière du jour, en lumière rasante, et surtout après un essai d’impression et de transformation.

L’imprimeur et l’utilisateur final sauront faire leur choix partant de cette analyse. Voir   blancheur*, brillance*, lissé*, etc.

 

Couché sur chrome. Papier ou carte auxquels, après enduction d’une couche spécifique, on confère une très grande brillance par passage de ce support sur un cylindre chromé chauffé. Ce type de papier est couché sur une seule face, contrecollé si l’on souhaite obtenir un recto/verso identique. L’impression de ce support est délicate et nécessite l’emploi d’encres adaptées.

Synonyme de cast-coated*.

 

Couché triple-couche. Appel­lation récente attribuée à une catégorie de papiers couchés ayant subi un couchage en trois temps assurant un meilleur état de surface et donc un meilleur rendu d’impression.

 

Coucheur. Ouvrier dans un moulin* à papier chargé de prendre la forme* à l’ouvreur* et de la retourner sur les feutres*. Le geste doit être précis sous peine de gâche importante. Il commence par appliquer un des bords de la forme sur le feutre et enfin couche la forme* entièrement. Il veille à ce que la totalité de la feuille humide soit en contact avec le feutre, et peut ensuite relever délicatement la forme.  L’opération peut continuer, le coucheur met un nouveau feutre sur le précédent ouvrage et ainsi de suite jusqu’à former un quet*. Lorsque le nombre de quets souhaités est atteint, ce qui s’appelle une porse*, le coucheur aidé du leveur* et de l’ouvreur place cet ensemble sous la presse.

On retrouve là les principaux personnages du moulin à papier. Leur savoir-faire imposait beaucoup de responsabilité mais aussi de pouvoir face au maître papetier.

Ces compagnons papetiers regroupés en organisation pourront pendant longtemps maintenir leur propre réglementation. Un des points de ce règlement précisait la possibilité de mise en interdit* du moulin. C’est seulement à l’arrivée de la mécanisation et sous la pression des patrons avec l’aide de l’État que ces principes disparaîtront progressivement au début du xixe siècle. Les rôles allaient sérieusement s’inverser… !

 

Coupeuse. Machine servant à mettre le papier à plat. Elles sont alimentées par des bobines-filles* et équipées de couteaux rotatifs. Voir trieuse coupeuse*.

Le papier ainsi mis au format demandé par le client, est dit “coupe électronique”, pour le différencier du papier mis au format par un massicot*. L’imprimeur peut, lors d’impression sur machine à retiration* par exemple, exiger un papier “équerré quatre faces”. Dans ce cas, le papetier s’engage à mettre au format la commande passée en utilisant un massicot. Cette opération entraîne un surcoût et, comme la technique récente est de plus en plus fiable, on l’exige de moins en moins. Voir équerrage*.

 

Couverte. Cadre de bois mobile se fixant sur la forme*, destiné à retenir la pâte à papier.

 

Couverture (machine). En papeterie, la couverture machine est un élément important de la rentabilité.

Une bonne couverture dépend de l’imposition sur la bande à papier des commandes multiples en différentes laizes ou formats d’une même qualité. Il s’agit d’utiliser le maximum de la laize machine et d’éviter le plus possible les à-côtés*.

 

Crispage. Rides constatées sur la feuille de papier dues à un retrait irrégulier. Les causes sont multiples, irrégularité de grammage, mauvaise composition fibreuse, ou séchage inégal.

 

Cromalin® (épreuve). Marque déposée par Du Pont de Nemours. Laminé sensible tiré par exposition à travers un film. Les Cromalins donnent des épreuves très proches du rendu que l’on obtiendra en presse*.

Ils permettent au client de l’imprimeur d’avoir une idée la plus fidèle du travail commandé (certains imprimeurs jugent cette épreuve “trop” fidèle). Voir ozalid* et B. à. t.*.

L’idéal serait de pouvoir montrer au client une épreuve tirée sur la machine qui servira au tirage définitif, sur le papier retenu. Mais la mise en œuvre est longue et coûteuse. Les épreuves numériques réalisées soit sur machine jet d’encre, soit sur laser ou d’autres technologies peuvent être de bons compromis.

 

CTMP. Voir pâte thermomécanique*.

 

C.T.P. Centre technique du papier créé en 1957 à l’initiative de la profession, destiné à la recherche et au conseil. Il est installé à Grenoble en lien avec l’École Française de Papeterie et des Arts Graphiques ou EFPG*.

 

Culbuter. Action de retourner la feuille après le premier passage en presse parallèlement à l'axe du cylindre d'impression ou d'avant en arrière. Voir basculage in-12*.

 

Culture papier. Cette Association créée le 6 janvier 2010 a pour vocation de sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics sur le rôle économique, social et culturel du papier et de l’imprimé, et ainsi d’en promouvoir le développement durable.

Culture Papier a été créée par des acteurs majeurs du secteur du monde industriel, politique, scientifique, littéraire et des médiasᅠ: l’Association des agences conseils en communication (AACC)ᅠ; l’Association française des distributeurs de papier et d’emballage (AFDPE)ᅠ; l’Association des techniciens de l’édition et de la publicité (ATEP)ᅠ; la Compagnie des chefs de fabrication de l’imprimerie (CCFI)ᅠ; le Groupement des métiers de l’imprimerie (GMI)ᅠ; le Groupement français des fabricants de papiers d’impression et d’écriture (GFFPIE), et membre de la COPACEL*ᅠ; LA POSTEᅠ; MEDIAPOSTᅠ; le Syndicat national des fournisseurs d’équipements pour industries papetières et graphiques (SPIG)ᅠ; le Syndicat de la presse magazine (ex SPMI)ᅠ: l’Union nationale de l’imprimerie et de la communication (UNIC)ᅠ; la Chambre syndicale nationale de la reliure brochure dorure (CSNRBD)…Plus de 60 parlementaires, des universitaires, des ONG, des chercheurs et des artistes soutiennent déjà l’association, dont le champ d’actions est à la fois européen, national et régional.

Culture Papier souhaite apporter la vision nécessaire aux décideurs marketing, communication et achats, aux étudiants et universitaires, au grand public pour faire connaître les réalités économiques, sociales et écologiques du papier et de l’imprimé, en s’appuyant sur des mesures scientifiques avérées.  (source : Culture Papier).

Chaque entreprise qui souhaite adhérer à cette association est tenue de respecter la charte d’engagement incluant notamment l’obligation d’utiliser des papiers certifiés, recyclés ou non. Voir Écolabel*. Pour en finir avec les idées reçues sur le papier !

 

Curl. Incurvation d’une feuille de papier dans le sens fabrication*. Contraire voir tuilage*. Des différences de tension superficielles entre les deux faces du papier peuvent provoquer ce phénomène.

Voir sens* du papier.

 

Cuve à ouvrer. Cuve en cuivre dans laquelle l’ouvreur* dilue dans de l’eau la pâte à papier provenant de la pile à maillets* ou de la pile hollandaise*. L’eau pouvait être chauffée au moyen d’un pistolet, sorte de récipient que l’on introduisait sous la cuve et rempli de braises. La densité de pâte mélangée à l’eau devait être contrôlée au début et pendant tout le processus de fabrication afin de garantir une bonne régularité de l’ouvrage.

On peut entendre l’expression “papier à la cuve” pour des papiers à la main* ou des papiers marbrés*.

 

Cuvette. Marque ou empreinte laissée dans le papier par la plaque de cuivre lors du tirage en impression taille douce*.

 

Cygne nordique. Écolabel* officiel des pays nordiques créé en 1989 (Nordic Swan). Les papiers d’impression-écriture et de reprographie peuvent être labellisés sous conditions d’emploi strict de matières premières, d’énergie, d’eau, de pourcentage de fibres certifiées, d’utilisation de produits chimiques. Il est attribué pour trois ans, et le fabricant doit renouveler l’agrément tenant compte de l’évolution des critères d’attribution.

 

Cylindre (machine à imprimer). Presse typographique ou offset composée d’un seul groupe ou de plusieurs où la feuille est imprimée par pression contre un cylindre. Contraire voir platine*. Les presses ont considérablement évolué à l’aube du xixe siècle, passant d’un système de type presse de Gutenberg* à celle de Stanhope* où seul le type de conception de la presse avait évolué mais sans fondamentalement transformer la méthode.

L’invention de la machine à cylindre a permis d’augmenter les formats d’impression et par la suite d’inventer l’impression en continu sur rotatives.

 

Cylindre (pile à). Autre nom donné à la pile hollandaise*.

 

Cylindre aspirant. La vitesse des machines à papier augmentant, un ingénieur américain du nom de W.-H. Millspaugh dépose un brevet en 1908 décrivant le moyen d’augmenter la siccité* de la feuille avant la première presse. Les fibres de cellulose concentrées à 4 % dans l’eau se déversent sur la toile de la table plate* pour former une bande de papier encore très humide avant d’être pressée et séchée.

Si la vitesse dépasse 200 m/mn, l’égouttage du manteau fibreux est insuffisant pour constituer une feuille de papier qui puisse être menée de la table aux presses. W.-H Millspaugh met au point une caisse aspirante* mais rotative. Cette invention permet aux machines de passer ce cap des 200 m/mn pour atteindre et dépasser les 1 000 m/mn. Depuis lors, le cylindre Millspaugh est présent sur toutes les machines à papier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

câble d'embarquement

cahier de 4 - 8 et 16 pages

table plate et caisses aspirantes

calandre début XXé

caractère typographique

carte de commerce sur carte porcelaine

Le chiffonnier

travail du coucheur

cuve à ouvrer

canivet

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord