Glossaire du papetier

 

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Bacasson ou Bachasson. Auge qui amène l’eau du ruisseau aux piles dans un moulin à papier*.

 

Bachat. Creux de la pile à maillets* dans lequel on broyait le chiffon*.

 

Bacholle. Récipient en cuivre servant à transporter la pâte à papier de la pile à maillets* à la cuve à ouvrer*.

 

Bagasse. Résidu fibreux de la canne à sucre utilisé dans la fabrication du papier. La fibre* est longue de 0,5 à 1,5 mm et son diamètre est de 15 à 30 µ. Son emploi est concentré dans les pays d’Amérique du sud.

 

Balle (de papier). Expression désignant autrefois les paquets de dix rames*, elles-mêmes constituées de vingt mains* de vingt-cinq feuilles.

 

Balle (impression). Comme la poupée* en taille-douce*, outil servant à encrer la composition en typographie.  Constitué de crin pétri et de colle forte enveloppés d’un linge ou d’une peau et formant une espèce de balle.

À l‘époque où commence cette histoire, la presse de Stanhope* et les rouleaux à distribuer l’encre ne fonctionnaient pas encore dans les petites imprimeries de province…L’imprimerie arriérée y employait encore les balles en cuir frottées d’encre, avec lesquelles l’un des pressiers tamponnait les caractères.”(Balzac, Illusions perdues 1837.)

 

Ballon. Quantité de feuilles équivalent à cinq rames* de papier que le salleran*, chargé du collage*, met sous presse.

 

Barbe. Bord frangé des feuilles de papier à la main*, appelé également bord forme*. Par principe, on se doit de ne jamais couper ce type de papier au massicot*. Si on devait intervenir sur le format pour couper la feuille en deux par exemple, il faut recourir  au sabre* ou la plier au préalable sur elle-même et, après avoir marqué le pli avec son ongle, la déchirer ensuite. Ainsi on aura sur le bord une frange comparable aux barbes d’origine.

 

Barbe de coupe. Fibre de papier apparaissant chez le fabricant ou chez l’imprimeur lors de la coupe au massicot*. Les barbes peuvent altérer le rendu d’impression. Voir poussiérage*. Pour éviter ce genre de problème, on peut aérer le papier avant impression pour que les barbes se séparent du support ou essayer de passer ce papier en blanc. Voir passage en blanc*. Si l’on constate ce phénomène a posteriori, il y aura lieu de faire un prélèvement sur les blanchets* pour éventuellement dresser constat auprès de son fournisseur.

 

Barre de contrôle. Élément imprimé sous forme de barre standardisée et placée en bord de feuille. Elle permet de visualiser rapidement la qualité de l’impression, la densité de l’encrage, le rendu des teintes et des trames, etc.

 

Barytage. Opération de base pour la réalisation de papier photographique. Cette technique a été mise au point en Allemagne vers 1885. Elle a remplacé l’albuminage et a précédé la sensibilisation aux sels d’argent.

Elle consiste à étendre sur un papier vélin* de très bonne qualité et ne contenant aucune substance métallique, un mélange à base de sulfate de baryum et de gélatine. Cette couche a été au départ étalée par des brosses puis par la suite par un système de lame d’air*.

La papeterie de Rives* dans l’Isère a été de la fin du xixe siècle jusqu’aux années 1960 une des entreprises leaders dans ce domaine. Voir papier couché brossé*.

 

Basculage. Procédé de retiration* où la feuille imprimée lors d’un premier tirage* est retournée sur elle-même pour être à nouveau passée en presse* sans changement de la forme imprimante*. Cela suppose que l’imposition* ait été prévue dans ce sens.

 

Basculage en ailes de moulin. Voir ailes de moulin*.

 

Basculage in-8. Basculage* par retournement de la feuille autour d’un axe perpendiculaire à la ligne de pinces ou de droite à gauche. Le bord ayant servi à la prise en pinces sur la table de marge* reste le même. On utilise également l’expression pince sur pince*.

 

Basculage in-12. Basculage* par retournement du papier autour d’un axe parallèle à la ligne de pinces* ou d’avant en arrière. Comme à chaque fois qu’il y a basculage et que l’on utilise les deux bords opposés du papier, il y a lieu d’être certain que le papier a été parfaitement équerré pour des questions de repérage*. Voir équerrage*.

 

Baskerville John, 1706-1775. Imprimeur anglais, célèbre pour ses nouvelles polices de caractères, à qui l’on doit également l’invention du papier vélin* en Angleterre.

 

B. à t. Bon à tirer. Feuille de tirage ou épreuve ou Cromalin* visé par le client assurant de son accord sur la qualité du travail demandé.

 

Batadoir. Banc ou planche de bois sur lequel le papetier lavait ses feutres*. L’usage quotidien obligeait le maître papetier à un lavage hebdomadaire de ses feutres pour les rendre de nouveau absorbants.

 

Batissage. Défaut constaté à l’impression où la couche* minérale se dissout partiellement pour se mêler à l’encre. On parle plus couramment d’arrachage* ou de délitage*.

 

Béalière. Goulotte d’alimentation en bois des roues du moulin à papier*.

 

Bec de canard. Plissure apparaissant au sommet d’un cahier* provoquée soit par un trop grand nombre de plis*, soit par l’utilisation d’un papier trop fort. Cet inconvénient peut être résolu en augmentant le nombre de cahiers ou en baissant le grammage*.

 

Bees. Faux plis* constatés dans un cahier* dus à un mauvais réglage de la plieuse ou à un papier instable, de mauvaise tenue.

 

Bekk. Voir lissé*. norme ISO 5627:1995.

 

Benday. Du nom de son inventeur Benjamin Day (1839-1916).Superposition de trames* dans les trois couleurs primaires et le noir, destinée à donner une teinte précise. L’obtention d’une couleur déterminée est facilitée par l’utilisation d’un nuancier qui fournit le pourcentage de la trame à employer pour chaque couleur souhaitée.

 

Bendtsen L.-W. Voir rugosité*.

 

Bergès Aristide, 1833-1904. Fils aîné de Pierre Bergès, fabricant de papier à Lorp (Ariège) où fut installée en 1835 une des premières machines à papier en continu et, en 1852, un défibreur* Voelter pour la pâte mécanique.

En 1852, Aristide Bergès sort second de l’École Centrale des Arts et Manufactures. En 1864, il dépose  un brevet d’invention pour des “perfectionnements apportés à la fabrication de la pâte de bois : défibrage, raffinage, tamisage” qui seront une référence jusqu’au début du xxe siècle.

En 1869, il installe à Lancey (Isère) la première conduite forcée de France, à ce titre il devient l’inventeur de la Houille Blanche. La même année, la papeterie de Lancey produit du papier journal*. Les fils d’Aristide Bergès développeront l’entreprise en diversifiant les productions et acquérant d’au­tres papeteries. En 1920, les Papeteries de France (6 usines) sont créées.

En 1971, elles sont absorbées par le groupe Aussedat-Rey, lui-même repris, en 1989, par International Paper*, leader mondial. En 2002, les Papeteries de Lancey sont  reprises par le groupe Matussière et Forest qui déposera une première fois le bilan en 2005 et une seconde et dernière fois en 2008.

 

Bichromie. Impression en deux couleurs, notamment utilisée lors d’impression de photographies pour des ouvrages de qualité. On renforce ainsi le rendu des noirs par une superposition dans le même ton ou un ton coloré très foncé. Mais rien ne remplacera la profondeur des noirs obtenue en héliogravure* feuille.

 

Bienvenue. Voir mise en Interdit*.

 

Bifteck. Partie d’une bobine* de papier pour rotative que l’on enlève avant la mise en route. En effet les différentes manipulations effectuées avant l’utilisation finale et qui ont pu endommager l’extérieur de la bobine, imposent que l’on enlève quelques mètres de papier.

Il y a encore quelques années, les journalistes rédigeaient leurs “papiers” sur du bifteck !

Voulez-vous savoir combien coûte un bifteck ou quelle est la proportion de celui-ci en rapport du poids total de la bobine ? Voici la formule :

          R2 – (R-e)2 / R2 – r2

Ou :

R = rayon extérieur de la bobine,

e = épaisseur du bifteck,

r = rayon extérieur du mandrin.

 

Billblade. Dispositif de couchage* monté sur une machine à papier à l’emplacement de la size-press*. Le papier est couché sur les deux faces en même temps. Ce type de couchage permet de déposer en une seule opération 10 à 12 g par face. Voir aussi papier couché*.

 

Bisulfite. Voir pâte au bisulfite*. Par opposition à pâte au sulfate* ou pâte kraft*.

 

Blanchet. Couramment le “caout’ ”. Support caoutchouc venant se fixer sur le cylindre porte-blanchet d’une presse* offset*. Le blanchet recevant l’image encrée de la plaque offset la déposera à son tour sur le papier par pression. Le blanchet et la plaque constituent la forme imprimante* du procédé offset.

Historiquement en imprimerie, le blanchet désignait le feutre ou le drap que l’on mettait sur la feuille de papier avant la mise sous presse.

 

Blanchet-blanchet. Système de report d’impression utilisé en rotative offset. La bande de papier est imprimée recto-verso en un seul passage.

 

Blancheur. Valeur définissant le degré de blancheur établie au moyen de divers appareils tenant compte de la réflexion de la lumière sur la feuille de papier et de l’uniformité de cette réflexion. On parle d’indice de blancheur* Elrepho ou C.I.E. (commission internationale de l’éclairage). Norme NF Qᅠ03039.

La blancheur reste une valeur subjective et il arrive parfois qu’entre deux papiers de degré de blancheur différent, celui dont l’indice de blancheur est le plus élevé peut vous paraître moins blanc. Voir aussi azurants optiques*.

 

Blancheur fidélité. On parle de blancheur* fidélité à propos d’un papier qui garderait le même niveau de réflexion de lumière dans toutes les bandes du spectre.

 

Blanchie (pâte à papier). Une pâte à papier blanchie est une pâte mécanique* ou pâte chimique* ayant subi un blanchiment*.

 

Blanchiment. Opération destinée à accroître la blancheur d’une pâte écrue en réduisant ou éliminant les substances colorées. Voir blancheur*. Pendant très longtemps, les papetiers ont utilisé du chlore* pour blanchir leurs pâtes avec toutes les conséquences connues sur l’environnement et sur la permanence* des produits fabriqués en milieu acide. Voir papier permanent*.

Les producteurs de pâte sont soumis de plus en plus à des contrôles de leurs rejets qui les obligent à trouver des procédés de moins en moins polluants. (Teneurs en AOX, absorbable organic halogens / dérivés organiques halogénés absorbables). Les produits utilisés aujourd’hui sont plus couramment le dioxyde de chlore, l’ozone et le peroxyde d’hydrogène. On parle de pâte :

 ECF* (elemental chlorine free) pour pâte blanchie sans chlore gazeux.

 TCF* (totally chlorine free) pour pâte blanchie sans composé chloré.

 

Blanchisseur. Ouvrier chargé du blanchiment*. Début xixe.

 

Blanc satin. Pigment artificiel obtenu à partir d’un mélange de sulfate d’alumine et de lait de chaux. Son incorporation à une solution de couchage lui confère une haute blancheur* et une grande brillance. Le blanc satin est utilisé particulièrement dans la fabrication du papier couché classique*.

 

Blutage. Opération destinée à dépoussiérer les chiffons après le délissage*, pratiquée manuellement dans les moulins à papier*. Cette opération sera mécanisée au début du XIXe siècle.

 

Bobine. Papier se présentant en bobine dont la laize* correspond au travail à effectuer et au type de machine utilisé. Le diamètre du mandrin et le diamètre de la bobine feront également partie des précisions à donner lors du passage de la commande.

 

Bobine-fille. Division d’une bobine mère dans des laizes* destinées à l’impression en continu ou rotative, ou pour être passées sur des coupeuses afin d’être mises en feuilles.

 

Bobine-mère. Bobine de papier dont la laize* correspond à la largeur de la machine à papier. Si vous cherchiez à vous persuader de la misogynie du papetier, c’est perdu, vous venez de trouver la mère et la fille !

 

Bœuf. Faire un bœuf ou se mettre en colère en argot d’imprimeur. Expression employée dans le passé par les ouvriers typographes. Voir aussi chèvre*.

 

Bois de bout. Planche de bois, dont les fibres sont perpendiculaires à la surface que l’on va graver. Comme pour le bois de fil, les essences utilisées sont le cerisier, le noyer, le pommier ou le poirier. Voir xylographie*.

Les fibres très denses du bois de bout permettent une gravure très fine se rapprochant du rendu de la gravure au burin. Voir taille-douce*. À l’impression, on ne perçoit pas la texture du bois.

 

Bois de fil. Planche de bois utilisée en xylographie* ou gravure sur bois, généralement de bois fruitier, dont le sens des fibres est parallèle à la surface. La texture des fibres du bois se retrouvant à l’impression participe au rendu de l’œuvre. Voir bois de bout*.

 

Bon à tirer. Voir B. à t.*

 

Bonne feuille. À l’impression, première feuille après la passe* conforme au b. à t.*, au Cromalin®*, ou au tirage d’épreuve* accepté par le client. La bonne feuille peut valoir de b. à t. si le client assiste au tirage en y apposant sa signature. L’accélération des procédés ne permet plus cette pratique, remplacée par des accords de tirage numérique réalisés sur des machines calibrées.

 

Bonne page. Page de droite d’un livre*, celle que l’on regarde intuitivement en premier lorsqu’on feuillette un livre. Voir page*.

 

Bordeuse. Voir pisseur de bordure*.

 

Bord forme. Bord caractéristique d’une feuille de papier à la main*. Ces bords frangés sont comme les bords d’un mille-feuilles quand les feuilles sont mises en rame*. On en mangerait ! Leurs irrégularités participent à la sensation de fragilité, de douceur quand on saisit une feuille. Voir barbes*.

 

Bouffant. Qualité d’un papier, on dit de ce vélin qu’il a du bouffantᅠ! Il paraît léger, aéré, le toucher donne une sensation d’épaisseur. Voir papier bouffant*, main*.

 

Bouchage. Pro­blème survenant en impression dû à un excès d’encre. Les contours des lettres en typographie* ou les points de trame en offset* sont déformés et l’aspect général de l’imprimé sera comme empâté.

 

Bouchon. Petit tronc de cône en bois, emmanché à force aux deux extrémités du mandrin* d'une bobine-fille* destiné à éviter son écrasement.

 

Bourdonné (papier). Défaut dans la fabrication du papier à la main* où des rides apparaissent sur le bord de la feuille. Le (mauvaisᅠ!) coucheur* en retournant sa forme* pour venir la poser sur le feutre* peut, par mégarde, bourdonner son ouvrage.

 

Bouteille. Défaut apparaissant dans la fabrication du papier à la main* lors du couchage de la feuille sur le feutre. Une bulle d’air se forme entre le feutre et la feuille déformant celle-ci.

 

Branlement. Secousses latérales imprimées au départ de la table plate* d’une machine à papier*, destinées à assurer un bon enchevêtrement des fibres de cellulose et garantir un épair* régulier. Cette technique imite les mouvements donnés à la forme* par l’ouvreur*.

 

Brèche. Déchirure partant du bord de la bande de papier d’une bobine* et provoquant des cassures en cours de tirage*.

 

Brillant, brillance. Papier qui réfléchit la lumière. Papier brillant par nature contrairement aux papiers mats. Les supports les plus brillants sont les couchés sur chrome*, puis les papiers couchés*. La brillance est donnée par la calandre*.

La brillance est définie en laboratoire à l’aide d’un appareil mesurant le taux de réflexion d’une source lumineuse sur le support.

 

Briquet, Charles-Moïse, 1839-1918. Auteur de l’ouvrage “Les Filigranes, Dictionnaire historique des marques du papier dès leur apparition vers 1282 jusqu’en 1600”. L’énorme travail accompli par cet auteur a permis de dater précisément au moyen des 16112 filigranes* répertoriés, une très grande majorité des papiers européens du xiiie au xviie siècle. Paru en 1907, cet ouvrage a été réédité à plusieurs reprises.

 

Bristol (papier). Sorte de papier très lissé*, très blanc et d’un épair* fondu, devenu une spécialité au XIXe siècle de la ville éponyme.

 

Brochage. Opération d’assemblage des cahiers* par couture ou simplement par collage.

Dans le passé, le libraire vendait ses livres brochés non-rognés. Ils étaient reliés par une simple couture sous une couverture de papier d’un grammage* plus fort que l’intérieur. Le client s’adressait ensuite à son relieur afin de le relier et de le rogner* selon ses propres souhaits.

 

Brochage sans couture. Ouvrage relié par une colle déposée sur le dos. La solidité de tels ouvrages est quelquefois bien aléatoire, d’autant plus qu’ils comportent un nombre important de pages.

 

Broché. Voir brochage*.

 

Bronzeuse. Machine projetant de la poudre métallique, or ou argent, sur des supports préalablement rendus adhésifs à certains emplacements pour y fixer cette poudre. Cette technique est particulièrement utilisée pour la fabrication d’étiquettes de vins ou de cham­pagne. La brillance obtenue est importante, se différenciant nettement d’une impression d’encres métalliques.

 

Brossage. Opération consistant à brosser la surface du papier pour le lisser. Voir papier couché brossé*.

 

Brut de machine. Papier sortant de la machine sans autre transformation ultérieure. Dans le cas d’un papier couché*, le support est d’aspect mat.

 

Bûchette. Particule de bois mal raffinée ou ayant échappé à l’épuration. Ne se rencontre guère que dans les papiers peu élaborés tels les papiers d’emballage à base de pâte mécanique*.

 

 

la bagasse

balles d'impression

le bord forme des feuilles du papier "main"

exemple de barre de contrôle

basculage in-8

basculage in-12

défibreur Bergès 1874

billblade sur machine à papier

bobines filles

bobine mère

sens fibres bois debout

sens fibres bois de fil

bords formes papier à la main

brochage avec couture

 

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jean claude émile perrin / le glossaire du papetier d'après seconde édition de l'auteur isbn 978-2-7466-4560-8 -2011/ tous droits de reproduction réservés / copie interdite sans accord